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Son
projet de parti contrecarré
Kébir seul et sans secours
Rabah
Kébir devrait se mordre les doigts. Le «grand» parti, un
sosie du FIS, qu’il entend créer après son retour
d’exil, et dont l’annonce a fait les unes de la presse
nationale et étrangère, ne verra jamais le jour. Telle
est la sentence. Sans appel et ne souffre aucune nuance.
Du mois si l’on croit, bien sûr, Dahou Ould Kablia. Car
le ministre délégué aux Collectivités locales l’a bien
déclaré mercredi à notre confrère Djazaïr News : «Il
n’existe aucune volonté ni à notre niveau [ministère de
l’Intérieur] ni au sein d’autres institutions de traiter
de la création par Rabah Kébir d’une formation
politique» a-t-il fait savoir. Et de deux, et de trois.
Coup sur coup, les chances de voir l’ancien presque
député de Skikda à la tête d’un FIS bis, sont
sérieusement compromises. Pourtant l’intéressé, lui,
depuis qu’il est ici, n’a cessé de clamer à qui veut
l’entendre son retour à la politique sous la coupe d’une
nouvelle formation islamiste, dont il s’est même permis
le luxe de présenter quelques contours. Que s’est-il
alors passé si le gouvernement qui avait au début
observé une certaine prudence, a pris les devants en
hypothéquant de la manière la plus officielle le projet
fétiche de Kébir ? Le numéro deux de l’Intérieur
n’avance aucun argument mais assure que si tel serait le
cas, c’est-à-dire la création d’un nouveau parti, seule
la décision du président de la République pourrait
accréditer ou non une pareille éventualité. Ce qui n’est
pas le cas, réplique aussitôt le ministre. « La question
n’est pas à l’ordre du jour du chef de l’Etat»
tranche-t-il comme pour mettre une sourdine à toutes les
hypothèses qui voient la main de Bouteflika. Il faut
dire que la sortie du ministre des Collectivités locales
rejoint le discours musclé que le président a délivré
contre le terrorisme.
Le
paria
Kébir
indésirable ? En tout cas, les animosités, voire parfois
les foudres que ce dernier s’est attiré au sein même de
sa famille politique, le laissent croire. Si le
gouvernement le traite comme l’a souligné Ould Kablia
«comme une personne condamnée à disparaî-tre de la scène
publique et politique», ses anciens «frères» du FIS,
eux, l’étiquettent tout en se gardant de citer le nom,
de renégat. Toutes les grosses figures du FIS, depuis
que Kébir a confié sa volonté de donner jour à un parti,
ont sorti la grosse artillerie et chargé en ordre de
bataille contre celui qu’Abdelkader Boukhamkham
considère dans une interview qu’il a accordée jeudi
dernier au quotidien Al Bilad comme «le fou de Bouira
qui espérait la prophétie». Pas de blanc-seing non plus
donc du côté de ses anciens compagnons. Si Ali Benhadj
juge le projet de Kébir «mort-né», Boukhamkham l’accuse
d’avoir «détourné le projet au profit de personnes qui
travaillent dans l’ombre et ce, en raison de la
notoriété qu’il s’est faite grâce au FIS». Clair, net et
précis. Si ce dernier pense que Kébir reste libre de
s’engager dans la voie qu’il souhaite, il ne saurait
toutefois compter sur le noyau dur du FIS qui non
seulement refusent, dans «sa configuration actuelle» la
charte, qui, eux, nourrissent l’éternel rêve de donner
une deuxième vie au FIS, le vrai, avec pour but, bien
sur, l’instauration d’une république islamique. Quant à
Rabah Kébir, il devrait vraiment se griffer la face.
Amine Goutali
Accrochage
au Mali
Mokhtar Belmokhtar abattu ?
L’alliance démocratique (malienne) du 23 mai pour le
changement a annoncé, dans son «blog», en date du 27
septembre en cours, qu’un violent accrochage l’a opposé
au groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)
au sahara malien. Les ex-insurgés maliens de cette
organisation rebelle annoncent que trois des «principaux
chefs» du GSPC ont été tués lors de cet accrochage et
que parmi eux, l’on compte «le remplaçant d’Abderrazak
El Para» à la tête d’un groupe de terroristes sévissant
dans le sud du pays. Aucune autre source n’a confirmé ou
infirmé l’avènement de cet accrochage. Aucune identité
des chefs du GSPC qui auraient été tués lors de cet
accrochage n’a été déclinée. Reste à se demander
pourquoi cette annonce est-elle dénuée de fondement ?
Accusés de faire partie des courants islamistes de la
région du Sahel, les responsables de l’alliance
démocratique du 23 mai pour le changement voudraient,
comme le dit l’auteur de l’information balancée sur le
blog de cette organisation, prouver au monde que cette
alliance n’a aucune relation avec les islamistes.
Les
tribus nordiques du Mali viennent-elles, donc, d’entrer
en guerre contre le terrorisme dans la région, en
annonçant, à tort ou à raison, une attaque contre le
GSPC ?
