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Elections en Algérie

Existe-t-il un remède à l’abstention ?

Les élections restent un thème qui ne peut laisser indifférent l’électorat algérien depuis qu’aux dernières élections législatives, le taux d’abstentionnistes a connu une baisse jamais égalée.

 

Par Terfous Mohamed

 

Ce qui a surpris la classe politique et le ministère de l’Intérieur qui ont été pris au dépourvu afin de se concerter pour prendre les mesures qui s’imposent. N’empêche que ce message n’est rien d’autre que celui d’un mécontentement ayant pour finalité majeure d’aller vers le changement, où ce n’est plus le parti qui impose ses adhérents par le biais du suffrage de liste, faisant passer des candidats qui ne sont pas souvent du niveau requis et dont l’unique critère était celui d’être militant du parti. Maintenant les autorités compétentes se trouvent au seuil de la tolérance de candidature libre, et les partis dans la compétition seront obligés d’opter pour le choix de candidats, de préférence des intellectuels. Ce qui, de toute évidence, fera s’élever le niveau du débat à l’échelon communal, régional ou parlementaire.

D’autant plus qu’on s’aperçoit que d’année en année, le nombre de candidats aux élections s’accroît de plus en plus et qu’il serait temps de procéder au changement du suffrage de liste par celui de l’uninominal. Ainsi le candidat serait tenu de prendre la parole devant le public qui serait plus attentif au choix de son candidat ou au programme qui lui serait présenté. Néanmoins dans cette version des faits, si on parvenait à fixer l’indemnité mensuelle pour chaque candidat à un montant raisonnable, tous les élus qui seront intéressés par le côté matériel se retireront, sauf ceux qui chercheront à servir leur pays sans aucun intérêt personnel ou autre.

A savoir, c’est ce qui, par voie de conséquence, dissuadera les obsédés d’intérêts personnels en laissant place à ceux qui seront totalement désintéressés pour œuvrer par amour pour leur pays dans le but de réussir à le faire sortir de l’ordinaire pour aller droit vers le changement et le redressement. Par contre, le suffrage actuel ou celui de liste confère aux autorités locales ce droit de faire passer des candidats qui sont recommandés sans condition de ce qu’exige partout ailleurs le profil d’un mandat de représentativité. Aujourd’hui, avec cette facilité d’accès à la candidature aux élections, ce qui semble être certain, c’est que le matérialisme va l’emporter sur le civisme, d’où proviennent les abus de biens sociaux et le gaspillage des deniers publics.

Toujours est-il, le nouveau suffrage mettrait de l’ordre en attirant des candidats moins intéressés par les affaires ; de ce fait, il est évident qu’ils soient sur leurs gardes pour ne pas sacrifier leur avenir politique, surtout pour ceux qui ont un bagage intellectuel évident et doivent être sur leurs gardes pour ne pas sacrifier leur avenir politique, surtout pour ceux qui ont un bagage intellectuel avec lequel ils aspirent aller loin dans leur carrière politique. D’autant plus que la gestion des caisses des communes, si elles posent des inquiétudes pour leur renflouement assez fréquent par le Trésor, c’est parce qu’elles se trouvent sous la contrainte d’immixtion dans la gestion de leurs affaires par leur tutelle administrative. Cela provient aussi du manque de contrôle rigoureux, qui jusqu’à présent ne s’effectue que par pure forme eu égard aux élus de la nation avec leur immunité et le respect pour leur titre d’élu, ce qui les rend par voie de conséquence intouchables. De ce point de vue, il appartient donc de revoir le code communal pour que les erreurs et les tolérances du passé qui avaient dépassé certaines limites ne se reproduisent plus.

Dans cette optique, il faudrait que les prérogatives actuelles des maires soient revues afin de les renforcer, pour que le représentant du peuple dans une commune ait l’autorité que lui confère la démocratie et non pas l’inverse. De plus, le maire, c’est la première notabilité de la ville après avoir été élu par le peuple. De ce fait, son autorité doit être réelle, pour pouvoir être efficace sur la gestion des affaires municipales. Par contre, l’autorité du représentant du pouvoir central, en l’occurrence celle du wali, ne concerne que la sécurité, l’ordre et de veiller à la mise en œuvre des projets et infrastructures de tout le département, notamment les infrastructures financées et ordonnées par le pouvoir central.

Par ailleurs, le concept d’immunité, tel qu’il est accordé aux élus, doit être revu pour revêtir une autre forme les rendant moins intouchables et sans dépassement de ce que peut accorder l’immunité, face aux abus de biens sociaux ou de passe-droit. C’est ainsi que les caisses des communes et régions deviendront moins vulnérables qu’auparavant et pour lesquelles leur tutelle administrative éprouve chaque année des difficultés pour éponger leur déficit. Dans cette optique, le ministère de l’Intérieur semble vouloir mettre un terme à l’enrichissement injuste de certains élus locaux par le fait de les astreindre à déclarer leur patrimoine un mois après l’expiration de leur mandat et que des enquêtes sont prévues avant les élections locales de novembre 2007. De ce point de vue, le premier signe apparent de richesse, c’est celui qui se repère par le changement de comportement, comparé à celui de la fin du mandat. A cet instar, les élus deviennent la cible de leurs adversaires qui ont été éliminés par des élections, en devenant les piliers d’une opposition à double tranchant.

