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Région historique et agricole

Tiaret, La wilaya la plus pauvre d’Algérie

 

Enquête réalisé

Par

Habiba Ghrib

 

 08/02/07

 

Un rapport sur la pauvreté en Algérie, élaboré en 2006 par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale, a classé Tiaret au dernier rang des wilayas les plus démunies.

 

 

Circuler dans la ville de Tiaret par cette journée, un peu trop ensoleillée pour un mois de janvier, vous met devant un véritable paradoxe. Il est très étonnant de voir qu’une nouvelle ville au cachet moderne est en train de s’ériger au beau milieu de l’ancienne cité, rongée par le vieux bâti, les chantiers de construction qui s’éternisent, le commerce informel et un aspect rural incontournable.

Alors que les efforts consentis, depuis des années pour éradiquer l’habitat précaire et les bidonvilles, sont parvenus à réduire au maximum le nombre de baraques  qui enlaidissaient le paysage, les solutions de transition adoptées à l’époque font aujourd’hui que Tiaret est en train de subir un retour de manivelle brutal.

Les formules engagées tels les projets de l’aide à l’autoconstruction et le RHP (résorption de l’habitat précaire), n’ont contribué en fait qu’à créer, à long terme, de véritables plaies dans la ville, à savoir les deux quartiers à la lourde réputation : «Dar ou couzina» ou quartier «Sonatiba» et le quartier Volani (Belhouari), mais c’est le premier quartier qui pose le plus de problèmes.

L’un comme l’autre, les deux quartiers avec leurs nouvelles constructions appartenant à des particuliers, souvent inachevées et ne répondant pas, pour la plupart, aux normes architecturales d’usage, leurs chaussées délabrées et poussiéreuses et les matériaux de construction qui jonchent les trottoirs et s’amoncellent devant les entrées des petites maisonnettes collées les unes aux autres, offrent un spectacle triste et désolant. Pour protéger leurs biens (les matériaux de construction), les habitants n’hésitent pas à les entourer de fils barbelés ou avec des filets métalliques qu’ils maintiennent au sol avec de grosses pierres. Cela sans oublier les fûts en métal, les poutres en bois et des barres de fer forgé. Les entraves à l’environnement et les obstructions de la voie publique sont légion dans ces quartiers, où toute réglementation semble inexistante. Il n’est pas exclu de voir des gens squatter une partie du trottoir, ou bien élever des murs à proximité d’un pylône électrique, sans penser aux risques que cela pourrait présenter.

 «Dar ou couzina», une poche de misère

 A voir ce quartier à l’architecture bizarre, avec toute la désolation, les signes de pauvreté et de misère qu’il présente, on comprendra alors d’où vient en partie cette étiquette d’indigence qui colle aujourd’hui à la wilaya. Ce sont des numéros peints grossièrement sur les portes en fer forgé ou sur les murs aux façades inachevées et aux fenêtres closes qui différentient les maisons presque identiques. Ici, il n’y a pas de plaques portant les noms de rues, il faut être guidé par un des habitant pour pouvoir trouver son chemin. En dehors des deux écoles primaires, dont la clôture extérieure de l’un a été transformée en dépotoir sauvage, il n’existe aucune autre infrastructure d’utilité publique. Le cachet rural a fini par prendre le dessus sur celui de la cité. De petits troupeaux de

chèvres et de moutons circulent librement en suivant un chemin habituel à travers les rues du quartier. Ces bêtes représentent pour beaucoup de familles une raison d’être, à voir les soins avec lesquels elles sont entourées. Les terrasses des maisonnettes du quartier ressemblent à des dépôts de ferraille avec toutes ces tôles en zinc, en Eternit, les fûts métalliques, les barres de fer, du bois, des pierres taillées, des briques et des parpaings, des ustensiles en plastique et autres bric-à -brac qu’ont récolté les propriétaires et qui donnent l’impression qu’un bidonville s’est installé au-dessus du quartier.

C’est l’inscription «A vendre», très répandue d’ailleurs, qui attire l’attention. On la retrouve sur les murs et ou sur les portes de la plupart des maisons, peinte en caractères difformes et dans des couleurs tape-à-l’œil. Est-ce là un signe révélateur qui exprime l’envie de tout ce monde de quitter les lieux et la misère poignante qui y règne ? C’est éventuellement ce que pourrait penser un étranger au quartier. Mais il se trouve que la réalité est tout autre. «Les maisons ont été revendues à plusieurs reprises déjà, elles dépassent aujourd’hui 40 et 50 millions de centimes. Leur prix va sûrement augmenter après leur récent raccordement au gaz de ville», assure Benaouda, un habitant du quartier.

