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Terrorisme

Vigilance patriotique


Personne au monde ne pourra qualifier en un mot, de la manière la plus significative et la plus juste, les criminels écervelés qui se suicident pour semer la mort d’innocents dans le seul but de faire peur à toute la population, pour lui faire baisser la tête et courber l’échine en entravant la démarche et la marche démocratiques du peuple.

 

Par Rachid Ettouri

Le but criminel principal est bien, chacun l’a compris, de disposer la population à se soumettre à des forces antinationales plus ou moins occultes, liées à des officines étrangères anti arabes et anti musulmanes, à buts lucratifs évidents, pétroliers notamment.
Il est temps d’apprendre à classer ces agressions dans leur véritable cadre, celui des luttes bestiales d’influences géopolitiques des grands magnats impérialistes transnationaux et leurs suppôts ducrime organisé, des cartels de la drogue, du trafic illicite d’armement et d’argent sale. Ils ont leurs relais internes au sein d’une bourgeoisie compradore corrompue, crapuleuse, mafieuse et rapace, à l’image de celles de tous les pays retardés et recrutent leurs exécutants des basses œuvres dans diverses franges d’égarés et pas seulement dans un sous prolétariat aux conditions matérielles et morales suicidaires. La pire des misères n’engendre pas toujours des misérables et n’est pas synonyme de traîtrise.

De la prudence dans l’usage des concepts
La dénomination de « kamikazes », d’origine nipponedésignait des patriotes Japonais qui lançaient leur avion de guerre contre un navire de guerre ennemi durant la dernière guerre mondiale. Nous répétons volontairement le concept de guerre, car selon ce que l’on sait du moins, les Kamikazes étaient des guerriers au service de leur nation, ils n’ont pas attaqué des civils et encore moins de leur propre pays !
Sans pour autant porter un jugement de valeur sur les vrais kamikazes, force est de constater que les différences avec les misérables actions honteuses et sans honneur de la prétendue Al-Qaïda sont gigantesques. A ce degré, il ne s’agit évidemment pas d’une simple affaire de sémiologie, de nuances ou d’habitudes verbales, c’est tout simplement du confusionnisme orchestré. Nulne peut nier, sauf aveuglement, volontaire ou non, que la terminologie a une importance déterminante en politique comme en Droit ou toute autre science sociale. Il n’est pas possible de dévoyer indéfiniment les mots de leur véritable signification, sans porter atteinte à des principes ou prendre le risque de semer la confusion et d’en récolter de fâcheuses conséquences.
L’un des exemples les plus frappants de ces déviations terminologiques, d’ordre idéologique évidemment, est celui de la confusion volontaire au sujet du mot « terroriste » qui consiste à ranger dans la même case la résistance indépendantiste des uns et les crimes innommables des autres. Les indus occupants étrangers et les envahisseurs invétérés, acharnés contre les peuples les plus lointains, incorrigibles malgré leurs cuisants échecs en tout temps et en tout lieu, recourent volontairement au concept de terrorisme pour désigner la résistance des pays victimes de leurs destructions massives. C’est la preuve flagrante qu’il faut à tout prix résister à la tentation facile du terrain glissant de la confusion des genres.
Les tueurs à gages de la dite Qaïda, nébuleuse qui se réclame à tort de l’Islam, alors qu’aucun musulman ne se reconnaît en elle, ne serait-ce que du fait que ses pratiques sont aux antipodes des préceptes de l’Islam et de toute religion connue à ce jour, ne sont certes pas des « terroristes » au sens usité dans la presse diteoccidentale et/ou sioniste qui réserve ce vocable à des mouvements indépendantistes. Cette vermine inqualifiable ne lutte pour aucune indépendance, bien au contraire, elle ne sert qu’à entraver gravement l’effort de libération des peuples, musulmans et/ou arabes notamment.
Elle n’a pas l’honneur d’appartenir à la lignée glorieuse du F.L.N.de la guerre de libération algérienne, ni à celle de la résistance palestinienne ou libanaise qui ont asséné des leçons mémorables aux indus occupants et aux envahisseurs racistes qui se cachent derrière l’ «holocauste » pour en commettre d’autres, en plus grand, le plus durablement possible.

