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En se présentant, il met toujours en avant l’esprit de famille qui
caractérise son entreprise. Un esprit qu’il a hérité au début de sa
carrière dans les affaires et qu’il a réussi par la suite à
inculquer à ses enfants, puisque trois de ses fils y travaillent
aujourd’hui avec lui. A 56 ans, Mourad Moula, le président-
directeur général des laboratoires Vénus cosmétiques, est cet
industriel natif de Blida, qui a franchi un jour le monde de la
cosmétologie en lançant les trois shampooings vénus, premiers d’une
gamme de produits qui se distingue aujourd’hui autant par sa
diversité que par le rapport qualité-prix qu’elle offre, et enfin
par le fait qu’elle réponde aux normes internationales.
«Ma
famille est originaire de Kabylie, mais elle est venue s’installer
ici à Blida dans les années 50», nous révèle-t-il. Financier de
formation, il se lance dans les années 70 dans le commerce des
cosmétiques avec ses frères, pour se convertir par la suite en
fabriquant. Aujourd’hui, il est père de quatre enfants et à la tête
d’une entreprise qui emploie 180 personnes et fabrique une gamme de
plus de 70 produits. Notre homme d’affaires déclare que son temps
est tellement chargé qu’il n’a pas le temps de se consacrer aux
loisirs. Un temps qu’il partage entre son boulot, sa famille et ses
occupations au sein du Club des entrepreneurs et industriels de la
Mitidja (CEIMI). Mourad moula a été distingué en 2003 du prix de la
performance décerné par le Club excellence management. Et Comme la
plupart des entreprises algériennes bien assises, les laboratoires
Vénus contribuent activement à des opérations de sponsoring en
faveur d’associations de jeunes et autres.
Une marque
hymne à la beauté
Un flash-back
dans l’histoire de cette entreprise nous fera découvrir que
l’aventure avait débuté dans les années 70 avec la création de la «grossisterie
Moula», une société familiale versée dans la distribution des
produits cosmétiques. Par la suite, et à force d’observer le marché
de la cosmétique, l’idée de produire et de fabriquer ces produits
en Algérie a frôlé l’esprit de Moula, a germé jusqu’à donner
naissance à une totale conversion du commerçant-grossiste à
l’industriel.
Nous sommes en
1981, la toute nouvelle petite industrie toujours sous le signe de
l’effort familial a démarré avec une dizaine de personnes et avec la
production de trois shampooings aux extraits de fruits portant le
nom de Vénus, la déesse de l’amour. «Nos trois premiers shampooings
avaient connu à l’époque un succès sensationnel. Nous étions
quelques fabriquants seulement sur la scène», se rappelle Moula
Mourad en nous montrant les échantillons de ses trois premiers
shampooings : «L’ouverture du marché aidant, nous avons commencé à
nous organiser pour élargir notre gamme de produits et à la
diversifier. Du produit d’hygiène corporelle aux produits d’hygiène
dentaire et para-pharmaceutique en passant par les produits de soins
dermiques, aux déodorants corporels et aux produits de soins pour
bébé, nous sommes passés à la parfumerie et aux produits de soins et
beauté. Nous avons même tenté pour une période l’expérience de la
production de teinture pour les cheveux», explique le P-DG des
laboratoires Vénus.
D’abord le
savoir-faire
Assis sur une
superficie de 10 500m², dont 3 300m², les laboratoires qui sont
implantés dans la zone industrielle d’Ouled Yaïch, à Blida, se
composent d’une unité ancienne datant de 1981 et d’une nouvelle et
moderne, sise à 300m de la première, laquelle est destinée à la
fabrication et au conditionnement des produits aérosols. «Nous
employons actuellement 180 personnes, entre cadres et techniciens.
Nos laboratoires enregistrent un chiffre d’affaires qui évolue
annuellement d’un taux de 12à 15%» dévoile le P-DG, avant de
déclarer que son entreprise mise depuis son lancement en grande
partie sur le développement des ressources Humaines. «La formation
en permanence de l’ensemble de notre personnel reste un facteur
très important dans notre réussite» avance-t-il en ajoutant : «Qu’il
s’agisse de stages de formation à l’échelle interne ou externe, nous
veillons à ce que nos jeunes aient tous la possibilité de
s’améliorer». «Certains de nos cadres et éléments qui sont proches
du produit bénéficient quant à eux de formations à l’étranger»,
ajoute-t-il en précisant par ailleurs qu’indépendamment de cela, il
existe des conventions entre les laboratoires et l’université de
Blida, qui portent sur la formation d’étudiants dans le cadre d’une
licence en cosmétologie. «Une fois leur cycle terminé, nous allons
récupérer les meilleurs lauréats de cette branche» précise-t-il.
Tous les ans, les laboratoires Vénus ouvrent grandes leurs portes
devant une moyenne de 100 étudiants en fin de cycle et dans
plusieurs filières. Une salle de cours avec micr- ordinateurs a été
aménagée à cet effet. «Nous avons recruté pas mal de ces jeunes
après l’obtention de leurs diplômes», nous explique M. Moula qui
tient par ailleurs à préciser en revenant au personnel permanent de
son entreprise que «toutes les conditions de travail sont réunies
(formation, respect, sport au sein de l’entreprise, œuvres sociales)
et qu’un véritable esprit de famille y règne depuis le début».