Des jeunes livrés à eux-mêmes

Les regards vifs qui démasquent du coup tout étranger au quartier ne cachent pas leur curiosité. Les chuchotements vont alors bon train à propos de ce fait nouveau qui vient casser la routine du quotidien. «Ici, rien ne se passe hormis les disputes et les va-et-vient des nouveaux propriétaires, comme vous pouvez le voir, chacun vit en reclus. Rares sont les artères où règnent des relations de bon voisinage», témoigne Mohamed, un jeune de 25 ans qui gagne sa vie en revendant de la pièce de rechange d’occasion et qui habite le quartier depuis trois ans. «Il n’ y a rien dans ce quartier pour distraire les jeunes, en dehors de quelques cafés et de rares salles de jeux, sinon de rester près de chez soi, si toutefois on ne dérange pas le propriétaire de la maison mitoyenne», ajoute notre interlocuteur, qui déplore «le manque flagrant de transport en commun dans ce quartier. Il faut aller jusqu’au grand boulevard pour prendre un taxi à 50 DA ou bien attendre le taxi collectif pour voyager comme dans une boite à sardines», ajoute Mohamed. Le jeune homme déplore le fait que de nombreux jeunes versent dans la drogue et l’alcool, dérivant chaque jour un peu plus dans la délinquance, pour «tuer le temps». «Les débouchés professionnels sont rares et il faut dire que nous autres jeunes souffrons de la déperdition scolaire, entre le travail de la terre, le commerce informel et la maçonnerie, les alternatives restent très faibles pour la majorité d’entre nous» ajoute-t-il.

«Les mentalités ont énormément changé»

 Pour beaucoup d’enfants de Tiaret, ce sont les mentalités qui ont changé au fil des jours et dans le sens négatif. Et c’est à partir de là que s’est installé ce cachet de misère et de pauvreté qui fait aujourd’hui ombrage à la réputation de la ville. Ajouté à cela la fuite d’une grande partie de l’élite intellectuelle, l’exode vers les villes côtières d’Algérie, l’exode rural, l’absence d’un mouvement associatif sensé défendre la culture et l’art, le sport et le civisme, ont fait que les conditions de vie ont atteint des proportions alarmantes dans la ville de Tiaret.

 «Les choses ne sont plus les mêmes, tout à changé, les vrais Tiaretis ont quitté la ville, ceux qui sont restés se sont renfermés sur eux-mêmes, il n’ y a plus d’activités culturelles comme avant, ni de manifestations qui suscitent l’intérêt, pas de salle de cinéma, pas de représentations théâtrales, pas d’infrastructure sportives pour les jeunes, et dire que notre ville avait connu jadis ses heures de gloire dans tous les domaines», déplore Wahiba une jeune femme habitant le centre-ville. Son avis est souvent partagé par de nombreux citoyens qui déplorent quant à eux le fait que le rural s’est profondément ancré et à étouffé la vie citadine. «Ya hasrah â’la la place Carnot, la place des Martyrs, où les courageux fils de Tiaret y ont laissé leur vie, ont été torturés et affreusement mutilés. La place-symbole est aujourd’hui souillée par tous ces ‘âroubia’, qui ne respectent rien ni personne», désapprouve Khalti Kheira, une sexagénaire habitant le quartier de «dar ou couzina», et envisage de revendre sa maison et de partir ailleurs. La bonne veille dame au visage serein et aux tatouages très expressifs, qui accentuent son regard vif et intelligent, ne cache pas sa grande déception et sa colère quant à l’état de dégradation constaté. «Ces gens-là n’ont aucun respect pour el m’dina (la ville). Ils viennent et s’installent avec leur cheptel qu’ils hébergent à l’intérieur même de leur maison. Ils imposent même leurs traditions aux citadins. Vous n’avez qu’à voir mes voisins qui se casent dans une seule pièce, alors qu’ils sont nombreux pour laisser la seconde pièce à leurs chèvres et brebis. Et ces femmes qui installent leurs fours traditionnels (kouchet laâreb) sur les toits des maisons et nous asphyxient lorsqu’elles les utilisent en se servant des déchets plastiques qu’elles récupèrent dans la décharge sauvage derrière l’école primaire», ajoute t-elle avec désolation. Khaled, un autre habitant qui porte le nom du saint patron de la ville, et qui gagne sa vie comme chauffeur de taxi s’indigne quant à lui du comportement de certains de ses concitoyens, qui se croient toujours à la campagne et interdisent aux taxis collectifs et aux voitures de stationner à proximité des cités, même si l’arrêt est réglementé, parce qu’ils dérangent leur intimité !