LesKhwandjiyya, un vieil instrument colonial :
Il convient de souligner ici que les antinationaux qui se réclamaient déjà sous l’occupation coloniale d’un « Islam »perverti et réinventé à l’envers par les experts d’officines colonialistes, avaient lancé une « fatwa » qui condamnait la résistance nationale contre l’occupant et prétendait que le « Djihad » ne pouvait être annoncé que par un émir habilité par tous les musulmans et conformément aux principes de la « Chariâa ». Par contre, ils estimaient licite de se constituer en supplétifs de l’armée coloniale et de combattre en véritables harkis leur propre peuple, si tant est que la vermineécervelée puisse appartenir à un peuple. Les traîtristes d’hier, comme ceux d’aujourd’hui, ne se reconnaissent dans aucune nation et personne n’en veut, leurs maîtres encore moins que leurs victimes.
Ce qu’il faut retenir, c’est que dans son immense sagesse, le peuple algérien les désignait couramment du sobriquet de «khwandjiyya» (frérots ou faux frères) avec la connotation phonétique évidente de « Khawana» (traitres). Il les qualifiait aussi de «khanzir » (porc) –– putréfié si l’on tient compte de la connotation phonétique de « knez » (saleté, puanteur, putréfaction –– et n’hésitait pas à les éliminer après jugement et les trois avertissements écrits d’usage. Leur nombre était inférieur à celui des harkis, mais ils avaient de très nombreux points communs, dont lahaine du mouvement national et le lien ombilical avec l’ennemi qui les pourvoyait en armes, munitions, soldes et promesses. Pour rendre le néologisme de « khwandjiyya» plus expressif en langue française, l’on pourrait lui trouver un équivalent dans « traîtristes» avec la double connotation de traître et de triste, au sens de triste individu, de sal type.
Le néocolonialisme, s’il diffère quelque peu du colonialisme direct –– ayant les mêmes objectifs : asservir pour exploiter –– a évidemment recours aux bonnes vieilles méthodes «diviser pour régner» sous des formes à peine différentes.
Par contre, en tant que «mauvais élèves» en histoire –– selon le Général Giap qui les a très bien pratiqués et écrasés à Diène-Bien-Phu –– les envahisseurs coloniaux copient à l’envers la résistance, sans comprendre que la nature des buts d’un mouvement quelconque est déterminante pour la réussite ultime et l’efficacité des moyens mis en œuvre. Ils s’évertuent à inverser les rôles, où les traîtres(Khawana) s’emparent du titre de résistants (Moudjahidine), le Peuple étant dénommé «Taghout»qu’il faut effrayer par tous les moyens et embrigader par l’intoxication superstitieuse d’un paradis immédiat assuré juste après la mort au combat, abusivement assimilée au suicide, pourtant vigoureusement interdit par l’Islam. C’est le culte de la mort, alors que la Résistance est le culte de la vie et la Liberté, du fait même qu’elle est tournée contrel’occupant exploiteur étranger et ses alliés internes. La divergence des objectifs est de taille, mais l’imitation simiesque des mouvements de libération, y compris dans la dénomination des combattants, pue l’amalgame volontaire et pas seulement obscurantiste.

Al-Qaïda, un instrument impérialo-sioniste
A-t-on déjà vu une seule fois la prétendue «Al- Qaïda» fournir une aide quelconque au peuple Palestinien, au peuple Libanais ou Irakien en lutte pour leur indépendance ? A-t-elle défendu El-Qods, ou au moins élevé la voix ou menacé lorsque ces lieux Saints de l’Islam ont été violés à maintes reprises ? JAMAIS au grand jamais. Ces simples remarques suffiraient à indiquer à quel camp appartiennent ces supplétifs objectivement alliés de l’impérialisme et du sionisme qui font mine de combattre « le terrorisme » pour s’autoriser à violer toutes les lois et conventions internationales.
Tout le monde sait parfaitement que c’est au Moyen-Orient, lieu de naissance présumé de Ben Laden, que la résistance a lieu et que des musulmans sont agressés, torturés et exterminés nuit et jour. Il faut croire que les chefs criminels d’Al-Qaïda n’ont ni Qaîida (base, sous entendu populaire) ni Qawaîid (règles) puisqu’ils n’obéissent pas aux règles de la guerre ni au code d’honneur des vrais résistants, encore moins àcelles de l’Islam authentique, s’attaquent aveuglément aux populations civiles innocentes et s’acharnent en priorité sur des peuples musulmans.
Ils agissent en traîtres car ils ne sont que cela, et infiniment moins, car pour trahir il faut avoir appartenu. Or ils n’ont jamais eu la moindre appartenance, si ce n’est à des groupes de délinquants, liés à des nébuleuses du crime, du trafic de la drogue, des marchands d’armes bien connus et des officines plus ou moins occultes qui agissent sous le prétexte fallacieux mais éventé de démocratie. Cette fameuse et non moins fumeuse démocratie militairement exportable par invasions néocoloniales répétées et dont les arrières gardes implantées dans les capitales« occidentales » soutiennent et manipulent ostensiblement des sectes obscurantistes assez fanatisées pour exécuter leurs desseins. Ces groupuscules d’hurluberlus, dont les plus stupides sont déguisés en talibans, pour se donner une contenance et compenser leur vide, se réclament d’une certaine interprétation tronquée de l’Islam, alors que leurs maîtres ont toujours eu, sans aucun doute possible, pour but primordial de salir cette religion et d’exterminer des musulmans par implosion et par tout autre moyen direct ou indirect.