Longtemps accusées de complicité avec le terrorisme, ces
tribus ont-elles décidé la guerre contre l’organisation
terroriste d’Abou Mossaâb Abdelouadoud ? Cette
information, si elle s’avère vraie, annoncerait un coup
très dur pour le GSPC. Ce «remplaçant d’El Para» qui
reste à identifier pourrait-il n’être que Mokhtar
Belmokhtar, alias «le borgne», chef d’un groupe de
terroristes du GSPC sévissant dans le banditisme et le
trafic en tous genres au niveau de frontières ? Ce chef
terroriste serait, en effet, encore en mesure
d’affronter, même au Mali, une organisation
paramilitaire, en dépit des pertes que l’ANP lui a fait
subir, il y a plusieurs mois, non loin de Ghardaia,
suite à l’embuscade qui a coûté la vie à 13 douaniers au
sud du pays.
L’annonce de cet accrochage rappelle, en certains
points, l’attaque annoncée par les autorités
mauritaniennes de la caserne militaire Lembigui par des
terroristes du GSPC.
M.
Abi
Amplification
des activités commerciales illicites
Qui
protège la santé des consommateurs ?
Comme
chaque fois, durant le mois de Ramadan, plusieurs
commerçants dont les activités ont tendance, au cours de
cette période particulière, à marquer le pas, prennent
la décision de s'adonner à une activité de remplacement.
L’on
assiste, en ce moment, à des spectacles auxquels tout un
chacun s’est, à la longue, habitué de cafés, de
pizzerias ou de locaux, jusqu’alors inoccupés,
transformés en autant de commerce de pâtisseries
traditionnelles, dont la consommation a tendance à
croître, fortement, durant cet anniversaire religieux.
Les
pouvoirs publics, comme ils ont pris l’habitude de le
faire à la veille de cet évènement, se croient obligés,
une fois de plus, d’adresser des mises en garde aux
personnes de procéder, indûment, à des changements
d’activité. Comme s’ils savaient, par avance, que
celles-ci ne seront, généralement, pas suivies d’effets,
beaucoup d’entre elles prennent le risque de ne pas
accorder foi à ces menaces en choisissant d’y passer
outre. Les centaines de commerces proposant des
spécialités culinaires les plus diverses, qui ont poussé
dans tous les quartiers de la capitale, renseignent, on
ne
peut
mieux, sur le peu de crédit accordé aux injonctions
contenues dans le communiqué du ministère du Commerce
qui continuent à être retransmis par les médias lourds.
En
dehors d’un contrôle plus strict, l’une des solutions
visant à maîtriser un phénomène, qui se répète chaque
année aurait, peut-être, consisté à regrouper les
marchands de pâtisseries, spécialement confectionnées à
l’occasion des fêtes religieuses, sur des emplacements
contrôlés et préalablement délimités à cet effet comme
cela était le cas durant la période coloniale et
quelques années après l’indépendance. A Alger, par
exemple, la Place des Martyrs se transformait, l’espace
du Ramadan, en une sorte d’immense marché aux gâteaux
où, dans une ambiance festive et colorée, les Algérois
venaient faire leurs emplettes de sucreries. Ramadan
n’est, d’ailleurs, pas la seule période propice aux
personnes guettant le moindre moment favorable pour
faire de bonnes affaires en s’adonnant à des activités
qui leur sont légalement interdites. Dans quelques mois,
à la veille de la célébration de l’Aïd el Kébir, de
nombreux locaux situés en milieu urbain vont, à nouveau,
se transformer en autant de bergeries proposant à la
vente des moutons sur pied. L’année dernière, beaucoup
de personnes, n’ayant aucun lien avec cette activité et
profitant d’un sentiment d’impunité ambiant, avaient cru
bon d’investir leurs économies dans le commerce des
ovins. Certains de ces maquignons amateurs ont pu
amasser des fortunes alors que d’autres, moins chanceux,
se sont retrouvé à la tête d’un cheptel invendu qu’ils
ont été obligés de céder, à vil prix, à des
professionnels avertis.
Ces
exemples obligent à dire que les autorités n’ont pas de
réelle prise sur des situations qu’elles sont
contraintes de subir faute de pouvoir y mettre un terme
ou, tout au moins, les endiguer dans de larges
proportions. Pour s’en convaincre, il y a lieu de
rappeler la dimension qu’a pris, en Algérie, le secteur
informel, dont on se demande comment il va pouvoir être
pris en charge par les pouvoirs publics le moment venu,
pour autant qu’elles ont décidé de lui trouver une
solution pour en venir, définitivement, à bout. Le
contrôle des activités des marchés de produits
alimentaires, celui de la qualité des denrées qui y sont
proposées et des marges de prix qui leur sont appliquées
devrait, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, être une
préoccupation de tous les instants. Il s’agit d’une
activité de santé et de salubrité publique sans la
maîtrise de laquelle les autorités, au risque de se
discréditer, ne sauraient continuer à parler de
prévention sanitaire et de protection des consommateurs.
Les nombreux cas d’intoxication et d’empoisonnement qui
continuent à être rapportés des suites de l’absorption
de produits alimentaires avariés, contaminés, ou bien
parce qu’ils ont dépassé leur date limite de
consommation, renseignent quand à la nécessité de mieux
organiser l’activité de contrôle afin d’en faire un
instrument rigoureux et permanent pour le bien-être et
l’intérêt de la collectivité.
Ahmed Mahieddine
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