Ainsi, des élections libres, transparentes et sereines constituent un véritable test sur l’évolution d’une démocratie afin que les autorités soient sur leurs gardess pour pouvoir éviter tout dérapage ou risque de remettre en cause tant d’efforts consentis pour mener les citoyens à vivre en parfaite harmonie avec la démocratie à laquelle aspire chaque peuple épris de justice et de liberté. D’autre part, pour mettre un terme aux abus de biens sociaux dont la plupart des élus locaux sont coupables, il ne faudrait pas lésiner sur les moyens pour que cette tare sociale puisse être endiguée pour disparaître à jamais.

Mais il n’en demeure pas moins que ce qui paraît inconvenant et qui fait tache d’huile, c’est que lors de chaque campagne électorale, il y a des énergumènes qui éprouvent un malin plaisir à façonner avec art des bobards pour se distinguer afin de les faire colporter de bouche à oreille, dans le but de faire de l’intox contre le ou les candidats du parti adverse. A savoir, ces faiseurs de rumeurs erronées qui excellent dans leur sale besogne pour être souvent soudoyés par des cadres de partis qui semblent n’avoir satisfaction qu’en naviguant en eau trouble, d’où ils tirent profit du désarroi des autres. Pourtant ce genre de procédé est assez courant pour que les autorités interviennent. Cependant, il arrive que souvent ça se produit sous le regard bienveillant de certains responsables de l’ordre qui ont leur propre façon d’interpréter les événements. Quoi qu’on en dise, c’est ce genre de tricherie qui ne saurait être trop longtemps toléré pour remettre en cause l’édifice démocratique qui est une tâche ardue de chaque gouvernement. Toujours est-il, la nature humaine est ce qu’elle est, et pour se garder de tout préjugé même inconscient, qui conduit à croire ne pas intervenir en laissant aller, c’est une atteinte pure et simple à l’éthique du pays et à la bonne foi de l’électeur. Autrement dit, il y a des milliers de faux ayants droit qui, hélas, portent préjudice aux vrais, et qui s’agitent en politique en faisant trop de bruit comme des tonneaux vides, pour s’ériger en redresseurs de torts et qui ne se gênent pas de dénigrer les autorités qui leur assurent une rente et un confort à vie. Et il y a ceux qui les connaissent pour manifester leur sentiment de frustration et dont le pessimisme les a rendus aigris pour vivre en éternels insatisfaits, ou rien ne paraît pour eux de convenant.

Dans l’ensemble, on ne pourra jamais dire qu’on a fait tout ce qu’il fallait faire pour la mémoire de nos valeureux combattants qui se sont sacrifiés pour la patrie et qui nous ont quittés en nous laissant ce précieux don qui est la liberté de disposer de nous-mêmes. Ce qui est le cadeau le plus précieux dans la vie d’un être sur Terre. D’autant plus qu’ il s’agit de la liberté d’expression et d’opinion qui même dans le cas où il y aurait fausse note, l’essentiel c’est de s’incliner devant la volonté de la majorité des voix exprimées et l’obligation de préserver les droits de la minorité en étant impérativement protégés et respectés pour leur opinion.

N’empêche que ça rend triste de voir certains spéculer à des fins politiques, du mérite laissé par ceux qui ont donné leur vie pour que leurs frères vivent avec  fierté et dignité. Car ce qui paraît surprenant dans cette optique, c’est le comportement des futurs candidats d’un grand parti qui a dirigé les destinées du pays pendant des décennies. Ainsi l’exemple a été donné en se bousculant pour démontrer sans gêne leur intéressement personnel, au lieu de se comporter en vrais militants dévoués, et servir le pays. Par ailleurs, ce qui est regrettable pour ces partis, c’est leur absence sur un sujet d’actualité qui est la sensibilisation des masses sur la réconciliation et la fraternisation entre citoyens. Dans ce contexte, il appartient de dire qu’il n’y a pas eu autant de déploiement d’efforts ou d’intérêts à ce qui est primordial pour les élections législatives, telle que la concorde civile. Dans cette optique, sans effort de réconciliation, il y aurait sans nul doute beaucoup plus d’abstentions. Et ce qui risque d’être compromis c’est la neutralité des services publics malgré les recommandations présidentielles.

