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Mourad Moula, P-DG des laboratoires Vénus

Une expérience réussie

 

Reportage réalisé

Par

Habiba Ghrib

 

 24/09/07

 

 

En se présentant, il met toujours en avant l’esprit de famille qui caractérise son entreprise. Un esprit qu’il a hérité au début de sa carrière dans les affaires et qu’il a réussi par la suite à  inculquer à ses enfants, puisque trois de ses fils y travaillent aujourd’hui avec lui. A 56 ans, Mourad Moula, le président- directeur général des  laboratoires Vénus cosmétiques, est cet industriel natif de Blida, qui a franchi un jour le monde de la cosmétologie en lançant les trois shampooings vénus, premiers d’une gamme de  produits qui se distingue aujourd’hui autant par sa diversité que par le rapport qualité-prix qu’elle offre, et enfin par le fait qu’elle réponde aux normes internationales.

 

«Ma famille est originaire de Kabylie, mais elle est venue s’installer ici à Blida dans les années 50», nous révèle-t-il. Financier de formation, il se lance dans les années 70 dans le commerce des cosmétiques avec ses frères,  pour se convertir par la suite en fabriquant. Aujourd’hui, il est père de quatre enfants et à la tête d’une  entreprise qui emploie 180 personnes et fabrique une gamme de plus de 70 produits. Notre homme d’affaires déclare que son temps est tellement chargé qu’il n’a pas le temps de se consacrer  aux loisirs. Un temps qu’il  partage entre son boulot, sa famille et ses occupations au sein du Club des entrepreneurs et industriels de la Mitidja (CEIMI). Mourad moula a été distingué en 2003 du prix de la performance décerné par le Club excellence management.  Et Comme la plupart des entreprises algériennes bien assises, les laboratoires Vénus contribuent activement à des opérations de sponsoring en faveur d’associations de jeunes et autres. 

Une marque hymne à la beauté

Un  flash-back dans l’histoire de cette entreprise nous fera découvrir que l’aventure avait débuté dans les années 70 avec la création de la «grossisterie Moula», une société familiale versée dans la distribution des produits cosmétiques. Par la suite, et à force d’observer le marché de la cosmétique,  l’idée de produire et de fabriquer ces produits en Algérie a frôlé  l’esprit de Moula, a germé jusqu’à donner naissance à une totale conversion du commerçant-grossiste à l’industriel.

Nous sommes en 1981, la toute nouvelle petite industrie toujours sous le signe de l’effort familial a démarré avec une dizaine de personnes et avec la production de trois shampooings aux extraits de fruits  portant le nom de Vénus, la déesse de l’amour. «Nos trois premiers  shampooings avaient connu à l’époque un succès  sensationnel. Nous étions quelques fabriquants seulement sur la scène», se rappelle Moula Mourad en nous montrant les échantillons de ses trois premiers shampooings : «L’ouverture du marché aidant, nous avons commencé à nous organiser pour élargir notre gamme de produits et à la diversifier. Du produit d’hygiène corporelle aux produits d’hygiène dentaire et para-pharmaceutique en passant par les produits de soins dermiques, aux déodorants corporels et aux produits de soins pour bébé, nous sommes passés à la parfumerie et aux produits de soins et beauté. Nous avons même tenté pour une période l’expérience de la production de teinture pour les cheveux», explique le P-DG des laboratoires Vénus. 

D’abord le savoir-faire

Assis sur une superficie de 10 500m², dont 3 300m², les laboratoires  qui sont implantés dans la zone industrielle d’Ouled Yaïch, à Blida, se composent d’une unité ancienne datant de 1981 et d’une nouvelle et  moderne, sise à 300m de la première, laquelle est destinée à la fabrication et au conditionnement des produits aérosols. «Nous employons actuellement 180 personnes, entre cadres et techniciens. Nos laboratoires  enregistrent un chiffre d’affaires qui évolue annuellement d’un taux de 12à 15%» dévoile le P-DG, avant de déclarer que son entreprise mise depuis son lancement en grande partie sur le développement des ressources Humaines. «La formation en permanence  de l’ensemble de  notre personnel reste un facteur très important dans notre réussite» avance-t-il en ajoutant : «Qu’il s’agisse de stages de formation à l’échelle interne ou externe, nous veillons à ce que nos jeunes aient tous la possibilité de s’améliorer». «Certains de nos cadres et éléments qui sont proches du produit bénéficient quant à eux de formations à l’étranger», ajoute-t-il en précisant par ailleurs qu’indépendamment de cela, il existe des conventions entre les laboratoires et l’université de Blida, qui portent sur la formation d’étudiants dans le cadre d’une  licence en cosmétologie. «Une fois leur cycle terminé, nous allons récupérer les meilleurs lauréats de cette branche» précise-t-il. Tous les ans, les laboratoires Vénus ouvrent grandes leurs portes devant une moyenne de 100 étudiants en fin de cycle et dans plusieurs filières. Une salle de cours avec micr- ordinateurs a été aménagée à cet effet. «Nous avons recruté pas mal de ces jeunes après l’obtention de leurs diplômes», nous explique M. Moula qui tient par ailleurs à préciser en revenant au personnel permanent de son entreprise que «toutes les conditions de travail sont réunies (formation, respect, sport au sein de l’entreprise, œuvres sociales) et qu’un véritable esprit de famille y  règne depuis le début».     

