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Regain d’insécurité en Kabylie
Tizi Ouzou
croise les doigts
Les habitants de
la localité de M'kira dans la daïra de Draâ El Mizan ont même eu
droit à un prêche qui rappelle ceux de la décennie noire.
Après une certaine
accalmie, l’activité terroriste a repris dangereusement dans la
wilaya de Tizi Ouzou et a atteint son paroxysme avec l’assassinat du
président de l’APW, le 12 octobre en cours. Les groupes de
l’organisation salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) qui
écument la partie sud de la wilaya semblent reprendre du poil de la
bête en signant des attentats sanglants durant le mois de ramadan
écoulé. Les habitants de la localité de M’kira dans la daïra de Draâ
El Mizan ont même eu droit à un prêche qui rappelle ceux de la
décennie noire. Avant cela il y a eu le saccage d’une exposition de
sensibilisation sur le sida par des barbus au niveau de la Maison de
la culture de Tizi Ouzou et l’agression des membres de l’association
organisatrice de l’événement. La nature ayant horreur du vide des
islamistes ont trouvé en la Kabylie un lieu propice à leur
prosélytisme. En effet, face à toute occupation saine par une
activité culturelle sportive et autre, les jeunes n’ont pour
d’autres perspectives que de tomber dans le piège des fanatiques de
tous bords (islamistes ou évangélistes soient-ils), ou dans le
cercle infernal de la drogue/suicide/violence. D’ailleurs, les
agressions contre les biens et les personnes sont devenues monnaie
courante dans la région. Mais cette délinquance ne pèse presque pas
devant un autre phénomène beaucoup plus dangereux et qui menace
jusqu’à l’avenir économique de la région, à savoir le banditisme. En
effet, la wilaya est devenue une véritable plaque tournante pour les
trafiquants de véhicules et de drogue sauf que pour ce qui est des
stupéfiants, la région devenue une wilaya de consommation risque de
devenir, si rien n’est fait, une wilaya de production. Rappelons à
ce titre, la découverte de deux importantes plantations de cannabis
dans les communes de Souk El Tenine et de Maâtkas et qui ont permis
la saisie d’un total de 120 plants en sus de feuilles et de graines
de cannabis. En sus de la drogue, il y a la recrudescence des
trafiquants de véhicules. Il ne se passe pas une semaine sans qu’au
moins un vol de véhicule ne soit signalé. C’est surtout durant le
week-end que les bandits font parler d’eux. La commune de Tizi Ouzou,
pourtant chef-lieu de wilaya donc censée être mieux sécurisé que les
autres localités n’est pas épargnée. Par ailleurs, il n’y a pas que
les particuliers qui sont victimes des bandits qui les délestent de
leurs véhicules dans des faux barrages mais des entreprises et des
institutions étatiques le sont aussi. L’Algérienne des eaux est
celle qui a le plus payé avec le vol de plusieurs camions citernes,
et de véhicules tout terrain. Il y a également des APC à l’instar de
celle d’Azeffoune et de Tizi Ouzou qui ont enregistré des vols de
bennes tasseuses, l’autre phénomène qui est spécifique à la wilaya
de Tizi Ouzou est le kidnapping des entrepreneurs ou de leurs
proches. Les bandits ont réussi à ramasser de véritables fortunes
grâce aux rançons versées aux auteurs du rapt par la famille de la
personne enlevée. Rançons qui se chiffrent à plusieurs dizaines de
milliards de centimes. Ces enlèvements risquent de porter un coup
dur à l’économie locale en faisant fuir les quelques investisseurs
que l’instabilité de la wilaya n’a pas convaincus de délocaliser
vers d’autres wilayas comme beaucoup d’autres l’ont fait, notamment
durant les événements de 2001 où l’activité économique était presque
à l’arrêt. Le développement économique ne pouvant prendre l’essor
souhaité par le Président de la République qui a promis de rattraper
les retards et a mis les moyens financiers nécessaires pour le
lancement et la relance de plusieurs projets qui étaient à l’arrêt
depuis une vingtaine d’années pour certains, ce sont des milliers
d’emplois qui attendent d’être créés. Ni emplois ni loisirs, la
frange juvénile (qui est la plus vulnérable) mais aussi les enfants
et les moins jeunes tombent dans les bras de la drogue et du
désespoir. Ce dernier a poussé beaucoup d’entre eux à recourir à la
«solution» fatale en mettant un terme à leur vie. Le nombre de
suicides dans la wilaya est plus qu’alarmant. En 2000, Tizi Ouzou
occupait la tête de liste des 48 wilayas du pays en nombre de cas d’auto-homicides
volontaires. Aujourd’hui, la situation n’a pas beaucoup changé, même
le sujet demeure toujours tabou et que les concernés y compris les
psychiatres ne veulent pas admettre son ampleur. Durant ce
week-end, une femme de 36 ans résidant au village Aourir d’Aïn El
Hammam et un homme de 30 ans originaire de Boghni se sont donné la
mort par pendaison.
Face à cette
situation, la classe politique, le mouvement associatif et les
organisations citoyennes restent d’un silence sidérant et d’une
myopie flagrante. Il est vrai que dans notre pays il est devenu une
habitude de ne se rappeler au bon souvenir des citoyens, ou plutôt
des électeurs qu’à l’approche des rendez-vous électoraux et l’on
s’interroge ensuite sur les raisons des faibles taux de
participation aux différentes échéances en Kabylie !
Zahra H.
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Un bus dérape sur la RN 5 à Bouira
22 blessés
Un autocar
transportant des voyageurs de Béjaïa à destination d’Alger, a dérapé
hier matin sur la RN 5 au lieu-dit Kalous, dans la commune d’Aomar à
10 km à l’ouest de Bouira. Les secours, dépêchés sur le lieu de
l’accident, ont dénombré plus d’une vingtaine de blessés. Parmi les
blessés, une partie a été évacuée vers l’hôpital de Lakhdaria et
l’autre transportée en direction du centre hospitalier
Mohamed-Boudiaf de la ville de Bouira, vraisemblablement selon la
gravité des blessures causées aux passagers. Cet accident est dû à
la perte de contrôle du bus en empruntant un virage.
Farid Haddouche
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