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Kaci Ibrahim, DaG de l’entreprise IFRI

Dix ans et toujours aussi pétillante

 

Reportage réalisé

Par

Hocine Chorfa

 

 13/08/06

 

Qui ne connaît pas Ifri ? Personne, sans nul doute, car invoquer ce nom c’est convoquer notre histoire contemporaine et ouvrir l’une de ses pages les plus marquantes . Ifri, c’est également cette usine de boissons de renom, implantée au cœur palpitant de la Soummam, au chef lieu de la commune et daïra d’Ouzelleguene. Un fleuron économique sis  sur un plateau argilo-calcaire en contrebas du massif montagneux du  Djurdjura, qui constitue son réservoir naturel d’eau et sa source d’alimentation inépuisable. En effet , Ifri, Sarl Ibrahim et fils, est une société familiale qui a vu le jour  en 1986 à Ouzellaguene dans la wilaya de Béjaïa.

  

D’une petite entreprise familiale qui employait 30 personnes, aujourd’hui, elle est l’un des complexes industriels privés les plus importants dans la wilaya de Béjaïa et à l’échelle nationalle. Environ 1 000 personnes sont employées dans divers services. A vocation artisanale à l’origine, et

produisant des boissons gazeuses, elle est transformée en une entreprise industrielle moderne de production d’eau minérale et boissons diverses à compter de 1996, après qu’elle ait obtenu la concession d’une source minérale naturelle alimentée des montagnes de Kabylie. L’eau Ifri a des vertus thérapeutiques prouvées. Elle est pompée directement de la nappe phréatique vers le centre de filtration sans passer par la phase d’ébullition, c’est pourquoi elle allie pureté et légèreté et elle est recommandée au coupage de biberons de bébés et pour les femmes enceintes ou qui allaitent

 

L’autre défi

Déjà dix années d’existence dans la filière, tout juste fêtées, et elle se lance dans la production d’huile d’olive sur un domaine de de 200 ha et en collecte auprès de petits producteurs. Cette huile sera destinée à l’exportation, notamment en Europe et aux Etat-Unis. L’eau minérale Ifri est embouteillée dans une usine d’une capacité de 20 millions de bouteilles en plastique PET comme ligne de départ en 1996. Un programme d’extension s’est imposé avec l’évolution grandissante de cette usine et la demande nationale qui s’est accrue, notamment par le lancement en 1998 de deux lignes de production pour les bouteilles en PET pour l’eau minérale naturelle et l’eau minérale naturelle gazéifiée, eau fruitée, soda et soda light. Alors, l’usine passe rapidement à 60 millions de bouteilles par an, puis à 160 et à deux lignes en verre en 2002, une capacité de 200 millions  de bouteilles l’an. Actuellement, la production a atteint un point culminant, à savoir 500 millions de bouteilles par an et elle sera portée d’ici peu, soit en septembre (au début du mois de jeûne prochain) à 700 millions de bouteilles par année, avec la nouvelle ligne de bouteilles en plastique et le produit gazeux, format familial. Une limonade d’un emballage très esthétique et luxueux destinée surtout pour le secteur de la restauration.

A présent, la gamme de produits Ifri est riche d’une cinquantaine de produits qui vont de l’eau minérale plate, gazéifiée et aromatisée, aux sodas aux goûts différents en passant par les eaux fruitées et les cocktails. L’idée de cette appellation selon M. Ibrahim Kaci, (l’un des sept fils et responsable de l’administration) n’est pas facile à expliquer. C’est presque spontané si ce n’est que nous sommes à Ouzellaguene face à ce lieu hautement symbolique où s’est tenu le Congrès de la Soummam durant la guerre de Libération, un certain 20 août 1956 qui avait consacré les fondements de la lutte pour l’indépendance du pays.

«On l’a choisi instinctivement  parce que c’est un nom qui sonne et qui raisonne rapidement». «Il est très simple, avec quatre caractères et est d’une tonalité facile à retenir».