Pourquoi l’annonce du Maghreb comme nouvelle cible
Mais pourquoi ces intoxiqués, préfabriqués en série dans des officines de pays industrialisés, puis en Arabie Saoudite et en Afghanistan, prétendent-ils frapper en priorité le Maghreb ? Leurs concepteurs et promoteurs s’imaginent-ils que l’Islam maghrébin serait le talon d’Achille, le point le plus fragile du monde Musulman et qu’il faudrait d’abord le déstabiliser puis l’asservir et enfin l’utiliser contre le Machriq arabe et l’Iran ?
Nous savons que ce sont de très mauvais élèves, mais la bêtise et l’ignorance feinte ont tout de même des limites ! Comment peuvent-ils faire semblant d’ignorer le rôle éminemment primordial des Maghrébins dans l’édification et l’épanouissement de la Civilisation arabo-musulmane, dans ce qu’elle a eu de meilleur à travers l’Histoire de l’humanité et ses joyaux culturels aux quatre points cardinaux à travers le monde ?
Il est vrai que l’Algérie, au sortir d’une guerre anticoloniale de plus d’un siècle et un tiers, achevée en véritable hécatombe, a perdu, surtout à l’occasion de la lutte finale, et parfois éliminé dans des circonstances non encore élucidées, les meilleurs de ses fils, la plupart de ses élites, emportant par là même ses repères essentiels. De ce fait, il est certain qu’elle a très mal démarré et a pu sombrer dans diverses erreurs, économiques, politiques, idéologiques et entre autres religieuses. Les rapaces internes et externes en ont profité pour tourner les algériens les uns contre les autres. Chacun sait de quelle manière : dans la même famille biologique et/ou politique, les gens se sont trucidés massivement pendant plus de dix ans, sans distinction de race ni de classe ni de couleur. Il est certain que les manipulations étrangères, y compris «arabes» y ont pris plaisir et ont cru abattre la proie facilement pour s’en emparer à bon compte, une bonne fois pour toutes.

«Celui qui calcule seul se fait l’illusion de gros surplus».
Les attaques criminelles récentes de la prétendue Al-Qaïda contre nos deux pays voisins, la Tunisie et le Maroc, n’ont été perpétrées, selon toute vraisemblance, que pour faire diversion et tenter, encore une fois,malgré les preuves tangibles contraires, d’essuyer le couteau sur l’Algérie. Une certaine presse française est accoutumée de ces grossières allégations qui la déshonorent, si tant est qu’elle puisse avoir le moindre sens de l’honneur. Nos voisins ne sont ni pétroliers ni gaziers et ne jouent aucun rôle dans la tentative de création d’une OPEP du Gaz. Ils ne sont donc pas concernés. Mais il est de bonne guerre d’entretenir l’animosité entre pays voisins pour les affaiblir et aussi de faire peur aux intérêts étrangers au Maroc et en Tunisie en montrant du doigt l’Algérie.

Seule l’Algérie est visée dans le Maghreb :
Les pays voisins pratiquent une espèce de tourisme qui convient parfaitement aux habitudes d’un certain type de consommateurs. Des chaînes d’hôtels internationaux et leurs gestionnaires y trouvent leur compte, bien plus que les nationaux de ces pays qui triment et supportent toutes les servitudes, pour récolter des miettes. Les gros magnats, surtout étrangers de ces pays voisins verraient d’un très mauvais œil l’apparition d’un tourisme algérien, notamment au Sud de l’Algérie et en Kabylie où il a le plus de chances de prendre un essor irréversible et gravement dommageable pour leurs intérêts à moyen et long terme.
Ce n’est pas par hasard que les hordes sauvages d’Al- Qaïda ont devancé les perspectives algériennes en s’implantant dans ces zones attrayantes qui ont aussi l’avantage militaire d’être difficiles d’accès. Ce fut donc l’occasion, créée de toutes pièces, pour faire pression sur l’Algérie afin qu’elle se soumette à l’implantation de bases étrangères sur son sol. Nul n’ignore la position géopolitique stratégique de l’Algérie. Le refus catégorique des Autorités Publiques a été à la hauteur du haut sentiment d’indépendance de l’Algérie qui en a si chèrement payé le prix, pour elle et pour d’autres, voisins ou lointains.

Le faux alibi du 11 septembre 2001 :
Le peuple algérien est réputé dur à cuire, il l’a toujours prouvé au cours de sa très longue histoire. Quand il se réveille et s’unit, c’est pour de bon.Il est inutile d’essayer de continuer à le tromper en lui jouant sur des questions identitaires ou religieuses trop longtemps mal gérées. Durant la décennie de l’horreur il a suffisamment compris quels étaient ses véritables intérêts, il ne se berce plus d’illusions et les illusionnistes patentés qui lui promettaient le paradis, sur terre et en l’air à coups de laser, ont perdu une à une et simultanément toutes les batailles, autant militaires que politiques. Et ce n’est pas seulement par la vertu magique du 11septembre 2001, qui aurait semble-t-il donné un éclairage différent sur le drame algérien. N’oublions pas que ce même évènement a ouvert la voie à des invasions ouvertes dans d’autres pays arabes : rien n’interdit de penser qu’il aurait pu en être de même pour l’Algérie, si ce n’était son talent politique incomparable, historiquement prouvé de Massinissa à Abdelkader. D’ailleurs le revirement des « Occidentaux » s’est amorcé quand leurs créatures immondes, dans leur aveuglement, se sont retournées contre leurs maîtres, à l’image du monstre de Frankenstein, en perpétrant des attentats aveugles et inhumains chez leurs propres créateurs et protecteurs. Cela confirme encore une fois que les procédés populaires d’autodéfense de la guérilla ne peuvent être utilisés impunément par les grands criminels fascistes des guerres classiques, d’invasions ou de reconquêtes coloniales.