 Cinq déodorants en vogue

Sans donner d’indication précise quant à la position de ses produits sur le marché algérien, M. Moula dira que certains des produits Vénus sont très appréciés par le consommateur algérien. «Cela est dû au fait qu’ils répondent aux exigences de la norme et sont par conséquent identiques aux produits fabriqués à l’étranger» explique-t-il. Pour ce qui est de la distribution de l’ensemble de la gamme, un réseau de grossistes et de distributeurs à l’échelle nationale a été mis en place. Un réseau «bon et efficace» de l’avis de M. Moula, qui précisera que les commerciaux de l’entreprise sillonnent le pays pour suivre et superviser la vente des produits.    Les laboratoires qui ont lancé l’été dernier leur gamme de produits solaires, le lait et l’huile solaire innovent durant cette rentrée  en lançant leurs cinq nouveaux déodorants (vaillante, émouvante, naturelle, unique et sensible). Une première pour la gamme Vénus, une des cinq nouveautés est fabriquée sans alcool. L’enjeu ne s’arrête pas là puisqu’il est aussi question de la mise prochainement sur le marché de trois nouveaux shampooings, de deux crèmes pour cheveux et d’une crème hydratante.     

La qualité en ligne de mire

C’est pour cela que le P-DG a veillé à tisser des rapports solides avec des fournisseurs étrangers de renom. «La matière première est importée de l’étranger». Il a par ailleurs œuvré à ce que son entreprise réponde en tous points aux normes internationales en vigueur. Il dira à ce propos que les laboratoires Vénus sont certifiés ISO 9001, version 2000 depuis avril 2003. «Cela implique que nous travaillons avec les normes internationales, donc nous sommes soumis aux mêmes exigences que les grandes marques internationales. Nous nous sommes aussi engagés  pour la certification  ISO 14001. Nous allons passer l’examen avant la fin de l’année».  Toujours en matière de veiller à la qualité du produit, on apprendra que le personnel  technique au niveau de l’entreprise supervise à travers les deux laboratoires de contrôle l’ensemble de la matière première (contrôle physico-chimique) et la production et produit fini (contrôle microbiologique).

 Notre industriel tient à préciser par ailleurs que ses laboratoires sont « tenus par la réglementation en vigueur» donc, dit-il, «il est hors de question de mettre n’importe quoi sur le marché». De ce fait, il nous expliquera que tout nouveau produit passera automatiquement une série de tests de toutes sortes avant d’arriver sur le marché. 

La menace de la contrefaçon

Comme toutes les entreprises de production de cosmétologie, les laboratoires Vénus doivent faire face au problème du marché informel, de la concurrence et surtout de la contrefaçon. «La contrefaçon est un véritable fléau qui a pris d’ailleurs de l’ampleur depuis la  libéralisation du commerce extérieur.  Il est important  aujourd’hui d’unir tous les efforts pour combattre ce fléau, car il représente une atteinte à l’économie nationale et pose un sérieux  problème de santé publique. Mais le contrôle de qualité et la vigilance doit se faire d’abord au niveau de nos frontières. C’est vrai que le marché est inondé de produits contrefaits, mais il y a aussi des fabricants locaux qui font de la contrefaçon. Nous même avons subi ce phénomène et la réaction des consommateurs a été rapide, en faisant la différence sur la qualité du produit. Nous avons pu localiser une entreprise à Alger et la procédure judiciaire a été engagée, mais en vain, le fauteur avait disparu dans la nature. Pour ce qui est de l’informel, c’est un facteur qui nous perturbe énormément au même titre que la concurrence déloyale de certaines marque», ajoute-t-il. Mais loin de se laisser abattre, M. Moula nous avoue avec une grande conviction qu’il est loin de baisser les bras. «Nous sommes en train de lutter contre ces fléaux à travers les campagnes de sensibilisation. Nous sommes obligés de communiquer de façon intense et d’être toujours proches du consommateur. Nous espérons qu’un jour ou l’autre, avec l’implication des autorités publiques, arriver à atténuer  ces fléaux. Nous avons consenti des efforts de rapprochement entre les producteurs de cosmétiques.  Le contact existe déjà, mais il faudrait le redynamiser davantage, chose à laquelle ont s’attelle pour la concrétiser avant la fin de l’année.

Des projets d’exportation

Depuis 12 ans, les laboratoires Vénus entretiennent une relation de partenariat avec  une entreprise française «Sofia Cosmétiques», dans le cadre du développement de la gamme de produits pharmaceutiques. «Nous sommes très satisfaits de ce partenariat, grâce auquel nous avons obtenu l’assistance technique de ce professionnel, un complément de formations pour notre personnel et un transfert de savoir-faire de haut niveau» explique le P-DG de l’entreprise.

Le premier responsable de l’entreprise pense aujourd’hui beaucoup  à développer l’exportation de sa gamme de produits. Toute une organisation est mise actuellement en place en vue d’introduire le marché maghrébin et africain. «Mais avant, et dans le but de nous faire connaître encore mieux, nous allons  participer à toutes les foires internationales et aux rencontres et salons qui se tiendront en Afrique et au Maghreb plus précisément», conclu le P-DG des laboratoires Vénus.

H. G.

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