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Notre saga des chefs d’entreprise retrace cette fois, le parcours
d’un jeune algérien et de son frère, qui ont décidé un jour
d’embrasser la carrière d’industriels et fabricants de matériaux de
construction. Un secteur alimenté il n’ ya pas longtemps encore que
par l’importation. Zoom sur les frères Berraria (Habib et karim) et
sur leur usine Tougres Ceramic.
A
42 ans, Berraria Habib est marié et père de triplés : deux filles et
un garçon. Originaire de Blida, il est titulaire d’un bac +2.
Passionné de voyages et de sports, il trouve aussi du temps pour
prendre part à des activités au sein du Club des entrepreneurs et
des industriels de la Mitidja (CEIMI).
L’usine qu’il a
bâtie lui et son frère Karim en 1998, dans la zone industrielle d’Ouled
Yaïch à Blida, s’étend sur une superficie de 3000m² et tourne
aujourd’hui avec une capacité de production de 3000 et 3500 m² de
plinthes/jour. Alors que Habib s’occupe de la partie administrative,
de l’importation, du commercial et de l’extension de la société, la
partie technique, production, maintenance équipements, stockage des
produits… est du ressort de son frère Karim, plus jeune que lui d’un
an. Aujourd’hui l’entreprise sponsorise les clubs sportifs. Les deux
responsables pensent dans un futur proche «aller vers le sponsoring
réfléchi». C’est-à-dire toute action s’adressant aux jeunes et
associations versés dans la musique, l’art, et autres activités. «Un
budget spécial sera débloqué pour ce type d’action», nous apprend
Habib Berraria.
De
l’importation à la fabrication
Leur histoire dans
le domaine des matériaux de construction a commencé avec la création
entre la fin des années 80 et début des années 90, d’une SARL
d’importation de la céramique et d’autres matériaux de construction
d’Espagne et d’Italie. L’idée d’en fabriquer ici même en Algérie ?
Le produit fabriqué est né au bout de 15 ans de contacts avec ce
marché et avec les partenaires espagnols, auprès desquels les deux
frères ont acquis une solide expérience dans divers produits de
construction et une forte maîtrise des réseaux de distribution. Ce
projet ambitieux, nous apprend Habib Berraria, a démarré en
1998. «Nous avons commencé avec les avantages accordés à l’époque
par l’Etat pour promouvoir l’investissement». Des avantages du genre
de l’octroi de crédits bancaires. «Mais, se souvient t-il encore, ce
n’était pas loin d’être une partie facile, puisque le terrain nous
posait un véritable problème, que nous avons fini par régler en
l’achetant par nos propres moyens. Une fois acquis le terrain, nous
avons commencé à construire, tout en préparant le dossier de l’APSI
pour l’acquisition des équipements».
En 2001, les deux
frères ont présenté un dossier à la banque pour l’obtention d’un
crédit. «La demande du crédit concernait les équipements pour la
fabrication du carreau de faïence, la dalle de sol, la plinthe et le
traitement de la matière première. Nous n’avons obtenu une année
plus tard qu’un seul crédit pour ramener des équipements destinés à
la fabrication de la plinthe», nous confie Habib Berraria.
De la plinthe
made in Algéria
Fin
2002, l’usine Tougres Ceramic était fin prête et a démarré sa
production avec 70% de matières premières importées et 42 employés
avec deux équipes en rotation 2x8. Dès le début, la plinthe produite
à l’usine des frères Bérraria a trouvé sa place sur le marché des
matériaux de construction, avec des prix de moins de 70% que celle
importée de l’étranger et qui était cédée à raison de 1200 da le
mètre linaire. Encore plus, elle est même produite selon les normes
européennes. La capacité de production est augmentée dès la première
année. L’usine fonctionne avec trois équipes en rotation. En 2004,
l’effectif est passé à 72 employés. Le prix de la plinthe mise sur
le marché est revu encore à la baisse. Ces résultats encouragent les
deux frères à se lancer dans l’extension de l’usine et
l’introduction de la fabrication d’un autre produit. Nous sommes à
la fin de l’année 2004, les deux frères décident de l’extension de
l’usine. Un projet qu’ils réalisent à 80%, sur les fonds propres de
l’entreprise.