La bête immonde ne démordra pas de si tôt
Même si elle ne se fait plus d’illusions quant à une éventuelle prise de pouvoir par des obscurantistes imbéciles et rétrogrades du type « Khwandji », manipulables et corvéables à merci par les candidats néocolonialistes, la bête s’acharnera à tuer le maximum d’algériens, de préférence tout à fait innocents, dans le seul but de semer la panique au sein des foules, de se venger indirectement de ce peuple qui ne veut pas se soumettre, et ne se soumettra jamais.

La politique de paix et de réconciliation nationale
La politique algérienne de paix et de réconciliation nationale –– pratiquée aussi par d’autres pays avant nous et après nous, chacun à sa manière, selon sesspécificités historiques et culturelles –– a donné ses fruits et c’est aussi ce qui effraye les ennemis de l’Algérie, internes et externes, qu’ils soient organisés ou seulement manipulés à distance de manière plus ou moins coordonnée. De la part de cette engeance, il n’y a pas à espérer de rémission. Par contre, et pour de tout autres raisons et motivations, aux antipodes de celles des précédents, il est hélas assez désolant d’entendre dire, parfois par des personnes respectables et de bonne foi, que « le projet de paix et de réconciliation nationale » fut celui d’une seulepersonne, d’un clan ou d’un parti, d’un «pouvoir» d’une alliance ou d’une tendance quelconque. En vérité, il n’était pas très clairvoyant de la part de ces personnes, aussi respectables soient-elles par ailleurs, ni assez lucide, d’assimiler, deconfondre ou d’amalgamer ce projet de paix à tout un programme politique relatif aux divers autres domaines de la vie économique, politique et sociale. A titre d’exemple, les tentatives erronées de dénationalisation des hydrocarbures, sur lesquelles d’ailleurs tout le monde est revenu, n’étaient évidemment pas à confondre avec celles de tout faire pour amener des irréductibles à déposer les armes par la force. Ils étaient loin d’être battus avant ces tentatives qui ont eu pour effet, entre autres, d’isoler la vermine à la solde de l’étranger des misérables intoxiqués qui ne demandaient que de trouver l’occasionde se rendre sans risquer le pire. Il n’était donc pas très judicieux, du moins selon nous, de toutrejeter en bloc, «l’eau sale et le bébé». Encore eut-il fallu, dans les conditions difficiles que l’on connaît, être capable de proposer un contre projet cohérent, faisant l’objet d’un minimum de consensus pour pouvoir être appliqué, et le substituer tant au « bébé » qu’à «l’eau sale». A tort ou à raison, il est en tout cas apparu évident à l’immense majorité de l’opinion qu’un projet de paix ou de guerre devrait être pris comme tel, dans sa gravité spécifique, et séparé de toute autre considération, car la guerre et la paix sont des questions de survie d’innocents notamment et pas seulement des questions de la gestion courante de la Cité. Seul un front commun pour la paix pouvait et peut encore sauvegarder et renforcer celle-ci. Le peuple dans son ensemble, pour ne pas dire dans sa totalité, l’a très bien compris et il est appelé à le comprendre de mieux en mieux, avec l’aide justement de toutes les forces du pays, de quelque bord qu’elles soient. Ce projet exprimait une tentative ultime, succédant à d’autres, d’arrêter un carnage abominable perpétré depuis trop longtemps par les tenants d’un mouvement de fanatiques assoiffés du sang desinnocents de ce pays et manipulés ostensiblement de l’étranger. Est-il nécessaire de rappeler qu’il a été soumis à référendum, par conséquent àl’assentiment du peuple algérien, même si le contexte ne se prêtait pas vraiment au respect de tous les principes démocratiques dont tout un chacun a le droit et le devoir de se réclamer ? Les plus nombreux à avoir soutenu cette démarche, malgré ses insuffisances, se comptaient parmi les victimes directes du malheur national, qui n’espéraient qu’une chose : en finir par tous les moyens, même les plus pénibles, pour ne pas avoir encore à subir la perte d’autres êtres chers. Certains citoyens se sont abstenus par crainte ou sous la menace et d’autres par découragement et parfois par manque de confiance en la capacité du pays, surtout au vu de l’état dans lequel il était, de surmonter ses contradictions et soigner ses blessures par ses propres moyens : n’a-t-on pas vu de prestigieux patriotes au passé historique incontestable faire des appels du pied, et davantage, aux grandespuissances pour intervenir militairement en Algérie ? D’autres enfin sont restés sur l’expectative et sans dire ‘’non’’ au projet depaix tel qu’il fut proposé et certes insuffisamment débattu à différents niveaux, n’y ont pas vraiment cru, ayant la certitude que les criminels ne se rendraient pas ou utiliseraient diverses roublardises, pour retrouver leur souffle, ou changer de tactique et reprendre du poil de la bête, c’est le cas de le dire. Ces ruses grossières font partie de leur arsenal habituel, indélébile et inhérent à leur tournure machiavélique de faibles d’esprit, ce n’est certes pas l’honnêteté intellectuelle qui les étouffe. Partant de ces idées, qui ont leur fondement dans le vécu, comment pouvait-on faire confiance à des égorgeurs invétérés et comment supporter l’idée de pardons collectifs sans de vrais jugements en bonne et due forme, pratiquement irréalisables dans les délais voulus ? Ne risquait-on pas de créer un lourd précédent qui pourrait avoir de graves répercussions plus tard ? Ces questions ont certes de quoi ébranler les certitudes opposées de ceux qui voulaient la paix, quitte à en payer n’importe quel prix, aussi insupportable soit-il, l’enjeu étant l’existence de la République, voire même la survie de la Nation en tant qu’entité relativement autonome. De quelque bord que l’on soit, ne devait-on pas tenter le tout pour le tout pour ne pas perpétuer indéfiniment un conflit sanglant, savamment orchestré et prolongé par les ennemis de la Nation, un conflit qui risquait, en perdurant trop longtemps, d’aboutir à des conséquences encore plus graves au plan de la santé mentale des citoyens et de la remise en cause définitive de l’Indépendance nationale sidurement acquise ? L’Histoire dira plus tard s’il y avait de meilleurs moyens de sortie de crise, des moyens réalistes et réalisables évidemment, pas des chimères, qui pourront être examinés sereinement à ce moment là, avec toutes les données en mains, y compris les résultats en finale. Ce qui est certain, c’est que nous n’avons pas eu vent en son temps, d’un quelconque contre projet plus juste et plus efficace, à même d’amender ou de remplacer celui qui fut soumis à référendum populaire. Par contre, la VOX POPULI s’est chaque fois exprimée, à maintes reprises, comme elle vient de le faire en beaucoup plus grand et plus net, en faveur de la paix et donc bel et bien pour la réconciliation nationale. Cette réconciliation ne doit en aucun cas être comprise comme une acceptation ni même une tolérance à l’égard des idées révolues les plus rétrogrades des éléments malades, violents et dévoyés du pays. C’est plutôt la concession à contre cœur mais inévitable, d’accepter que ces criminels d’un type particulier déposent inconditionnellement les armes, se rendent entre les mains des autorités et auquel cas la population pourrait alors tourner la page sanglante, sans rien oublier, pour passer enfin à autre chose dans un cadre de paix retrouvée. Personne n’a jamais été invité à accepter de faire des concessions idéologiques aux criminels qui se rendent et encore moins de fraterniser ni même de sympathiser avec eux. Par ailleurs, leur réinsertion dans l’activité sociale était aussi inévitable, sinon cela aurait voulu dire qu’ils étaient instamment priés de retourner illico à leurs casemates. La réconciliation nationale préconisée a toujours signifié un cessez le feu sur un plan strictement militaire ou d’attentats, mais n’a jamais comporté d’interdiction, bien au contraire, de mener un vigoureux combat idéologique, sur le terrain démocratique cette fois, et non celui de la violence aveugle des rétrogrades préislamiques. Le combat idéologique, pour achever la bête politiquement, chacun l’aura compris, aentre autres consisté à investir le terrain religieux –– si la nature a horreur du vide, la culture aussi –– en recourant notamment aux Zaouyate et aux associations modernistes (Islahistes) de tendance Ben Badis, ennemies de l’obscurantisme et de la «chaâwada».