Le mouvement associatif absent

Alors que certains citoyens accusent l’administration et les pouvoirs publics de ne pas bouger le petit doigt pour tenter d’améliorer le quotidien des personnes démunies, d’autres incriminent la passivité du Mouvement associatif. Les rares associations n’activent que pour gérer leurs propres intérêts. Ils sont pour la plupart carrément out. «Pas de campagne de sensibilisationn, pas de mobilisation au profit des jeunes et des moins jeunes, leurs soucis majeurs et de spéculer sur des subventions. Il est temps que cela change et que la société civile s’implique dans les affaires de la population de Tiaret», a avancé un cadre universitaire.

 

Les marchands de sable

Il ne s’agit pas de «vendeurs de sommeil», mais de jeunes chômeurs de Tiaret, dont le nombre s’agrandit de plus en plus et qui ont trouvé le moyen de gagner de l’argent grâce à l’extraction du sable des parois de la colline surplombant l’Oued Tolba. Pioche, pelle, tamis et brouettes constituent le matériel de fortune qu’utilisent ces jeunes pour extraire le sable de la carrière. Un vrai labeur de travaux forcés accompli par ces jeunes chômeurs, poussés par la misère et le besoin. Le sable extrait est vendu à raison de 2 000 à 2 500 DA le camion de 3,5 tonnes, de quoi vivre une semaine pour ces jeunes, qui ont opté pour cette très difficile tâche au lieu de verser dans la délinquance, ajoute l’élu. Et comme ils s’attaquent aux parois de la colline, çà et là et contribuent par ce fait à accélérer sa corrosion, les autorités ferment les yeux sur cette atteinte à l’environnement. Mais il est évident que les autorités locales ferment les yeux en préférant que les jeunes s’occupent de la sorte au lieu de verser dans la délinquance.

D’autres jeunes s’attaquent aux blocs de granite, qui pillulent un peu partout dans les terrains vagues, qu’entourent les cités et habitations. Ces rochers, vestiges de chantiers de constructions proviennent du sol rocailleux. Ils sont concassés à l’aide de pioches et de massettes et réduites en pierres taillées revendues pour la construction de nouvelles maisons.  H. G.

 

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Une balade à Tiaret

Au mépris des règles d’urbanisme

Loin du quartier le plus défavorisé de la ville, la balade nous conduit dans d’autres artères où les marques de pauvreté sont palpables, cela malgré la touche de changement poignante et la mutation qui s’opère à grande vitesse. Car il est rare en circulant à Tiaret de trouver des enseignes lumineuses et des plaques d’indications sur les activités commerciales à Tiaret. Ici la nomenclature fonctionne encore à l’écriture au pinceau et à la peinture, avec toutes les fautes et l’entorse à la normalisation que cela puisse inclure. Les fellahs de la région et les exploitants agricoles souffrent des rouages et des blocages administratifs et n’arrivent pas à bénéficier des avantages du PNDRA. «On nous exige de fournir des dossiers complexes et la communication dans les administrations laisse vraiment à désirer», se plaint un exploitant de la région.  Le parc immobilier ancien, qui se trouve être dans une état de vétusté très avancé, contribue lui aussi à enlaidir le cachet de la ville et représente un frein de taille, voire un véritable handicap devant la modernisation de la ville. Les vieilles maisons, en grand nombre d’ailleurs, fermées et abandonnées pour la plupart, sont un véritable danger permanent pour la sécurité des citoyens. Elles sont souvent au centre de litige entre héritiers, apprend-on. Des dizaines de baraques de fortune ont été construites sur un passage d’un pipeline. Les familles qui y résident de façon illicitecourent un grave danger. De nombreux citoyens, illettrés pour la plupart se sont plaints du mauvais traitement que leur réserve le personnel de certains centres de soins. «Le planton m’a empêchée à plusieurs reprises de voir le médecin et m’a même proposé de me prescrire lui-même un médicament pour l’hypertension», témoigne une dame en ajoutant qu’elle n’a pu voir le médecin qu’après avoir provoqué un véritable scandale. Le commerce informel et les étalages tenus par des jeunes et moins jeunes ont trouvé place dans les plus grandes artères de la ville. La place «Regina», qui abrite quelques petits kiosques et transformés le jour en un véritable marché noir, où la friperie concurrence les fruits et légumes. Certains chantiers de construction à l’abandon depuis des années, contribuent eux aussi à enlaidir le paysage. Un élu déplore le fait qu’aucune mesure n’est prise à l’encontre des exploitants de ces terrains pour les obliger à achever les travaux. La ville de Tiaret continue à fonctionner en matière de transport public avec les véhicules du suburbain et du rural et  des taxis à 50 DA la course. Les citoyens espèrent un plan de transport un peu plus moderne.  La plupart des cités de Tiaret sont des cités dortoirs. Les infrastructures de loisirs font cruellement défaut. Les cybercafés sont centrés dans quelques quartiers résidentiels et semi- résidentiels.

