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Regain d’insécurité en Kabylie

Tizi Ouzou croise les doigts

Un bus dérape sur la RN 5 à Bouira

22 blessés

 

 30/10/06

 

 Regain d’insécurité en Kabylie

Tizi Ouzou croise les doigts

Les habitants de la localité de M'kira dans la daïra de Draâ El Mizan ont même eu droit à un prêche qui rappelle ceux de la décennie noire.

Après une certaine accalmie, l’activité terroriste a repris dangereusement dans la wilaya de Tizi Ouzou et a atteint son paroxysme avec l’assassinat du président de l’APW, le 12 octobre en cours. Les groupes de l’organisation salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) qui écument la partie sud de la wilaya semblent reprendre du poil de la bête en signant des attentats sanglants durant le mois de ramadan écoulé. Les habitants de la localité de M’kira dans la daïra de Draâ El Mizan ont même eu droit à un prêche qui rappelle ceux de la décennie noire. Avant cela il y a eu le saccage d’une exposition de sensibilisation sur le sida par des barbus au niveau de la Maison de la culture de Tizi Ouzou et l’agression des membres de l’association organisatrice de l’événement. La nature ayant horreur du vide des islamistes ont trouvé en la Kabylie un lieu propice à leur prosélytisme. En effet, face à toute occupation saine par une activité culturelle sportive et autre, les jeunes n’ont pour d’autres perspectives que de tomber dans le piège des fanatiques de tous bords (islamistes ou évangélistes soient-ils), ou dans le cercle infernal de la drogue/suicide/violence. D’ailleurs, les agressions contre les biens et les personnes sont devenues monnaie courante dans la région. Mais cette délinquance ne pèse presque pas devant un autre phénomène beaucoup plus dangereux et qui menace jusqu’à l’avenir économique de la région, à savoir le banditisme. En effet, la wilaya est devenue une véritable plaque tournante pour les trafiquants de véhicules et de drogue sauf que pour ce qui est des stupéfiants, la région devenue une wilaya de consommation risque de devenir, si rien n’est fait, une wilaya de production. Rappelons à ce titre, la découverte de deux importantes plantations de cannabis dans les communes de Souk El Tenine et de Maâtkas et qui ont permis la saisie d’un total de 120 plants en sus de feuilles et de graines de cannabis. En sus de la drogue, il y a la recrudescence des trafiquants de véhicules. Il ne se passe pas une semaine sans qu’au moins un vol de véhicule ne soit signalé. C’est surtout durant le week-end que les bandits font parler d’eux. La commune de Tizi Ouzou, pourtant chef-lieu de wilaya donc censée être mieux sécurisé que les autres localités n’est pas épargnée. Par ailleurs, il n’y a pas que les particuliers qui sont victimes des bandits qui les délestent de leurs véhicules dans des faux barrages mais des entreprises et des institutions étatiques le sont aussi. L’Algérienne des eaux est celle qui a le plus payé avec le vol de plusieurs camions citernes, et de véhicules tout terrain. Il y a également des APC à l’instar de celle d’Azeffoune et de Tizi Ouzou qui ont enregistré des vols de bennes tasseuses, l’autre phénomène qui est spécifique à la wilaya de Tizi Ouzou est  le kidnapping des entrepreneurs ou de leurs proches. Les bandits ont réussi à ramasser de véritables fortunes grâce aux rançons versées aux auteurs du rapt par la famille de la personne enlevée. Rançons qui se chiffrent à plusieurs dizaines de milliards de centimes. Ces enlèvements risquent de porter un coup dur à l’économie locale en faisant fuir les quelques investisseurs que l’instabilité de la wilaya n’a pas convaincus de délocaliser vers d’autres wilayas comme beaucoup d’autres l’ont fait, notamment durant les événements de 2001 où l’activité économique était presque à l’arrêt. Le développement économique ne pouvant prendre l’essor souhaité par le Président de la République qui a promis de rattraper les retards et a mis les moyens financiers nécessaires pour le lancement et la relance de plusieurs projets qui étaient à l’arrêt depuis une vingtaine d’années pour certains, ce sont des milliers d’emplois qui attendent d’être créés. Ni emplois ni loisirs, la frange juvénile (qui est la plus vulnérable) mais aussi les enfants et les moins jeunes tombent dans les bras de la drogue et du désespoir. Ce dernier a poussé beaucoup d’entre eux à recourir à la «solution» fatale en mettant un terme à leur vie. Le nombre de suicides dans la wilaya est plus qu’alarmant. En 2000, Tizi Ouzou occupait la tête de liste des 48 wilayas du pays en nombre de cas d’auto-homicides volontaires. Aujourd’hui, la situation n’a pas beaucoup changé, même le sujet demeure toujours tabou et que les concernés y compris les psychiatres ne veulent pas admettre son ampleur.  Durant ce week-end, une femme de 36 ans résidant au village Aourir d’Aïn El Hammam et un homme de 30 ans originaire de Boghni se sont donné la mort par pendaison.

Face à cette situation, la classe politique, le mouvement associatif et les organisations citoyennes restent d’un silence sidérant et d’une myopie flagrante. Il est vrai que dans notre pays il est devenu une habitude de ne se rappeler au bon souvenir des citoyens, ou plutôt des électeurs qu’à l’approche des rendez-vous électoraux et l’on s’interroge ensuite sur les raisons des faibles taux de participation aux différentes échéances en Kabylie !

Zahra H.

 

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Un bus dérape sur la RN 5 à Bouira

22 blessés

Un autocar transportant des voyageurs de Béjaïa à destination d’Alger, a dérapé hier matin sur la RN 5 au lieu-dit Kalous, dans la commune d’Aomar à 10 km à l’ouest de Bouira. Les secours, dépêchés sur le lieu de l’accident, ont dénombré plus d’une vingtaine de blessés. Parmi les blessés, une partie a été évacuée vers l’hôpital de Lakhdaria et l’autre transportée en direction du centre hospitalier Mohamed-Boudiaf de la ville de Bouira, vraisemblablement selon la gravité des blessures causées aux passagers.  Cet accident est dû à la perte de contrôle du bus en empruntant un virage.

Farid Haddouche

 

 

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