La place prépondérante de la prise de conscience nationale
Quel était le véritable taux d’abstention, de refus ou d’adhésion aux différents projets de paix, échelonnés sur dix ans (1995 à 2005) et parachevés par la Charte portant réconciliation nationale ? En ce domaine comme dans tant d’autres, les statistiques, vraies ou fausses, des uns et des autres, ne constituent pas l’essentiel. Ce qui compte, c’est l’impact des idées sur le terrain et l’évolution des choses : les mentalités ont nettement évolué depuis les efforts de sortie de crise tous azimuts. Un effort national fabuleux et colossal de prise de conscience, qui a forcé l’admiration des pires ennemis, a été consenti. S’il a certes été savamment orchestré par le haut, il faut néanmoins rendre hommage enpriorité à la clairvoyance et à la lucidité de toute la nation, et notamment du petit peuple, principale victime des vampires. Si la mobilisation pour la paix a tendu à se généraliser, ce ne fut pas par la vertu du «saint esprit» ou du «mectoub», mais bel et bien par les vertus de la nation et de ceux qui ont su l’orienter, au moins en ce domaine crucial, déterminant pour tous les autres. La volonté de paix, quels qu’en soient les ressorts, se généralise, tout le monde y a intérêt, toutes tendances et obédiences confondues, pour sauver le pays de ses vrais et surtout de ses faux problèmes. Par ailleurs, personne n’a observé des manifestants, ni des voix consistantes ou en nombre significatif, s’élever pour s’opposer à la politique de paix et de réconciliation des algériens avec eux-mêmes et entre eux. Et, il faut bien l’admettre, les modalités pratiques de cette paix n’ont pas emporté l’adhésion unanime, les types d’approches et les méthodes ne peuvent pas toujours faire l’unanimité. Il y a inévitablement les sensibilités et les sentiments, parfois confus et contradictoires des uns et desautres et par ailleurs, les rapports de forces au niveau d’une nation, comme au sein même du pouvoir, ne tendent évidemment pas systématiquement vers la même direction, loin s’en faut, et ceci est aussi vrai de tout temps et en tout lieu de par le monde. Il a fallu faire avec, c'est-à-dire des concessions inévitables pour réunir un minimum de consensus à même de faire passer le projet, cela a d’ailleurs été courageusement et non moins lucidement reconnu au plus haut niveau, la volonté de faire cesser une sale guerre civile antinationale n’étant pas simplement une affaire de tendances ou de choix politiques. Les tueries aveugles que nous avons subies relevaient d’une sorte de fascisme primaire exécuté par des sous développés infrahumains qui relèvent bien davantage de la grande délinquance criminelle manipulée politiquement, que de la politique proprement dite. C’est pourquoi une solidarité nationale sans frontières idéologiques ou autres s’imposait et s’impose toujours ; en ce domaine particulier, cela va sans dire. Une fois la paix très largement acquise, il demeure assez surprenant d’entendre encore, ça et là, y compris dans les propos de certains pacifistes par nature et par culture, que la paix véritable ne peut être gagnée que par la force des armes, comme si les armes s’étaient tues un seul instant contrela vermine toujours présente ! Chacun sait que l’hydre criminelle continue d’essayer de renaître sous des formes et des dénominations différentes. Les armes n’ont jamais cessé et il est plus raisonnable de penser qu’elles ne cesseront pas, tant que le dernier de ces dévoyés n’aura pas été abattu ou n’aura pas déposé les armes. Mais comment expliquer ces attitudes contradictoires de certains pacifistes, attitudes au demeurant respectables dès lors qu’elles sont marquées par le sceau de la sincérité ? Seul le dialogue pourrait élucider la question, mais d’ores et déjà l’on peut avancer sans trop de risques de se tromper qu’il s’agit d’une haine exacerbée, insurmontable, à l’encontre de ces bourreaux aveugles, dont l’aveuglement fait partie de leur nature et de leur objectif principal pour effrayer tout le monde, bien qu’ils aient su cibler les intellectuels les plus représentatifs de l’intelligence algérienne et plus particulièrement ses éléments les plus progressistes. Il demeure tout de même nécessaire de garder la raison car le combat est encore long. Si nous appelons à la vigilance patriotique, c’est pour tenter de lever et de surmonter ces contradictions qui tendent d’ailleurs à s’estomper, pour bientôt disparaître, grâce à l’effort de chacun et à l’écoute du peuple qui ne manque jamais de dire son mot bien à propos, tout en devançant bien souvent les plus éclairés d’entre nous, car « Nul ne ressent davantage le feu que celui qui a le pied sur la braise» Comme le dit si bien le proverbe populaire.