H. G.

 

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Un fort déplacement de population

«Tiaret est aujourd’hui otage des personnes qui se sont installées lors de la décennie noire et de celles de l’exode rural. Ils sont venus, se sont installés et ne se sont pas pour autant défiés de leur mode de vie rural. Pis encore, ils ont imposé leur diktat», témoigne un élu avant de nous donner un aperçu sur l’historique du fameux quartier des 1 300 lotissements : «Ce quartier, a-t-il dit, a vu le jour dans les années 1990, c’était à l’époque une solution extrême au problème sécuritaire et social que posait alors le bidonville de Zaâroura». Les petites baraques qui poussaient alors comme des champignons et s’étendaient à vue d’œil sur le lit de l’oued servaient de refuge aux familles de l’exode rural et de plus en plus à celles qui fuyaient le terrorisme, et qui venaient des wilayas limitrophes. Ces gens étaient aussi attirés par l’économie artisanale qu’offrait la wilaya en tant que région à vocation agricole et pastorale. En s’agrandissant de la sorte, le bidonville Zâaroura était devenu un des fiefs du terrorisme et menaçait, de par sa position, la sécurité de la ville. C’est l’une des raisons majeures qui avaient poussé le wali de l’époque à prendre la décision de l’éradiquer complètement en créant un programme urgent de relogement. Et c’est ainsi qu’est né le fameux quartier des 1 300 lotissements, ou le quartier appelé encore aujourd’hui «Dar ou cousina» (une pièce-cuisine). «Sans être inscrit en PCD, ni disposant de fonds, le projet de réalisation des logements de recasement a été octroyé à des entrepreneurs locaux. Pour les payer, l’OPGI les a autorisés à encaisser leur dû auprès des bénéficiaires, qui ont payé, chacun, la somme de 7 millions de centimes.

Cette somme est aujourd’hui réglée à L’OPGI par les nouveaux acquéreurs lorsque les maisons sont revendues», nous explique notre interlocuteur. On apprendra par ailleurs que l’idée d’éradiquer ce quartier qui ne répond à aucune norme a été émise dernièrement par le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme.

H. G.

 

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Tiaret se modernise

De grands et lourds projets en chantier

Malgré le cachet de pauvreté qui caractérise la  wilaya de Tiaret, il convient de préciser que cette dernière connaît depuis quelques années une véritable modernisation. Les mutations  engagées sont telles que la wilaya est destinée à devenir dans les prochaines années un pôle économique de grande envergure et un port terrestre reliant les régions de l’intérieur aux villes du Nord et du Sud. La wilaya de Tiaret a bénéficié d’une enveloppe conséquente entre le programme de soutien à la relance économique et celui des Hauts Plateaux. La wilaya connaît depuis quelques années un véritable bond en avant. Ils sont plus de

2 000 entreprises locales engagées sur les chantiers lancées et qui connaissent dans leur totalité un fort taux d’avancement des travaux. L’avance est visible dans le secteur des travaux publics. Des voix doubles élargies, de nouvelles routes et des voies express, des échangeurs et trémies rendent la circulation plus souple en ville. L’urbanisme connaît lui aussi de grands progrès. Selon les responsables locaux, «la crise du logement est actuellement bien prise en charge. La wilaya a bénéficié de fonds pour la construction de près de 20 000 unités inscrits dans le programme quinquennal et celui des Hauts Plateaux».  Avec ses 104 projets, répartis entre les travaux publics, l’industrie légère, la santé, l’aménagement et l’urbanisme, l’éducation, le tourisme, les forêts, la culture etc., le programme des Hauts Plateaux est venu renforcer celui quinquennal et apporter par conséquent plus d’opportunités à la wilaya dans son élan vers la modernisation. D’autres marques de changements apparaissent au niveau des deux secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur, qui ont bénéficié d’un intérêt particulier. Aujourd’hui Tiaret est en phase d’avoir son pôle universitaire et son auditorium. De nombreux établissements scolaires ont vu le jour. D’autres ont été retapés à neuf. Un complexe commercial de conception architecturale des plus modernes a été réalisé à la place Régina, il est aussi doublé d’une salle de conférence. L’agriculture et l’industrie connaissent aussi des changements. L’industrie à Tiaret connaît, elle aussi, quelques mutations avec l’intéressement des étrangers comme les Chinois, les Français et les Allemands à la région.  Si le secteur de l’hydraulique a enregistré d’excellents résultats, l’agriculture peine toujours avec les problèmes du PNDRA.  La wilaya qui recèle par ailleurs d’importantes potentialités touristiques doit miser sur ce secteur et le promouvoir. On apprendra qu’une  association française de derby, dont le président est algérien, serait à Tiaret au mois d’avril pour un projet sur l’écho-tourisme. 

