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Malaise après
l’affaire Tonic-Badr
Le secteur
privé dans l'impasse
On oublie souvent
que la fermeture des banques privées est due à la facilité d'accès
d'ouverture de nouvelles banques, qu'avait décidé le Conseil de la
monnaie et du crédit, en baissant le montant du capital à souscrire,
qui de 375 millions de DA a été ramené à 100 millions et le reste du
capital déclaré à 500 millions était à libérer au bout de 5 ans au
lieu de deux ans. Ainsi, aucune banque privée n'a pu démarrer
convenablement avec les 100 millions de DA pourtant nécessaires, ce
qui incite à croire que c’est cette mesure qui est à l'origine de
centaines de milliards de dinars de préjudices causés au Trésor.
Après ces dégâts, le capital déclaré pour l'ouverture d'une banque,
est maintenant de 3 milliards de DA.
Par Terfous
Mohamed
La place
financière est-elle sécurisée ? Peut-être. Le privé est-il
tranquille ? Certainement pas. Le secteur privé se trouve de nouveau
dans la tourmente, après l'arrestation du patron de Tonic Emballage,
qui de par la dimension de son groupe, il incarne le secteur privé.
A cela s'ajoute l'arrestation d'autres patrons privés disposants de
capitaux pas des moindres, avec à leur actif un nombre considérable
d'emplois créés. Toujours est-il, que dans ce cas de figure, il
convient de connaître qui est le patron de Tonic Emballage. C'est un
jeune qui ne dépasse pas les 45 ans, et quand il vous reçoit dans
son bureau pour vous accorder une interview, la première des choses
qui frappe votre attention, c’est de voir son regard le plus souvent
fixé sur le tensiomètre qu'il a sur le bureau pour vérifier l'état
de sa maladie.
D'autant que cette
maladie et celle de l'ulcère terrassent en Algérie tous ceux qui
cherchent dans leur travail après la perfection et la déception de
ne pas trouver cette denrée rare, se traduit hélas par l'aggravation
de ces maladies. D'autant plus ces maladies guettent aussi tous ceux
qui aiment avec ardeur leur pays en investissant leur savoir ou leur
argent pour le faire hisser au-dessus des autres.
A cela s'ajoute le
fait marquant, qui est celui de voir des partenaires étrangers faire
confiance à un jeune patron algérien, en l'aidant à doter son pays
de la plus grande imprimerie au monde, et produire son papier à
partir du recyclage du vieux. Pendant que des compatriotes parmi les
chantres d'un système révolu, ont eu l'audace de faire jeter en
prison un génie qu'on ne peut juger que par ses réalisations; Et qui
ne saurait être inculpé ou jugé que s'il a porté atteinte à la
procédure de nantissement par la vente de l'équipement donné en
garantie à la banque, ce qui n'est nullement le cas, comme celui
d'un jeune patron qui traîne une maladie aussi grave. Dans ce cas de
figure, ce qui est impensable,c’est qu'il y a des carriéristes qui
font tout pour faire échouer le secteur privé, afin de ne pouvoir
donner l'exemple d'avoir réussi là où ils ont échoué. C'est la
raison aussi pour laquelle ce secteur n'a jamais été réhabilité, qui
avec son génie créateur est devenu un concurrent gênant pour ne pas
le laisser émerger. N'empêche qu'il est inconcevable de tolérer de
nos jours ce genre de comportement dicté par la crainte d'un
changement subite pour certains qu'appréhende la perte de nombreux
privilèges.
Autrement dit, le
secteur privé étant dans la tourmente, semble ne point pouvoir
cohabiter avec le secteur public, tant que les autorités compétentes
s'abstiennent d'œuvrer dans le sens de privilégier l'intérêt suprême
du pays. Etant donné que, partout ailleurs les deux secteurs vont de
pair pour la simple raison, c'est qu'ils se complètement, et que
l'un ne peut exclure l'autre.
D'autre part, il y
a l'autre face cachée de l'iceberg, où les collaborateurs directs
des patrons mis en cause, qui malgré qu'ils soient chichement payés
avec des logements de grand confort, osent s'adonner à la sale
besogne de se montrer passif devant les difficultés qui assaillent
leur patron, pour que les banques publiques réclament leurs créances
en procédant à la saisie des biens de clients sensés être
défaillants.
Evidemment, ceci
dans le dessein inavoué que l'Etat nationalise en récupérant ce qui
lui ait dû, afin que des collaborateurs ingrats deviennent des
fonctionnaires agissant pour le compte du nouveau propriétaire, qui
est en l'occurrence l'Etat connu comme étant un tiroir caisse, par
le fait d'être une personne morale ne pouvant exiger à ce qu'on lui
rende compte, comme le fait chaque patron qui défend légalement son
bien. A cet égard, dans une économie de marché, ce genre de procédé
ne saurait être admis avec toutes les garanties dont dispose la
banque.