Cinq
déodorants en vogue
Sans donner
d’indication précise quant à la position de ses produits sur le
marché algérien, M. Moula dira que certains des produits Vénus sont
très appréciés par le consommateur algérien. «Cela est dû au fait
qu’ils répondent aux exigences de la norme et sont par conséquent
identiques aux produits fabriqués à l’étranger» explique-t-il. Pour
ce qui est de la distribution de l’ensemble de la gamme, un réseau
de grossistes et de distributeurs à l’échelle nationale a été mis en
place. Un réseau «bon et efficace» de l’avis de M. Moula, qui
précisera que les commerciaux de l’entreprise sillonnent le pays
pour suivre et superviser la vente des produits. Les laboratoires
qui ont lancé l’été dernier leur gamme de produits solaires, le lait
et l’huile solaire innovent durant cette rentrée en lançant leurs
cinq nouveaux déodorants (vaillante, émouvante, naturelle, unique et
sensible). Une première pour la gamme Vénus, une des cinq nouveautés
est fabriquée sans alcool. L’enjeu ne s’arrête pas là puisqu’il est
aussi question de la mise prochainement sur le marché de trois
nouveaux shampooings, de deux crèmes pour cheveux et d’une crème
hydratante.
La qualité en
ligne de mire
C’est pour cela
que le P-DG a veillé à tisser des rapports solides avec des
fournisseurs étrangers de renom. «La matière première est importée
de l’étranger». Il a par ailleurs œuvré à ce que son entreprise
réponde en tous points aux normes internationales en vigueur. Il
dira à ce propos que les laboratoires Vénus sont certifiés ISO 9001,
version 2000 depuis avril 2003. «Cela implique que nous travaillons
avec les normes internationales, donc nous sommes soumis aux mêmes
exigences que les grandes marques internationales. Nous nous sommes
aussi engagés pour la certification ISO 14001. Nous allons passer
l’examen avant la fin de l’année». Toujours en matière de veiller à
la qualité du produit, on apprendra que le personnel technique au
niveau de l’entreprise supervise à travers les deux laboratoires de
contrôle l’ensemble de la matière première (contrôle
physico-chimique) et la production et produit fini (contrôle
microbiologique).
Notre industriel
tient à préciser par ailleurs que ses laboratoires sont « tenus par
la réglementation en vigueur» donc, dit-il, «il est hors de question
de mettre n’importe quoi sur le marché». De ce fait, il nous
expliquera que tout nouveau produit passera automatiquement une
série de tests de toutes sortes avant d’arriver sur le marché.
La menace de la
contrefaçon
Comme toutes les
entreprises de production de cosmétologie, les laboratoires Vénus
doivent faire face au problème du marché informel, de la concurrence
et surtout de la contrefaçon. «La contrefaçon est un véritable fléau
qui a pris d’ailleurs de l’ampleur depuis la libéralisation du
commerce extérieur. Il est important aujourd’hui d’unir tous les
efforts pour combattre ce fléau, car il représente une atteinte à
l’économie nationale et pose un sérieux problème de santé publique.
Mais le contrôle de qualité et la vigilance doit se faire d’abord au
niveau de nos frontières. C’est vrai que le marché est inondé de
produits contrefaits, mais il y a aussi des fabricants locaux qui
font de la contrefaçon. Nous même avons subi ce phénomène et la
réaction des consommateurs a été rapide, en faisant la différence
sur la qualité du produit. Nous avons pu localiser une entreprise à
Alger et la procédure judiciaire a été engagée, mais en vain, le
fauteur avait disparu dans la nature. Pour ce qui est de l’informel,
c’est un facteur qui nous perturbe énormément au même titre que la
concurrence déloyale de certaines marque», ajoute-t-il. Mais loin de
se laisser abattre, M. Moula nous avoue avec une grande conviction
qu’il est loin de baisser les bras. «Nous sommes en train de lutter
contre ces fléaux à travers les campagnes de sensibilisation. Nous
sommes obligés de communiquer de façon intense et d’être toujours
proches du consommateur. Nous espérons qu’un jour ou l’autre, avec
l’implication des autorités publiques, arriver à atténuer ces
fléaux. Nous avons consenti des efforts de rapprochement entre les
producteurs de cosmétiques. Le contact existe déjà, mais il
faudrait le redynamiser davantage, chose à laquelle ont s’attelle
pour la concrétiser avant la fin de l’année.
Des projets
d’exportation
Depuis 12 ans, les
laboratoires Vénus entretiennent une relation de partenariat avec
une entreprise française «Sofia Cosmétiques», dans le cadre du
développement de la gamme de produits pharmaceutiques. «Nous sommes
très satisfaits de ce partenariat, grâce auquel nous avons obtenu
l’assistance technique de ce professionnel, un complément de
formations pour notre personnel et un transfert de savoir-faire de
haut niveau» explique le P-DG de l’entreprise.
Le premier
responsable de l’entreprise pense aujourd’hui beaucoup à développer
l’exportation de sa gamme de produits. Toute une organisation est
mise actuellement en place en vue d’introduire le marché maghrébin
et africain. «Mais avant, et dans le but de nous faire connaître
encore mieux, nous allons participer à toutes les foires
internationales et aux rencontres et salons qui se tiendront en
Afrique et au Maghreb plus précisément», conclu le P-DG des
laboratoires Vénus.
H. G.
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