H. G.

 

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Entretiens

Hadidi Bouabdellah membre de l’UNEB

«Les services techniques ne sont pas à la page»

Spécialiste en bâtiment,  domicilié à Tiaret,  Hadidi Bouabdellah est membre du bureau national de l’Union nationale des entrepreneurs du bâtiment (Uneb). Il fait état à travers cet entretien du métier d’entrepreneur en bâtiment  à Tiaret et à l’échelle nationale.  

 

Le jour d’Algérie : Quels sont les problèmes que rencontrent actuellement les entrepreneurs dans l’exercices de leurs activités ?

Hadidi Bouabdellah : Actuellement ce qui a pu changer et on doit le reconnaître, c’est que les payements avancent mieux qu’avant. Maintenant il est à s’inquiéter sur les anciennes créances. Il est faut mettre en place une politique pour assainir les anciennes opérations. Aujourd’hui pour les nouvelles opérations,  le programme est consistant, il y a du travail pour toutes les entreprises, elles ont leurs équipements, elles ont leurs papiers à jour, car maintenant l’Etat exige la mise à jour pour la fiscalité et la parafiscalité. Ce que nous, nous voulons, c’est que l’entreprise algérienne commence à devenir importante,  c’est comment élever son niveau. Prenant  à titre d’exemple, l’adhésion à la carte  à la Chambre d’agriculture qui est obligatoire. Cette même carte est exigée dans n’importe quel dossier de soutien au ministère de l’Agriculture. Pour quelle raison ne fait-on pas de même pour des soumissions et des qualifications en exigeant aux postulants la carte d’adhésion à L’Uneb. Cela permettra à cette dernière de renforcer son côté financier pour pouvoir aller de l’avant afin de créer une administration qui s’occupera de l’entrepreneur et de la liaison, entrepreneur maître d’ouvrage.

 

Que pensez-vous en tant qu’entrepreneur en bâtiment de la faisabilité du programme de réalisation de 1 million de logements ?

 Ce programme peut coincer actuellement sur une chose  très importante. On veut éveiller la conscience des services de l’Etat et des grands responsables. Est-ce qu’ils se rendent compte de l’augmentation du prix des matériaux de construction, de leur indisponibilité parfois sur le marché. Actuellement la cimenterie de Chlef prend en charge  les besoins de sept ou  huit wilayas de l’Ouest, le sac de ciment est passé de 220 DA à 400 DA, si un entrepreneur qui consomme 200 ou 400 sacs/ jour, quel est l’impact de cette hausse en un mois pour ne pas dire  en une année, c’est le même problème pour les agrégats, le fer, le bois est passé du simple au double et tout le monde le sait. Est-ce qu’on a pensé un jour aux entreprises, à leur réviser leurs prix et à les actualiser ? M. le ministre de l’Habitat et de la Construction avait annoncé qu’il y avait une révision et une actualisations des prix des projets,  moi je le défie si c’est le cas au niveau  de la wilaya de Tiaret, hormis pour  5 % des 2 000 où 3 000 contrats, où on a donné à l’entrepreneur le droit à la révision et à l’actualisation des prix et je peux le prouver sur la base d’un sondage que j’ai réalisé personnellement.

 

Cette  réclamation  pour une révision des prix est-elle propre aux entrepreneurs de Tiaret, ou est-ce que le problème est d’ordre national ?

 Oui, ce problème se pose à l’échelle nationale. Je suis un membre du bureau national de l’Uneb, la contrainte de l’actualisation des prix a été posée à maintes reprises lors des réunions, par les représentants des quatre coins du pays. L’entreprise algérienne est là, elle a prouvé ses capacités, et tous les responsables ont été convaincus. Le ministre de l’Habitat l’a reconnu personnellement : 85 % du programme a été exécuté par des entreprises algériennes.  Nous sommes là, accompagnez-nous pour aller plus loin, pour pouvoir être compétitifs avec les entreprises  étrangères. 

 

Comment peut se traduire selon vous l’accompagnement de l’Etat que vous êtes en train de réclamer ?

Il faut communiquer au maximum avec les entrepreneurs, créer des journées d’étude, des séminaires pour perfectionner l’entreprise, pour corriger les défauts que nous sommes en train de constater un peu partout. A titre d’exemple, pourquoi pas réaliser tous souvent des projections en salles de conférences, où les services techniques font état aux entrepreneurs des imperfections et des  défauts constatés lors de leur visite d’inspection et d’en débattre pour les corriger. Plus grave encore, je dirai qu’au niveau de la wilaya de Tiaret, et je peux le prouver, l’ensemble du personnel des services techniques de Tiaret ne fait jamais de perfectionnement, nous avons des éléments qui exercent à Tiaret depuis 20 ans et plus sans avoir jamais  fait de stage, ni participé à un séminaire, comment voulez-vous qu’un élément pareil  puisse en tant que service technique accompagner l’entrepreneur sans avoir lui-même de base solide. Je défie là encore, s’il existe un élément des services techniques à Tiaret capable d’étudier un sous-détail des prix. La Dlep de Tiaret continue de fonctionner jusqu’à ce jour avec les moyens de bord. Il est vrai aujourd’hui que la main-d’œuvre spécialisée manque comparativement au nombre des entreprises qui a augmenté.