Le goût de la paix est irréversible
Les algériens dans leur ensemble, surtout ceux des campagnes, ne sont pas prêts à renoncer au goût de la paix. Même ceux qui prétendaient faire la fine bouche pour les modalités de celle-ci –– en toute honnêteté, sur certains points, nous en sommes –– sont bien contents d’avoir retrouvé la vie normale. La solidarité nationale a pris le dessus en s’unissant contre la bestialité des criminels. Il est donc illusoire pour ceux qui ont pris les armes d’espérer replonger l’Algérie dansdes luttes sanglantes. La situation générale a complètement changé, surtout au cours de ces dernières années, si bien que ceux qui refusent encore de se rendre finiront bien par comprendre qu’ils ont définitivement perdu dans tous les domaines, ils n’ont plus d’autre choix que celui de disparaître à court ou à moyen terme, sous leur forme violente en tout cas. Tout le monde a pris goût aux avantages de la paix retrouvée, même imparfaite, rien n’interdit de penser qu’avec l’aide de tous, elle se perfectionnera. Comme partout ailleurs, les gens à la recherche d’un progrès de leurs idées, ou de leurs idéaux, préfèrent se battre sur le terrain politique, avec programmes à l’appui. Ceux qui n’ont pas encore pris conscience de cette évolution du pays sont à vrai dire de plus en plus rares, surtout depuis qu’ils se sont mis sans aucun doute, à l’écoute des intervenants aux dernières manifestations populaires, grandioses au niveau national, aussi intenses jusque dans les contrées les plus lointaines du pays. Une certaine presse étrangère, française notamment pour ne point la citer, très amicale comme à son accoutumée à l’encontre de l’Algérie, a commenté ces manifestations dont l’ampleur l’a ulcérée, en affirmant grossièrement et soit disant insidieusement, qu’elles «ont été organisées par le gouvernement », autrement dit téléguidées, voire commanditées, ordonnées et imposées par les pouvoirs publics. Le dit gouvernement devrait les remercier pour le compliment, car il serait parvenu à établir une véritable symbiose, d’une intensité assez rare, entre lui et son peuple pour sortir autant de monde de chez soi et avoir des capacités organisationnelles hors normes par rapport au reste de la planète. Quant à la fameuse galipette caricaturale des camions qui emmèneraient toute la population à manifester, plutôt de force que de plein gré, il faut croire que la flotte des camions algériens est illimitée, la plus fournie et la plus disponible au monde et qu’elle dispose d’un excellent réseau routier qui franchit allègrement toutes les montagnes du Nord, les dunes et les rocailles du désert, comme dans la fameuse publicité surréaliste d’un 4/4 fabuleux, pour être au rendez-vous à l’avance. Tout cela sans même recourir aux matraquages et coups de crosse à la mode coloniale contre les récalcitrants, mode à laquelle il est souvent fait allusion. Est-ce pour en souligner l’ignominie ou pour l’absoudre indirectement ?