De ce point de vue, le paysage électoral tel qu’il se présente ne semble guère apporter de changement devant faciliter le processus des réformes qui bute encore sur une question de gestionnaires n’étant nullement à la place qu’il faut. En fin de compte, heureusement que dans une République, c’est le peuple qui détient le pouvoir. Ainsi, il n’a pas à se plaindre des fautes graves commises par des élus qu’il a choisis démocratiquement. N’empêche que pour les élections de novembre 2007, tous les observateurs s’accordent à dire unanimement que la compétition s’avère serrée, pourvue qu’elle ne soit pas entachée d’irrégularités. A cela, ils manifestent aussi cette crainte de voir passer des candidats qui n’ont nullement le profil de représenter la confiance placée en eux par leurs électeurs. A cet égard, souhaitons  qu’il y ait des résultats couronnés de succès sans surprises désagréables.

Cependant, pour être mieux édifié sur le déroulement de cette campagne, après l’annonce de sa clôture pour le lundi 14 mai à minuit, il appartient de se référer à l’article de notre sympathique journaliste Ghania Oukazi qui nous a gratifiés de sa belle plume, pour nous livrer avec détail les impressions et craintes qui se colportent de bouche à oreille dans les rues d’Alger. Comme aussi le fait de souligner que «la rue ne semble pas éprise par ce fait électoral et  le cœur n’y est pas pour de multiples raisons. Tel que le cas des députés qui sont payés trop cher  pour des missions dont on ne peut connaître l’aboutissement avec des promesses faites, sans être jamais honorées». Par ailleurs, l’autre raison, c’est celle de l’indifférence qu’on attribue à un peuple d’avoir été de tout le temps berné par ses élus pour qu’il appréhende l’empêchement causé par la maladie du Président de ne pouvoir suivre de près la gestion des affaires du pays, en laissant libre cours à certains qui s’offrent l’occasion de spéculer pour agir à leur guise.

D’autant plus, ce qui est révélateur, c’est la conférence de presse du Premier ministre tenue la veille de la clôture de cette campagne, où il n’a pas pu cacher ses craintes sur un éventuel taux élevé d’abstentionnistes. Malgré son assurance pour le parti qu’il dirige en affirmant que ces élections vont le renforcer davantage pour rester la plus grande formation politique du pays. Cela étant, cet abstentionnisme dont une certaine presse a fait état, en se basant sur l’indifférence affichée par la rue, devrait être commenté autrement. Comme le fait de sensibiliser les masses sur le devoir électoral à accomplir sans être contraint du choix à faire sur la personne ou les personnes à qui il accordera sa confiance pour le représenter. Autrement dit, ce n’est pas en tournant le dos à un événement que les choses vont se régler dans le bons sens.

Ou du moins mettre en évidence la déclaration faite par une personnalité politique algérienne qui est en retrait : «On ne peut pas faire changer un système de l’extérieur, et le seul moyen de pouvoir le faire, c’est d’en faire partie». D’autant que s’abstenir, c’est la fuite en avant et que la politique de la chaise vide n’arrange que ceux qui s’obstinent à garder la leur pour de bon. Par ailleurs, le lendemain des élections, certains observateurs n’ont pas hésité de faire allusion à une entorse à la constitution qui interdit formellement le cumul des mandats pour dix-huit ministres, qui lors des élections, avaient participé pour obtenir le mandat de député. Ce qui a permis à la ministre responsable de l’effondrement du Groupe Khalifa de retourner en force pour récupérer son ministère. Néanmoins, le changement de gouvernement sur lequel toute la classe politique comptait n’a pas eu lieu. D’autant que le président de la République n’avait pas caché son mécontentement sur les résultats obtenus et les retards causés pour la mise en application des réformes, et que cette carence a été constatée après audit, une fois par an, semble-t-il, des activités de certains ministres devant être écartés par le mini-remaniement d’après les élections législatives de 2007. Surtout que dans l’ensemble, ont été recensés trois départs du nouveau gouvernement avec la grande surprise d’un retour.

Ce qui amène à croire que malgré le recul du parti FLN avec la perte de nombreux sièges lors des dernières élections, la reconduction du secrétaire général de ce parti à la tête du gouvernement, ce qui le fait maintenir comme leader de la majorité parlementaire. Et qu’à cet égard, l’avenir d’une position de chef de la coalition qui dure depuis des décennies va se jouer pendant les prochaines élections, dont la date est déjà fixée pour novembre 2007. Par ailleurs, le tissu d’un peuple étant la société civile, il est évident qu’elle boude les gestionnaires des finances et biens de l’Etat, qui agissent souverainement au nom d’un pouvoir qui ne leur a jamais demandé de rendre compte de leur bilan. A cet égard, on ne peut reprocher à cette société civile de se démarquer de ses gouvernants en affichant son mécontentement par le biais des urnes. Ainsi, il appartient d’admettre que l’abstentionnisme subsistera tant qu’il n’y aurait pas d’amélioration de pouvoir d’achat du citoyen, ou de ses conditions de vie en commençant par régler en priorité le problème des jeunes.

T. M.

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