Ayant couvert la demande sur le  marché national, Ifri est parti à la conquête de nouveaux marchés dans le monde. Plusieurs contrats sont en phase d’être conclus avec des partenaires étrangers intéressés par les produits Ifri. En sus, il exporte 5% de sa production vers la France, l’Angleterre, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, le Soudan, Dubaï, le Canada, le Mali, le Niger et les Emirats Arabes Unis. Les produits sont commercialisés dans une dizaine de grandes surfaces telles que Carrefour, Leclerc etc.

«L’un de nos principaux objectifs est l’élargissement de notre réseau d’exportation vers d’autres pays», précisera M. Ibrahim Kaci qui fera part dans le même sens des gros efforts constamment consentis dans l’investissement pour élargir le champ de production afin de répondre à la demande du marché international en évolution permanente. La société travaille 24 heures sur 24 avec des lignes de production automatisées et équipées de systèmes de contrôle de qualité de la dernière génération. Dans toutes les unités et à chaque étape de production, le contrôle des normes d’hygiène et de sécurité environnementales est très stricte. Sur le plan qualité justement, Ifri est dotée aujourd’hui de son propre laboratoire d’analyses et de contrôle de qualité agréé qui assure au quotidien et pendant toutes les phases de production et de stockage une parfaite conformité physico-chimique, bactériologique et organoleptique des produits. Les produits sont aussi analysés par différents laboratoires dont l’Institut Pasteur, le Laboratoire Idres de Qualilab de Béjaïa, le CNT (centre de national de toxicologie) et le CRD de Boumerdès.

 

Les raisons d’un succès

L’entreprise n’arrête pas d’investir en créant une unité d’emballage qui assure toute ses besoins dans cette matière à 100% et le renforcement du parc roulant par une flotte très importante pour le transport et la distribution de la marchandise qui, autrefois, a été un des facteurs qui a constitué un frein. «Notre souci majeur aussi est l’investissement dans nos laboratoires qui, aujourd’hui, peuvent prétendre à sous-traiter quoique ce n’est pas notre but», lance M. Kaci Ibrahim qui étalera l’évolution de l’entreprise qui utilise des palettes spéciales pour l’exportation avec des étiquettes et des produits personnalisés et traduits à la demande du client. S’agissant de la mise à niveau de l’entreprise aux normes européennes de gestion, des contacts ont été pris avec le programme MEDA. Mais son succès s’ explique aussi bien par la qualité de l’eau que par la démarche méthodique, scientifique et rigoureuse dans les techniques de production, voire l’expérience acquise depuis 1986 par ses promoteurs qui veillent au grain, matin et soir sans discontinuer. La Sarl est engagée aussi dans une pré- certification ISO qui donnera un plus à cette manufacture, devenue une fierté de la commune. Elle est en effet accompagnée dans cette expérience par un organisme  algéro-canadien (Pentacle) «On a retardé pour entrer dans ce programme parce qu ’on veut être certifié et le rester», déclare notre vis-à-vis. Compte tenu de la rude concurrence à laquelle est soumis le marché de la boisson, un bureau de marketing est ouvert par la société   dans la capitale, bien que sa notoriété est faite depuis longtemps de bouche à oreille, ce responsable  regrette que le nouveau code d’investissement mis en œuvre par l’ANDI n’a pas maintenu les avantages qui permettent de constituer plus rapidement le fonds de roulement nécessaire à la croissance de la production. La limitation à 15% du montant des modifications par rapport au programme initial d’investissement est complètement dénué de signification économique et  constitue donc un frein à l’innovation, relève- t-on.

H. C.

 

Sponsor de la JSK et du MCO

En matière de sponsor, plusieurs opérations ont été menées, notamment la prise en charge de personnes malades à l'étranger, la relance après huit années de disparution du club communal de football et le soutien du club féminin de hand-ball de la ville dont six éléments évoluent en sélection

nationale, ainsi que des boxeurs algériens de renommée internationale. L’entreprise envisage de sponsoriser à partir de la saison sportive prochaine des grands clubs de ligue 1, la JSK et le MCO.

H. C...

 

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