Aujourd’hui, une
unité de production de dalle de sol est fin prête et sera mise en
marche au cours de ce mois d’octobre. 24 nouveaux postes d’emploi
ont été créés à cet effet. «Produire mieux et de meilleure qualité»
et Tougres CERAMIC : un label de qualité» sont là les grands défis
que tentent chaque jour de relever Habib Berraia et son frère karim.
Aussi, ils sont en train de négocier des crédits pour un projet de
fabrication de la matière première. Laquelle, une fois produite ici,
va permettre d’optimiser encore plus le coût de fabrication.
Une volonté en
béton
Parmi les grands
objectifs que nourrissent les responsables de Tougres Ceramic,
couvrir le marché national de leurs produits, ce marché qui a des
besoins énormes en matériaux de construction pour les prochaines
années, le programme de 1 million de logements. «Dans les prochaines
années, nous pensons investir dans l’exportation de nos produits. Un
projet qui serait facile à réaliser vu que nous disposons de la
certification de nos produits, de la qualité, de la mise à niveau et
de la formation continue et actualisée de notre effectif.» Dans le
souci de développer leur activité, les deux frères ont décidé de
l’extension de leur usine. Ils envisagent donc trois grands
investissements qui tardent malheureusement à voir le jour faute de
disponibilité du foncier industriel. «Nous avons préparé les
dossiers de nos futurs investissements, nous avons besoin de
terrains qui soient en fonction des critères de nos
investissements», explique le gérant de Tougres Ceramic.
Aujourd’hui, les deux frères veulent produire à 100% algérien, avec
de nouvelles technologies. Pour eux, moderniser la production
nationale est un fait capital pour le marché des matériaux de
construction. «Déjà, ajoute-t-il, pour l’emballage, nous travaillons
avec une entreprise algérienne.» Les deux frères ont envisagé un
partenariat avec les espagnols pour la production du ciment colle,
ou ciment joint, un projet qui va permettre de diminuer
considérablement la consommation du sable dans la construction, et
la facture du traitement de sable des plages pour le débarrasser du
sel. Cela en plus du gain de temps. C’est un produit qu’on importe
aujourd’hui de l’étranger. On peut le produire chez nous à base de
ciment blanc, fabriqué lui aussi en Algérie, et auquel on ajoute un
autre produit. Ils pensent aussi à la production de la céramique, et
à installer une ligne de tuilerie. «L’utilisation de tuile dans la
construction revient à la mode, explique M Berraria, à cause de sa
grande capacité d’étanchéité et son côté esthétique.
Des contraintes
à la pelle
La bataille des
procédures et les lenteurs administratives, l’accès difficile aux
crédits bancaires, sont autant de contraintes qui freinent l’élan de
tout investisseur algérien, et l’empêchent de jouir des avantages
accordés officiellement par l’Etat dans ce sens. Les frères Berraria
ne sortent pas du lot et font eux aussi les frais de ces rouages
administratifs. «Avec notre activité, nous allons en ligne droite
avec la politique du pays, et nous pourrons faire beaucoup mieux
pour peu qu’on nous accorde de temps en temps des facilités pour
progresser», déplore M Berraria, en ajoutant que pour «aller vers un
de nos prochains investissements, il faut attendre trois à quatre
ans». En plus des contraintes administratives, l’entreprise doit sur
le terrain faire face à d’autres aléas techniques. Il s’agit des
coupures fréquentes d’électricité. «Il y a des jours où nous devons
subir 5 à 6 interruptions de l’énergie électrique par jour ; chose
qui affecte sensiblement et dangereusement nos équipements. Nous
enregistrons trois à quatre dégâts conséquents sur nos machines par
an, à cause de ces coupures. Nous avons installé un générateur
électrique, mais notre production connaît quand même des
perturbations», déplore notre industriel. L’importations de chine
des matériaux de construction, avec des déclarations de prix
dérisoires et des registres du commerce non spécialisés contribue
largement à la déstabilisation du marché algérien et nuit aux
produits Tougres Ceramic. Enfin, l’entreprise doit faire face au
problème du tournant vert, et à l’instabilité de la main-d’œuvre.
H. G.
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