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L’artiste Imène Mebarki expose à la Médiathèque Bachir-Mentouri
Dans le dédale
des civilisations
L’exposition de
l’artiste peintre Imène Mebarki, organisée à la Médiathèque
Bachir-Mentouri décline une esthétique particulière qui colle au
langage contemporain dont le dialogue se veut un «trait d’union»
reliant le passé au présent.
Plus qu’une portée
artistique, cette exposition qui réunit une vingtaine de tableaux
remue le passé aux relents préhistoriques en le projetant vers
l’actualité.
La jeune
plasticienne Imène Mebarki qui est à sa sixième exposition, nous
invite à un voyage dans le temps chargé de poésie, de rêverie et de
mystère.
Sa collection des
trois dernières années met en relief la volupté de la gent féminine,
un symbole omniprésent autour duquel défile des grilles de lecture
insolites.
Patrimoine
immatériel, histoire, culture, héritage séculaire sont autant de
mots clé que l’artiste greffe en filigrane sur ses subjectiles.
Le visiteur se
laisse aller à cette iconographie imaginaire et douillettement
peinte. Telle une sirène, la femme se déploie dans sa forme
glamour.
Elle semble
construire son univers dont le dialogue est illustré par des
fragments de chaîne liant un peuple à un autre, une histoire à une
autre, un conte à un autre. Tout semble démarrer pour revenir à la
femme.
Rien n’est
superfétatoire pour l’artiste qui, à travers les formes singulières
et des tons chromatiques criants des œuvres, nous fait découvrir sa
vision du monde forgé dans son for intérieur.
Chaque tableau
suggère, révèle, mais n’explique pas totalement. Plusieurs
événements actuels semblent aussi s’interférer dans son langage
plastique.
«Il y a des
images, des événements, des comportements qui m’interpellent et
titillent mon être», nous dit Imène dont l’expression picturale
témoigne d’une cristallisation de sa pensée. Sa lecture des textes
des hommes de lettres Edouard Saïd et Djabran Khalil Djabran,
notamment l’inspirent. «Leurs œuvres ne me laissent pas insensibles
et me donnent de la matière pour mes esquisses», souligne-t-elle.
Aucun des éléments
qu’elle couche sur ses aplats n’est fortuit. Elle cultive cette
propension à relier, dans un dialogue – parfois abscons – le monde
mystérieux des abîmes au message du ciel. Imène délivre, néanmoins
des clés pour la compréhension de ses œuvres picturales; «Hommage
aux rêves», «Regarde-moi dans les yeux», «les Déesses de la vie»,
«Délaissement», «Dialogue entre les civilisations», sont autant de
réalisations qui déroulent ou égrènent des contes. Ses
compositions, à la limite du mythique, laissent apparaître des
symboles culturels qui marquent le temps, l’espace.
Dans une sorte de
casting, elle reconvoque des pans de mémoire, des scènes qu’elle
vole au détour de plusieurs civilisations. Aux jarres, amphores,
vestiges historiques, cryptographie préhistorique et autres outils
primitifs, l’artiste oppose le frétillement des temps présents que
résume une urbanisation effrénée.
Dans sa quête
inassouvie, l’artiste nous propose une autre tendance dont
l’expression puise dans le non-figuratif. Cinq tableaux égayent les
cimaises de l’espace artistique.
Des compostions
dont la forme et le trait s’appuient sur l’irradiation chromatique.
Autrement dit, une observation cosmique que la jeune artiste traduit
dans un maelström de lignes fuyantes tous azimuts.
Hacène K.
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Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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