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Habib Berraria, gérant de Tougres Ceramic

Un professionnel au service des bâtisseurs

 

Reportage réalisé

Par

Habiba Ghrib

 

 17/10/07

 

 

Notre saga des chefs d’entreprise retrace cette fois, le parcours d’un jeune algérien et de son frère, qui ont décidé un jour d’embrasser la carrière d’industriels et fabricants de matériaux de construction. Un secteur alimenté il n’ ya pas longtemps encore que par l’importation. Zoom sur les frères Berraria (Habib et karim) et sur leur usine Tougres Ceramic.

 

A 42 ans, Berraria Habib est marié et père de triplés : deux filles et un garçon. Originaire de Blida, il est titulaire d’un bac +2. Passionné de voyages et de sports, il trouve aussi du temps pour prendre part à des activités au sein du Club des entrepreneurs et des industriels de la Mitidja (CEIMI).

L’usine qu’il a bâtie lui et son frère Karim en 1998, dans la zone industrielle d’Ouled Yaïch à Blida,  s’étend sur une superficie de 3000m² et tourne aujourd’hui avec une capacité de production de 3000 et 3500 m² de plinthes/jour. Alors que Habib s’occupe de la partie administrative, de l’importation, du commercial et de l’extension de la société, la partie technique, production, maintenance  équipements, stockage des produits… est du ressort de son frère Karim, plus jeune que lui d’un an. Aujourd’hui l’entreprise sponsorise les clubs sportifs. Les deux responsables pensent dans un futur proche «aller vers le sponsoring réfléchi». C’est-à-dire toute action s’adressant aux jeunes et associations versés dans la musique, l’art, et autres activités. «Un budget spécial sera débloqué pour ce type d’action», nous apprend Habib Berraria.

De l’importation à la fabrication

Leur histoire dans le domaine des matériaux de construction a commencé avec la création entre la fin des années 80 et début des années 90, d’une SARL d’importation de la céramique et d’autres matériaux de construction d’Espagne et d’Italie. L’idée d’en fabriquer ici même en Algérie ? Le produit fabriqué est né au bout de 15 ans de contacts avec ce marché et avec les partenaires espagnols, auprès desquels les deux frères ont acquis une solide expérience dans divers produits de construction et une forte maîtrise des réseaux de distribution. Ce projet ambitieux, nous apprend Habib Berraria, a démarré en 1998. «Nous avons commencé avec les avantages accordés à l’époque par l’Etat pour promouvoir l’investissement». Des avantages du genre de l’octroi de crédits bancaires. «Mais, se souvient t-il encore, ce n’était pas loin d’être une partie facile, puisque le terrain nous posait un véritable problème, que nous avons fini par régler en l’achetant par nos propres moyens. Une fois acquis le terrain, nous avons commencé à construire, tout en préparant le dossier de l’APSI pour l’acquisition des équipements».

 En 2001, les deux frères ont présenté un dossier à la banque pour l’obtention d’un crédit. «La demande du crédit concernait les équipements pour la fabrication du carreau de faïence, la dalle de sol, la plinthe et le traitement de la matière première. Nous n’avons obtenu une année plus tard qu’un seul crédit pour ramener des équipements destinés à la fabrication de la plinthe», nous confie Habib Berraria.

De la plinthe made in Algéria

Fin 2002, l’usine Tougres Ceramic était fin prête et a démarré sa production avec 70% de matières premières importées et 42 employés avec deux équipes en rotation 2x8. Dès le début, la plinthe produite à l’usine des frères Bérraria a trouvé sa place sur le marché des matériaux de construction, avec des prix de moins de 70% que celle importée de l’étranger et qui était cédée à raison de 1200 da le mètre linaire. Encore plus, elle est même produite selon les normes européennes. La capacité de production est augmentée dès la première année. L’usine fonctionne avec trois équipes en rotation. En 2004, l’effectif est passé à 72 employés. Le prix de la plinthe mise sur le marché est revu encore à la baisse. Ces résultats encouragent les deux frères à se lancer dans l’extension de l’usine et l’introduction de la fabrication d’un autre produit. Nous sommes à la fin de l’année 2004, les deux frères décident de l’extension de l’usine. Un projet qu’ils réalisent à 80%, sur les fonds propres de l’entreprise.