Cette même presse, télévisée ou écrite, néglige toujours, comme par complicité, de mentionner les forces spéciales, clandestines et secrètes, pourvues d’une incroyable armada d’hélicoptères invisibles et silencieux, que ce gouvernement serait le seul à en avoir inventé et maîtrisé la technologie, le seul à avoir les capacités à les fabriquer en quantité industrielle et à les téléguider à distance pour jucher autant de familles sur les terrasses et balcons et autant de jeunes au sommet des arbres et des poteaux électriques. De même que ce « gouvernement » doit sûrement avoir des usines secrètes et magiques pour fabriquer spontanément autant de banderoles si différentes en langues et en contenu. Quant à l’enthousiasme populaire, l’on ne peut plus évident, il doit certainement être mis sur le compte de l’inconscience des foules instinctives et fanatisées, surtout dans les pays sous développés, arabes et/ou musulmans de surcroît. En réalité, cette presse étrangère se paye la tête de ses propres foules, matraquées à tel point qu’elles ne comprendront jamais rien à rien, à part quelques intellectuels d’exception, à l’Algérie tout particulièrement.

La hantise des prochaines élections : Les tueurs à gages et leurs patrons de l’hydre criminelle internationale du cartel de la drogue ne supportent pas leur défaite en Algérie. Leur cauchemar est, pour l’immédiat, que les algériens puissent choisir librement leurs élus sans pression externe et sans interférence des ultra extrémistes, soit disant religieux, qui rêvent toujours de participer aux élections et de se faire élire par tous les moyens délictueux et criminels qu’ils ont utilisés dans un passé que l’on peut à présent qualifier de lointain, tant il est dépassé et périmé. Ces tordus de la cervelle préfèrent évidemment brouiller les cartes plutôt que de subir la preuve flagrante et définitive que l’électorat algérien ne leur a jamais été vraiment acquis, si ce n’était partiellement et par erreur, à une époque où leurs tricheries et leur intox au laser, entre autres, étaient encore possibles. Dans ce passé, lointain maintenant, ils ont profité d’un vote sanction contre le parti unique en place à l’époque, alors que leur vrai visage hideux n’avait pas encore été dévoilé, il est à présent archi connu et reconnu du premier au dernier des derniers. Maintenant c’est trop tard pour ces criminels abominables et odieux : « MERGOULKOUM ! » leur a crié un homme du peuple à la télévision et à visage découvert, il ne les craint pas le moins du monde. Personne ne les craint. C’est fini et définitivement bien fini pour eux, dans le sens d’ «ils n’ont plus d’avenir dans ce pays ». Mais chacun sait ou devrait savoir qu’ils n’arrêteront pas de commettre leurs lâches attentats, surtout quand l’étau de l’Armée Nationale Populaire, des Forces de Sécurité et des Forces Patriotiques les acculeront dans des combats où d’un côté il y a toujours eu les hommes du peuple, la plupart des appelés, et de l’autre les mercenaires écervelés à la solde de l’étranger et de compradores indigènes.

