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Le factoring ou
l’affacturage
Des techniques
financières méconnues
Un instrument
financier dont personne ne parle en Algérie, depuis son introduction
par le code de commerce il y a douze ans. La raison est sans doute
celle de ne pas faire bonne impression chez les opérateurs
économiques qui l’ont totalement rejeté pour son concept jugé
incompatible avec les pratiques commerciales en Algérie.
Par Terfous
Mohammed
Pourtant, cet
instrument existe dans tous les pays ayant opté pour l’économie de
marché pour son effet stimulateur des exportations et la conquête à
l’extérieur de nouveaux marchés. D’autant qu’il s’agit d’un concept
d’origine canadienne qui sécurise le financement de factures à
l’exportation et aère surtout les trésoreries qui souffrent de leurs
créances irrécouvrables. A savoir, c’est un instrument financier,
qui, par son financement, est d’un grand soutien pour les
exportations ainsi que par le rachat de créances au-dessous du pair,
il renfloue les caisses de sociétés en panne de liquidités.
Cependant, ce qui
le rend inaccessible à la demande des opérateurs économiques
algériens, c’est son aspect de contrainte qui consiste à faire appel
à un «factor» pouvant être une personne physique ou morale, ayant
pour rôle de superviser la comptabilité et les activités de son
client, ce qui consiste à se porter garant pour le compte de son
client, auprès des banques ou des correspondants à l’étranger. Ce
qui ne saurait être le cas pour des opérateurs algériens devant
divulguer à leur factor leur façon d’opérer dans le commerce, où il
est question de pratiques bien rodées pour ne pas tout déclarer au
fisc ou pour des ventes, fréquemment sans factures. Par ailleurs,
pour être édifié sur l’existence du désordre actuel dans le secteur
commercial, il appartient de se référer à l’une des opérations
menées par un industriel, ancien parlementaire. Il a facturé pour un
montant de 8 millions de dinars de marchandises, au nom de quelqu’un
qu’il ne connaît pas et dont il a eu le numéro du registre par un
des rabatteurs. Ainsi, les impôts ont été adressés à celui dont la
marchandise portait le nom, mais livrée à un autre qui l’a achevée
sans facture. Moralité, la victime de cette supercherie n’a pu se
débarrasser de ces impôts, pour s’adonner librement à ses activités
par manque de preuves matérielles, étant donné que l’opération a été
menée avec des documents parfaitement contrefaçonnés à l’aide de
l’informatique, ainsi de suite.
Dans ce genre de
camouflet, il est évident que le factoring n’aurait aucune chance
d’être adopté en Algérie. Ainsi, il appartient de comprendre
pourquoi le secteur privé n’a jamais voulu jouer franc jeu dans ce
pays. Malgré qu’il y ait eu adoption de cet instrument financier par
nos voisins depuis plus d’une décennie et que les Marocains on tenté
déjà de créer des filiales en Algérie, sans pouvoir y arriver. Et
qu’en réalité pour l’assainissement des finances et des opérations
commerciales en général, il suffit de veiller à la récupération des
factures impayées, ainsi l’idéal serait l’utilisation du factoring
qui garantit la bonne marche des affaires où tout est déclaré dans
la transparence par l’intermédiaire du factor qui est autorisé par
le ministère des Finances, comme étant un expert assermenté en
gestion commerciale ou financière. De ce fait, cet expert aurait
cette audience auprès des banques ou des factors à l’étranger
représentant leurs clients. A cet instar la mise en place de cet
instrument serait d’un atout majeur mettant un terme au désordre et
aux fraudes commerciales, par manque d’espace juridique, de
transparence et de contrôle.
A cet égard, il
serait judicieux d’inciter à l’instauration de cet instrument qui a
fait ses preuves partout ailleurs et dont on ne voit pas la
véritable raison de ne pas le faire adopter en Algérie. Ou plutôt
l’imposer s’il le faut, par le biais des banques qui n’accepteront
leur aide qu’à ceux qui utiliseront cet instrument, ainsi que
l’administration fiscale, qui se montrera beaucoup plus souple, à
l’égard de ceux qui se conformeront à la pratique de cet instrument
régulateur du commerce dans le pays. D’autant qu’il semble être
l’élément de taille pour une remise de l’ordre dans le commerce qui
est de plus en plus dominé par l’informel qui s’est enraciné dans
les pratiques commerciales et qui ne saurait être facilement endigué
ou extirpé. Pourtant la structure habilitée à mettre en place cet
instrument, c’est l’Abef, cette association des banques qui s’est
mise au service de la banque centrale, sans assumer son rôle
principal qui est celui d’aider à mettre en application les
instruments financiers destinés aux banques, que de se mettre au
service de la Banque Centrale pour veiller à l’exécution des ordres
donnés aux banques par leur tutelle administrative.
Ainsi on voit mal
comment il serait possible d’encourager l’utilisation de tous les
instruments financiers nouvellement introduits par le code du
commerce et qui sont d’une nécessité absolue, ne pouvant relever que
de la compétence de cette association dont la confusion
d’attribution des rôles n’a que trop duré.
Par ailleurs, la
particularité du factoring c’est celle du remboursement des factures
impayées qui sont rachetées au-dessous du pari jusqu’à moins 20%,
l’essentiel c’est d’arriver à aérer la trésorerie du créancier sans
risque de dépôt de bilan. Ce qui est souvent le cas, hélas, avec des
mauvais payeurs qui arrivent à se cacher derrière de solides
protections surtout quand il s’agit d’ayants-droit ou de proches de
certains du pouvoir. Aussi, il y a des spécialistes qui savent
comment faire payer une créance en souffrance en se contentant de la
différence qui a été cédée par le rachat de la créance à partir de
moyens légaux, comme les tribunaux ou les négociations en accordant
des délais raisonnables. A la lumière de ce qui précède, le
factoring, c’est avant tout l’affaire des banques, par son aspect de
gestion des factures, suivie de rappels, d’encaissements à échéance
et de surveillance évitant des litiges ainsi que la couverture des
risques d’insolvabilité de débiteurs. En France, les sociétés
spécialisées dans le factoring, sont toutes enregistrées comme
établissements financiers. La numérotation du factor, c’est la
commission calculée sur le montant des créances transférées, qui
constitue le montant des services de gestion, de recouvrement et de
garantie de bonne fin.
D’autant plus que
la prestation du factor permet d’alléger les travaux administratifs
incombant à l’adhérent ou client.
T. M.
Expert
financier
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