 

Et pour ce qui est de la main-d’œuvre, est- elle conséquente et qualifié pour toutes les entreprises locales engagées sur les chantiers de Tiaret ? 

 La main-d’œuvre qualifiée fait souvent défaut pour beaucoup d’entreprises. Nous avons toujours combattu derrière la formation professionnelle. Si on dit qu’actuellement il y a beaucoup de fléaux sociaux, je me demande qu’est-ce qu’on attend pour passer effectivement à une formation sur terrain, elle est effective et les textes existent. J’étais membre d’une délégation en 2004, et on avait signé une convention-cadre avec la formation professionnelle. On voulait la faire appliquer sur le terrain,  en vain. L’idée de cette convention était que les autorités locales imposent à chaque entreprise de recruter un apprenti sur un projet et de lui assurer une formation sur le terrain, une qualification et de lui procurer aussi un poste d’emploi. Et vu qu’il y a 2 000 entreprises en chantier à Tiaret, nous aurons, par conséquent, pu sauver 2 000 jeunes du chômage.        

 

D’où vient la  critique faisant état que les entreprises algériennes sont lésées comparativement aux entreprises étrangères ? 

 Il existe bel et bien certains avantages qu’on ne peut pas accorder à l’Algérien pourquoi ? Il y a le prix, on dit toujours que l’entreprise  étrangère est mieux qualifiée. Nous avons été nous aussi mis à l’épreuve et les responsables ont reconnu nos capacités. Alors messieurs, prenez des mesures à l’encontre de tel ou tel entrepreneur, il va encore s’améliorer. Suivez-le sur le terrain, accompagnez-le réellement. Il n’ y a pas longtemps, j’ai visité le chantier de réalisation d’un échangeur-trémie à Tiaret. On  y a affecté  des entreprises privées sans aucun document contractuel, livrées à elles-mêmes. J’ai posé des question, on m’a répondu qu’elles n’ont même pas reçu la visite des éléments de  la DTP  pour leur dire ce qu’elles doivent faire ou pas. Ces entreprises travaillent au mot.

 

Que pensez-vous du projet de privatisation du CTC ?

Etant un ancien commis de l’Etat, je dirai que c’est trop tôt, il reste énormément à faire avant de procéder à cela, il n’ y a qu’à laisser ce service s’occuper des problèmes qui ont fait leur apparition après le séisme. Il serait plus judicieux toutefois de renforcer les CTC à l’échelle locale en moyens humains et en stages de formation pour leur personnel..

 

Un bilan sur l’Union  nationale des entrepreneurs en bâtiment ?  

L’Union est mal considérée. C’est vrai que nous sommes membre de certaines commissions de wilaya, mais ce n’est pas suffisant. Il serait bon que les services de l’Etat soient côte à côte avec nous, obligent les entreprises à adhérer à l’idée de l’Union, pour qu’ils (les services de l’Etat) en bénéficient en fin de compte. Quand on a un entrepreneur bien formé, bien préparé quant au code des marchés publics, quant à ses droits et ses devoirs en général, ils n’auront que des facilités de communication avec lui.          

H. G.

 

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Kada Kadour géomètre et P/APW de Tiaret   

«Le citoyen doit être impliqué dans la gestion des cités»

Expert géomètre, membre de l’ordre national des géomètres, Kada Kadour occupe aussi le poste du président de l’Assemblée populaire de la wilaya de Tiaret. Il intervient  à travers cet entretien sur plusieurs sujets liés aux développements urbanistiques que connaît Tiaret et aux problèmes  du bâtiment et enfin sur le métier de géomètre. 

 

Le jour d’Algérie : Comment se présente aujourd’hui la réalisation du quota de Tiaret du programme de 1 million de logements ?