Alors que faire dans de telles conditions, où la victoire est atteinte mais les sursauts du monstre inachevés ?
Renforcer l’union des forces démocratiques et populaires : La réponse démocratique, dans la dignité et la vigilance patriotique, a donné ses fruits jusqu’à ce jour et continuera inévitablement à les donner. Il convient de redoubler de vigilance et de toujours mieux adapter sa mise en œuvre. Le courage et la patience dans l’épreuve sont le propre de notre peuple et l’image de ces salles pleines à craquer de militants ou d’aspirants au militantisme dans l’intérêt national, les tables rondes télévisées, la multiplication des lieux de dialogue et de réflexion, tous ces changements devraient permettre l’expression de plus en plus libre de nos intellectuels les plus conséquents. L'éradication des criminels alliés aux sectes étrangères n’a jamais cessé depuis bientôt vingt ans, en même temps que la main tendue pour la paix. Les forces de sécurité n’ont jamais baissé les bras ni cessé leur activité héroïque. A cet effet, la levée de l’état d’urgence à ce niveau là précisément est impensable tant il est inconcevable de faire comme si la bête n’existait plus ! Par contre, il serait tout aussi impensable de continuer aujourd’hui à étendre l’application de l’état d’urgence aux initiatives patriotiques des associations et partis démocratiques dont le droit élémentaire et le devoir est de mobiliser, entre autres , la population civile, pour la vigilance contre toute action antinationale ou mettant en danger la sécurité du pays. L’interdiction des acolytes de l’ancien FIS, qui porte à présent la marque d’un papier toilettes recyclé, doit évidemment continuer, par la force de la Constitution et des lois en vigueur. L’extension de l’état d’urgence à divers domaines de la vie politique pouvait certes se justifier et s’expliquer dans les conjonctures antérieures où les mouvements les plus rétrogrades et antinationaux avaient le vent en poupe ainsi que la sympathie et même l’appui de toutes les forces conservatrices et arriérées de par le monde. Par contre, aujourd’hui où il est souhaitable et souhaité par tout le peuple et les responsables à tous les niveaux de se mobiliser contre la bête abominable par des marches et manifestations responsables, organisées par les manifestants et sous leur responsabilité, avec l’aide de la force publique, des textes complémentaires d’application ciblée de l’état d’urgence devraient voir le jour. Les autorités n’ont pas eu à interdire, ni à imposer les marches populaires pour dénoncer les assassins ennemis du peuple. Il faut donc espérer que l’ouverture vers de plus grandes libertés de regroupement et d’expression soient accordées, voire encouragées, en faveur des forces démocratiques au passé historique et aux objectifs patriotiques connus, capables de participer avantageusement aux larges mouvements de solidarité populaires, comme elles en ont été capables tout au long de l’histoire du pays. La charte pour la paix et la réconciliation nationale, à eu l’heureux avantage de conquérir la sympathie de toutes les forces de paix dans le monde. Qu’elles soient sincères ou hypocrites, les grandes puissances, comme les petits Etats ont toutes et tous été amenés à se solidariser avec l’Algérie, par adhésion, par suivisme ou avec des arrières pensées, peu importe, les faits sont là et ceci est nouveau. Hier encore, nous étions, en tant que nation, globalement rejetés, insidieusement ou clairement condamnés par tout l’univers et par l’absurde «qui tue qui». Tous ces revirements et retournements, nous l’avons vu, ne peuvent évidemment être attribués aussi allègrement aux seuls attentats du 11 septembre 2001. Que ferait-on alors de la prise de conscience nationale et internationale en présence de tant d’autres évènements et du travail acharné de clarification mené par l’Algérie officielle et par tous les algériens, dans leur immense majorité, bien avant cet évènement ? Par ailleurs, chacun sait, à l’intérieur comme à l’étranger, que la bête a reçu des coups féroces ces derniers temps et c’est ce qui explique en grande partie ses derniers soubresauts à but exclusivement médiatique qui ont hélas coûté la vie à des dizaines de citoyens innocents.
Vigilance et mobilisation de toutes les potentialités de paix et de progrès : La vigilance commence par la prise de conscience de tous les progrès accomplis par notre pays tant au plan international qu’aux divers plans internes qu’il serait trop fastidieux d’énumérer. Il ne viendrait à l’idée de personne de sensé de reculer ou de remettre en cause les acquis, chacun les connaît, il n’y a pas d’autre solution que de pousser plus loin les exigences, mais sans dénégation inutile des progrès accomplis. Ensuite, il convient de ne pas répondre à la provocation par la violence contre d’autres innocents, ce qui aurait pour effet d’engendrer inutilement de nouvelles escalades de violence. Les forces de sécurité ne manqueront certainement pas de redoubler de vigilance à leur niveau, mais leurs efforts ne pourront être couronnés de rapides succès qu’avec la mobilisation de la population et la participation effective et pas seulement affective de tous les patriotes algériens, chacun se devant, entre autres, de signaler immédiatement, mais pas inconsidérément, tout mouvement ou phénomène suspect. Des marches populaires suivies de conférences de sensibilisation et de meetings ont été et doivent continuer à être organisés et multipliés par les partis et associations civiles pour convaincre davantage les futurs électeurs des prochaines législatives que l’ennemi veut leur faire perdre les progrès démocratiques durement acquis et les amener au découragement et au refus de confiance en leur pays, en ses dirigeants et en sa classe politique de quelque bord qu’elle soit. A cet effet, des levées ciblées de l’état d’urgence seraient opportunes, voire nécessaires et incontournables afin de permettre aux forces démocratiques et de paix de la République de jouer leur rôle traditionnel d’éveilleurs de consciences. La conscience nationale qui a connu une véritable résurgence doit continuer à pénétrer les esprits, non pas par des levées de drapeaux enfantines et inopportunes mais par l’organisation d’actes de solidarité à l’égard des victimes de la bête immonde, par exemple par le biais du scoutisme qui en a été justement l’une des victimes à cause de ses traditions patriotiques. La vigilance patriotique consiste en l’approfondissement de la connaissance de l’Histoire du pays car il ne peut y avoir de perspectives d’avenir sans étude du passé, dans tous les domaines et pas seulement les aspects héroïques, c’est pourquoi nous avons rappelé l’histoire des « Khwandjiyya» (Khawana) dont les spécimens se sont hélas décuplés faute d’analyse sérieuse et documentée. On a préféré diffuser l’idée populiste d’une Algérie monolithique, tout à fait pure et entièrement acquise, par essence, aux idées du 1er Novembre, alors que les «novembristes» se comptaient sur les doigts de quelques militants. Multiplier, comme cela se fait déjà, les rencontres avec les responsables de différents secteurs et renforcer la concertation et l’union des forces démocratiques et civiques de la nation, sans exclusive, autour de projets concrets et de programmes d’action constructifs.
En réalité, c’est la contribution effective de toutes les forces démocratiques à la réflexion sur les sujets les plus préoccupants de l’ensemble de la population qui ne manqueront pas de renforcer la vigilance patriotique sous toutes ses formes.
R. E.

 

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