Dans ce cas de
figure, signalons le cas du collaborateur qui a fait sa déclaration
à la presse, disant qu'après l'arrestation de son patron, l'usine
tient debout sans son propriétaire, et qu'elle tourne très bien sans
lui. Ce qu'il voulait dire, qu'il est en mesure de faire tourner
l'usine avec le personnel qu'il y a, pourvu qu'elle soit propriété
de l'Etat, afin de pouvoir la gérer à leur guise.
A savoir, il y a
encore des comportements qui ne veulent pas comprendre que s'il y a
eu option de privatiser, c'est dans le but de décharger l'Etat d'une
gestion administrée qui est à l'origine du gaspillage et de la rente
pour certains, uniquement dans le but de favoriser le secteur privé
devant assurer la relève de l'Etat dans la gestion des affaires
économiques, par le biais de la privatisation.
D'autre part, ces
patrons ont aussi leur part de responsabilité par le fait de
débaucher des cadres du secteur public en offrant de gros salaires
sans tenir compte de leur formation qui est celle d'une gestion
assistée, étant à l'origine du dysfonctionnement économique du pays.
A ce stade, il est évident à ce qu'ils perpétuent un système de
gestion incomptable avec l'option pour l'économie de marché, dont
tout le monde à l'heure actuelle subit les méfaits.
Dans cette
optique, pourquoi ce secteur ne s'organise-t-il pas pour créer sa
propre presse afin de pouvoir défendre ses intérêts contre toute
calomnie ou accusations sans fondement, que de rester dans
l'inertie, pour devenir vulnérable. En étant à la merci des envieux
ou de ceux qui sont contre l'épanouissement de l'initiative
individuelle.
Aussi pourquoi les
patrons de ce secteur ne font-ils pas assez d'efforts, concernant la
gestion des risques en ouvrant le capital de leurs entreprises à des
étrangers, notamment à des capitaux arabes, ou l'introduction de
leurs actions en bourse.
Pourtant, dans ce
contexte, le Président de la République avait soulevé la question de
l'économie de marché qui n'a pu obtenir l'unanimité par le fait
d'être incomprise. A cet effet, lors d'un de ses discours, il avait
suggéré l'idée de créer un parti devant défendre l'économie de
marché. Ce qui aurait été l'occasion pour le secteur privé de mettre
en pratique cette ceinture de sécurité.
Par ailleurs, la
rampe de lancement de l'économie de marché chez les Occidents, ça
été à partir du capital privé qui s'est substitué à celui de l'Etat,
par le biais d'entreprises privées à haut rendement cotées en bourse
ou de multinationales.
Telle que la
bourse de New-Yrok, dont le 60 % des marchés boursiers est animé par
les sept sœurs Américaines pétrolières et le 40 % par le grand
public en marché obligatoire. Evidemment pour la mise en place de
l'économie de marché, il fallait appliquer les accords de la
Jamaïque en renonçant au retour de l'étalon, après démonétisation du
dollar ainsi que celle du dinar, et le rejet des accords de clearing
avec les pays de l'Est. Par ailleurs, il y a le fait d'opter pour le
développement du pays, par l'intermédiaire des banques et places
financières. Ainsi, la couverture des risques de change devrait être
assurée à partir du passage à des taux flottants. C'est pour cette
raison, que sans réforme du système bancaire, les banques
algériennes se trouvent devant un sérieux handicap de ne pouvoir
assumer leur véritable fonction d'intermédiation, qui consiste à
servir de maillon reliant les demandeurs de capitaux aux pourvoyeurs
de fonds.
D'autant plus,
pour le flottement des taux de change par le biais de l'offre et de
la demande, les monétaristes algériens ont privilégié la procédure
du fixing depuis 1990, ce qui est à l'origine de la dépression dinar
ayant causé, depuis une chute des plus vertigineuses, que même la
planche à billets n'aurait pu causer.
Pour la Grèce, il
y a eu le concours des six grands amateurs privés qui s'étaient
substitués au rôle du capital public en étant encouragé par la mise
à leur disposition de tout l'arsenal juridique adéquat. Et ce n'est
que par des mesures incitatives que le capital étranger a pu prendre
place pour se fixer définitivement, grâce à une politique cohérente
pour l'investissement et le tourisme comme une des principales
ressources naturelles de ce pays.
Quant à l'Algérie,
le capital privé a été dès le départ ciblé par des carriéristes,
pour l'empêcher de se développer afin de ne point devenir un
concurrent gênant. En revanche, les grosses entreprises publiques
qu'on considère à l'heure actuelle comme étant stratégiques. De ce
point de vue, on a fait de la privatisation un canard boiteux, sans
privatisation de ses grosses entreprises, devant servir de
propulseur à l'économie algérienne, il n'y aurait d'économie de
marché.
Par ailleurs, il
est exclu de prétendre pouvoir retourner à l'ancien système de
gestion administrée qui consiste à nationaliser de nouveau les
affaires du secteur privé en renonçant à l'option pour l'économie de
marché qui est réversible, et de courir aussi le risque d'isoler le
pays après tant d'engagements pris sur le plan international.
Terfous Mohamed
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