 Kada Kadour : Pour ce qui est du quota de Tiaret dans le programme de I million de logements, nous n’aurons pas de problème pour la réalisation, ni pour  celui des Hauts Plateaux d’ailleurs. Pour ce qui est du programme du président de la République, la wilaya de Tiaret a décroché un quota de 13 500 logements. Nous serons au rendez-vous pour la livraison de la totalité des logements au mois de juin 2007. Chose qui fait que nous allons rester les bras croisés durant un an et demi. Quant au programme des Hauts Plateaux, il faut savoir que bien avant l’octroi de ce programme, les opérations de recherche des assiettes foncières ainsi que les études architecturales ont été lancées. Aussi l’ensemble du programme, soit 6 000 logements est déjà entamé. Nous comptons le finaliser d’ici à la fin 2008.  Ce qui est intéressant dans les réalisations des deux programmes, ce sont les entreprises. 85% à 90% des entreprises impliquées sont des entreprises locales, qui souffrent malheureusement de manque de personnel qualifié, de soutien et de moyens de réalisation, tels que les pieds droits et autres équipements. Le problème ne se pose pas quant à la disponibilité des fonds et aux délais de réalisation vu que les autorités locales se penchent sur le sujet.

 

Qu’est-ce qui pourrait freiner selon vous la réalisation du programme de 1 million de logements?

Le programme de 1 million de logements n’est pas uniquement une  affaire de moyens matériels, mais il est question de savoir comment ressusciter  l’outil de réalisation que nous avons perdu depuis 1988. Quant à la possibilité de réalisation, je dirai que c’est quelque chose de faisable. Je suis optimiste et je pense même qu’on peut réaliser jusqu’à 1,5 million de logements. Il reste à dire que le manque de main-d’œuvre qualifié peut poser problème. Nous avons tendance à oublier souvent qu’il revient à la maison de l’apprentissage d’apprendre aux gens comment exécuter un métier, et là je penserai beaucoup plus à la formation professionnelle. Je ne voix pas pourquoi ils n’instaurent pas un genre de tronc commun dans la maçonnerie, l’électricité et autres métiers du bâtiment et qu’ils permettent à partir de là d’injecter les apprentis dans des chantiers pilote. C’est un peu l’expérience menée en milieu carcéral, à travers laquel les prisonniers sont engagés sur des chantiers, apprennent un métier et empochent leur argent à leur sortie de prison. Ce sera pareil pour les apprentis, vu qu’une pratique sur un vrai chantier va leur  permettre d’apprendre et de gagner de l’argent en même temps.

 

Il est question aujourd’hui de s’aligner sur les normes internationales dans le domaine du bâtiment, est-il question, selon vous, d’un projet  destiné  uniquement aux chantiers récents,  sinon comment procédera-t-on  pour le parc actuel ?

 Le parc actuel est déjà bien pris en charge, moi je pense surtout au parc ancien, qui est très vétuste et qui représente une vraie  plaie dans l’aspect des villes et c’est le cas pour Tiaret. Si on veut régler le problème du vieux bâti, il faut constituer une loi déclarant le logement comme un bien d’utilité publique et cela dans le but d’obliger les gens à céder leurs biens ou à s’associer aux pouvoirs publics pour régler  les affaires de démolition  des vieilles bâtisses menaçant ruine et à la récupération des assiettes de terrain. Pour ce qui est de l’alignement sur les normes internationales, je crois que nous n’avons rien à envier aux autres. Il existe bien  à Tiaret des cités construites par les étrangers  à l’exemple de la cité Volani et la cité l’Avenir et là je ne vois pas de différence entres nos logements et ceux construits ailleurs.  Ce qu’il faut savoir maintenant, c’est qu’il faut veiller à préserver le parc actuel en  empêchant toute tentative de modification anarchique et aménagement non autorisé  que tentent  les habitants et qui contribuent le plus souvent à détériorer les logements et à défigurer les cités.  Il serait plus judicieux d’associer les habitants à la préservation de leur cité et  de leur environnement et une telle tâche revient au mouvement associatif.

 

Il est question aujourd’hui de nettoyer le paysage des villes des carcasses de constructions et de toutes les entraves  aux normes urbanistiques et architecturales, comment serait-il possible de régler le problème à Tiaret par  exemple sans se heurter aux mentalités  et au problème financier que vivent les gens ?

 Les changements qu’a connus l’Algérie dans le domaine économique et la dévaluation du dinar, car le dinar des années 1980 n’est pas le même que celui des années 2000 et qui sont à l’origine de l’apparition de ce phénomène. Il serait difficile d’imposer aux gens de terminer leurs constructions  et de veiller aux finitions et aux façades. Aussi régler le problème ne peut se faire sans l’apport des pouvoirs publics. L’idée est la suivante :   demander au géomètre de procéder aux morcellements de la propriété de sorte à mettre fin aux problèmes d’héritage qui sont souvent à l’origine des ces bâtisses inachevées, et à partir de là, demander au CNL l’octroi d’une aide financière, comme celle accordée pour le LSP ou le logement rural avec la condition qu’elle soit utilisée dans la finition et le traitement de la façade. 

 

Que pensez-vous du projet de privatisation du CTC ?