Aujourd’hui, une unité de production de dalle de sol est fin prête et sera mise en marche au cours de ce mois d’octobre. 24 nouveaux postes d’emploi ont été créés à cet effet. «Produire mieux et de meilleure qualité» et Tougres CERAMIC : un label de qualité» sont là les grands défis que tentent chaque jour de relever Habib Berraia et son frère karim. Aussi, ils sont en train de négocier des crédits pour un projet de fabrication de la matière première. Laquelle, une fois produite ici, va permettre d’optimiser encore plus le coût de fabrication.

Une volonté en béton

Parmi les grands objectifs que nourrissent les responsables de Tougres Ceramic, couvrir le marché national de leurs produits, ce marché qui a des besoins énormes en matériaux de construction pour les prochaines années, le programme de 1 million de logements. «Dans les prochaines années, nous pensons investir dans l’exportation de nos produits. Un projet qui serait facile à réaliser vu que nous disposons de la certification de nos produits, de la qualité, de la mise à niveau et de la formation continue et actualisée de notre effectif.» Dans le souci de développer leur activité, les deux frères ont décidé de l’extension de leur usine. Ils envisagent donc trois grands investissements qui tardent malheureusement à voir le jour faute de disponibilité du foncier industriel. «Nous avons préparé les dossiers de nos futurs investissements, nous avons besoin de terrains qui soient en fonction des critères de nos investissements», explique le gérant de Tougres Ceramic. Aujourd’hui, les deux frères veulent produire à 100% algérien, avec de nouvelles technologies. Pour eux, moderniser la production nationale est un fait capital pour le marché des matériaux de construction. «Déjà, ajoute-t-il, pour l’emballage, nous travaillons avec une entreprise algérienne.» Les deux frères ont envisagé un partenariat avec les espagnols pour la production du ciment colle, ou ciment joint, un projet qui va permettre de diminuer considérablement la consommation du sable dans la construction, et la facture du traitement de sable des plages pour le débarrasser du sel. Cela en plus du gain de temps. C’est un produit qu’on importe aujourd’hui de l’étranger. On peut le produire chez nous à base de ciment blanc, fabriqué lui aussi en Algérie, et auquel on ajoute un autre produit. Ils pensent aussi à la production de la céramique, et à installer une ligne de tuilerie. «L’utilisation de tuile dans la construction revient à la mode, explique M Berraria, à cause de sa grande capacité d’étanchéité et son côté esthétique.

Des contraintes à la pelle

La bataille des procédures et les lenteurs administratives, l’accès difficile aux crédits bancaires, sont autant de contraintes qui freinent l’élan de tout investisseur algérien, et l’empêchent de jouir des avantages accordés officiellement par l’Etat dans ce sens. Les frères Berraria ne sortent pas du lot et font eux aussi les frais de ces rouages administratifs. «Avec notre activité, nous allons en ligne droite avec la politique du pays, et nous pourrons faire beaucoup mieux pour peu qu’on nous accorde de temps en temps des facilités pour progresser», déplore M Berraria, en ajoutant que pour «aller vers un de nos prochains investissements, il faut attendre trois à quatre ans». En plus des contraintes administratives, l’entreprise doit sur le terrain faire face à d’autres aléas techniques. Il s’agit des coupures fréquentes d’électricité. «Il y a des jours où nous devons subir 5 à 6 interruptions de l’énergie électrique par jour ; chose qui affecte sensiblement et dangereusement nos équipements. Nous enregistrons trois à quatre dégâts conséquents sur nos machines par an, à cause de ces coupures. Nous avons installé un générateur électrique, mais notre production connaît quand même des perturbations», déplore notre industriel. L’importations de chine des matériaux de construction, avec des déclarations de prix dérisoires et des registres du commerce non spécialisés contribue largement à la déstabilisation du marché algérien et nuit aux produits Tougres Ceramic. Enfin, l’entreprise doit faire face au problème du tournant vert, et à l’instabilité de la main-d’œuvre.

H. G.

 

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