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L’artiste Imène Mebarki expose à la Médiathèque Bachir-Mentouri

Dans le dédale des civilisations

 

 30/09/06

 

 L’artiste Imène Mebarki expose à la Médiathèque Bachir-Mentouri

Dans le dédale des civilisations

L’exposition de l’artiste peintre Imène Mebarki, organisée à la Médiathèque Bachir-Mentouri décline une esthétique particulière qui colle au langage contemporain dont le dialogue se veut un «trait d’union» reliant le passé au présent.

Plus qu’une portée artistique, cette exposition qui réunit une vingtaine de tableaux remue le passé aux relents préhistoriques en le projetant vers l’actualité.

La jeune plasticienne Imène Mebarki  qui est à sa sixième exposition, nous invite à un voyage dans le temps chargé de poésie, de rêverie et de mystère.

Sa collection des trois dernières années met en relief la volupté de la gent féminine, un symbole omniprésent autour duquel défile des grilles de lecture insolites. 

Patrimoine immatériel, histoire, culture, héritage séculaire sont autant de mots clé que l’artiste greffe en filigrane sur ses subjectiles.

Le visiteur se laisse aller à cette iconographie imaginaire et douillettement peinte. Telle une sirène, la femme se déploie  dans sa forme glamour.

Elle semble construire son univers dont le dialogue est illustré par des fragments de chaîne liant un peuple à un autre, une histoire à une autre, un conte à un autre. Tout semble démarrer pour revenir à la femme.

Rien n’est superfétatoire pour l’artiste qui, à travers les formes singulières et des tons chromatiques criants des œuvres, nous fait découvrir sa vision du monde forgé dans son for intérieur.

Chaque tableau suggère, révèle, mais n’explique pas totalement. Plusieurs événements actuels semblent aussi s’interférer dans son langage plastique. 

«Il y a des images, des événements, des comportements qui m’interpellent et titillent mon être», nous dit Imène dont l’expression picturale témoigne d’une cristallisation de sa pensée. Sa lecture des textes des hommes de lettres Edouard Saïd et Djabran Khalil Djabran, notamment  l’inspirent. «Leurs œuvres ne me laissent pas insensibles et me donnent de la matière pour mes esquisses», souligne-t-elle. 

Aucun des éléments qu’elle couche sur ses aplats n’est fortuit. Elle cultive cette propension à relier, dans un dialogue – parfois abscons – le monde mystérieux des abîmes au message du ciel. Imène délivre, néanmoins des clés pour la compréhension de ses œuvres picturales; «Hommage aux rêves», «Regarde-moi dans les yeux», «les Déesses de la vie», «Délaissement», «Dialogue entre les civilisations», sont autant de réalisations qui déroulent ou égrènent des contes.  Ses compositions, à la limite du mythique, laissent apparaître des symboles culturels qui marquent le temps, l’espace.

 Dans une sorte de casting, elle reconvoque des pans de mémoire, des scènes qu’elle vole au détour de plusieurs civilisations.  Aux jarres, amphores, vestiges historiques, cryptographie préhistorique et autres outils primitifs, l’artiste oppose le frétillement des temps présents que résume une urbanisation effrénée.

Dans sa quête inassouvie, l’artiste nous propose une autre tendance dont l’expression puise dans le non-figuratif. Cinq tableaux égayent les cimaises de l’espace artistique.

Des compostions dont la forme et le trait s’appuient sur l’irradiation chromatique. Autrement dit, une observation cosmique que la jeune artiste traduit dans un maelström de lignes fuyantes tous azimuts.

Hacène K.

 

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