 Alors là, nous n’avons pas encore atteint le degré de maturité pour céder un tel service chargé de contrôler la qualité des travaux de construction et le donner au privé. Ce n’est pas possible. C’est trop tôt. Cela reviendrait à laisser le côté sécuritaire aux milices. Il est préférable que le CTC reste au même titre que l’administration des impôts ou la police, c’est-à-dire le laisser tel quel pour assurer la sécurité et l’ordre dans le secteur du bâtiment.

 

Revenant à l’ordre des géomètres, à sa création et à son champ d’action ?

  L’ordre des géomètres est une institution qui vient d’être créée, mais qui nécessite  encore un peu de formation. Des cycles de formation et des séminaires sont organisés à l’échelle régionale et même nationale pour y pallier.  Actuellement nous réalisons des travaux pour l’administration du cadastre. Ces travaux ne posent pas de problème aux anciens du cadastre, mais pour les topographes devenus géomètres, ils ont toujours besoin de formation. Le géomètre ne sera vraiment actif et efficace que lorsqu’il serait associé au programme lié à l’hypothèque des biens.      

 

Est-ce que le géomètre est associé à l’aval dans la conception de grands projets liés à l’urbanisme, vu que des problèmes de propriété apparaissent de plus en plus dès la fin des travaux?

 Le géomètre est quelqu’un qui s’occupe de la propriété et non de l’architecture ou de la construction.  Il est sollicité quand il s’agit d’un dossier lié à la propriété, c’est-à-dire à un transfert, à un morcellement, une modification, une cession et ou  une évaluation. Il n’est pas associé dès le départ au projet, quoique son intervention peut éviter pas mal de problèmes, car il peut préparer l’étude de propriété et le terrain.       

H. G.

 

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Pauvres ou nécessiteux ?

Tiaret prend en charge ses démunis

On ne peut parler de pauvreté à Tiaret, sans évoquer la solidarité. D’autant plus que c’est l’étude émanant du ministère de Ould Abbès qui a décrété la wilaya comme étant la plus pauvre du pays.  Cependant, le terme de pauvre vient d’être remplacé il n’ y a pas longtemps par le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, Ould Abbès. Désormais, on parlera plus de nécessiteux que de pauvres et  par conséquent,Tiaret peut contenir peut- être le plus grand nombre de nécessiteux à l’échelle nationale, en attendant d’autres études et d’autres résultats. Aussi, qu’ils soient pauvres ou nécessiteux, ces citoyens sont eux aussi pris en charge par l’Etat et bénéficient comme partout ailleurs d’actions de solidarité. Lesquels sont comme le veut la coutume, tributaires des événements clés tels que le ramadan, la rentrée scolaire et la saison estivale. Et si l’action solidarité orchestrée par les pouvoirs publics avec l’aide de quelques âmes charitables s’adresse en ces occasions à un bon nombre de nécessiteux, il n’en demeure pas moins qu’elle reste sûrement en deçà des besoins de la population de Tiaret à en voir son mode de vie actuel. Là encore l’absence sur le terrain du mouvement associatif se fait durement ressentir. Ainsi, elles ont été aux alentours de 23 000 familles, enregistrées  et aidées officiellement par les autorités locales  durant le mois de ramadan 2006. Ajoutez à cela, plus de 28 947 repas à emporter et 12 517 repas servis dans

13 restos du cœur. Le bilan de l’opération fait aussi état de la distribution durant le mois sacré de 18 000 colis d’une valeur de 1 250 DA chacun, et qui ont été adressés au personnel relevant de la wilaya et des différentes directions exécutives. Le salaire des bénéficiaires est en dessous du Salaire national  minimum

Par ailleurs, 11,5 millions de dinars ont été consacrés  à l’aide à la solidarité en milieu scolaire. 750 millions de centimes de cette enveloppe ont été destinés à l’achat des affaires scolaitres et des tabliers,  et 400 millions au manuel scolaire

 La prime des 2 000 DA a été octroyée à

85 000 élèves. Et 350 élèves nécessiteux ont bénéficié de lunettes de vue. La gratuité du manuel scolaire a touché 81 145 nécessiteux sur 194 768 élèves. 

  Pour la saison estivale, 2 200 enfants ont été accueillis dans les deux camps de vacances, mis à leur disposition par la DJS en collaboration avec l’APW, les services de la wilaya et la DAS. 765 jeunes ont bénéficié de séjours en mer et 440 enfants de colonie de vacances à Aïn Témouchent et Alger. 

Il faut savoir que la population de Tiaret  tourne autour des 840 000 ha, avec plus de 200 000 ha pour le seul chef-lieu de wilaya, dont plus de 60 000 proviennent de l’exode rural.       

H. G.

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