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«Le Jour d'Algérie» fête son 1 000e numéro

Que de chemin parcouru depuis

le numéro 1 !

 

«Le Jour d'Algérie» fête son 1 000e numéro

Que de chemin parcouru depuis le numéro 1 !

A cœur ouvert

Mes trois ans au «Jour»

Une journée avec l’équipe du journal

Comment ce journal parvient entre vos mains

 

 30/11/06

 

 «Le Jour d'Algérie» fête son 1 000e numéro

Que de chemin parcouru depuis le numéro 1 !

Etre là, à la naissance d’un journal est une expérience qu’il a été permis de vivre à quelques journalistes. J’ai eu cet immense privilège pour au moins quatre quotidiens et un hebdomadaire national. La dernière expérience que j’ai eu à vivre a été couronnée par la publication le 26 août 2003 du numéro 1 du quotidien dans lequel je travaille encore aujourd’hui. Travailler ? Le mot n’est peut-être pas le plus approprié, bien que c’est au quotidien que l’on confectionne une édition. Et si le stress est quasiment le même, il reste que les autres aspects inhérents à la réalisation du numéro suivant, que peut-être vous allez lire différemment à chaque fois.

Dévouement permanent

En fait c’est une expérience renouvelée au quotidien. «Le jour d’Algérie» fête aujourd’hui son 1 000e numéro.

Un exploit, suis-je en droit de penser. Et sans l’abnégation de ses fondateurs, je pense ici particulièrement à deux personnes, le directeur de la publication Abderahmane Mahmoudi, à son assistante qui n’est autre que son épouse Naïma, qui, a elle seule a vaincu l’administration en fournissant les documents demandés, le «Jour» n’aurait pas vu le jour. La contribution du premier directeur de la rédaction ne peut être occultée. Nadjib Stambouli peut-être compté parmi les fondateurs. Car il faut se rappeler les conditions dans lesquelles il a été lancé. Le pari, tenu aujourd’hui, d’en faire un journal crédible qui se distingue des autres – «le journal qui vous remonte le moral» avait été le slogan de lancement – n’était pas si évident au départ. Sur un marché déjà saturé et fermé presque par un cartel de quelques quotidiens qui ne voient toujours pas à ce jour d’un bon œil l’arrivée de toute nouvelle publication, le risque a quand même été pris de paraître. Pour ce faire, la direction du journal avait deux possibilités : recruter des journalistes professionnels ou investir dans la formation de jeunes universitaires, dont la plupart avaient postulé pour leur premier job. Le choix a été vite fait car peut-être, dans l’esprit du directeur de la publication, il ne s’est jamais posé.

Une expérience enrichissante

Faisant partie de l’équipe des «Débats», j’ai donc rejoint le premier noyau auquel il a été fait appel pour matérialiser le projet. A mon premier contact avec Nadjib Stambouli, qui avait la charge de constituer l’équipe rédactionnelle, il m’a été demandé de travailler de manière à constituer un frigo, ce qui est dans notre jargon une réserve d’articles que l’on met dans le tiroir en prévision de leur publication. Et pendant que je vaquais à cette mission, d’autres,

à l’image de Madjid, parti entre temps chez un confrère, étaient là à travailler sous la houlette du directeur de rédaction. Mais un jour, tout s’accéléra. Alors qu’en général il est mis plusieurs mois pour confectionner le numéro zéro, ce test grandeur nature, «Le Jour d’Algérie» s’en passa presque. La fièvre est montée d’un cran et la pression a été mise sur les épaules de celui qui aura été l’une des chevilles ouvrières. Racim Dehimi. Chargé de superviser le côté technique, ce jeune a réussi à relever le défi et assumer la responsabilité, dont il a été investi, en dépit de son inexpérience dans la confection d’un quotidien. Il aura été, faut-il lui reconnaître aujourd’hui, pour beaucoup dans la naissance du «Jour». Au fil des jours, il deviendra l’homme à tout faire. Celui qui a mis en place le réseau, celui qui assuré sa maintenance, sans omettre toutes les autres tâches. Racim aura été pour toute l’équipe, dont la plupart se sont initiés à l’outil informatique en venant à la rédaction du «Jour», le sauveur. Combien de papiers a-t-il récupéré après ayant cru les avoir perdu à jamais suite à une mauvaise manipulation du micro ? Ils ne se comptent pas. Et combien de fois est-il venu à mon secours et à celui de tout journaliste qui l’appelait pour débloquer un micro qui s’était arrêté ? Racim, à jamais je n’oublierais ta disponibilité et ton dévouement à mon égard. Il quittera le navire en 2005. Il ne sera pas le seul à être parti. C’est le tribut d’un journal qui vit et qui avance. Pour preuve, alors qu’au début la majorité de nos interlocuteurs avaient du mal à retenir le nom du quotidien, aujourd’hui avons nous la preuve, «Le jour d’Algérie» est lu. C’est notre fierté à tous.

Fini l’apprentissage !

Cette nouvelle phase qualitative à laquelle aspire la direction et que la rédaction partage, tout un chacun parmi nous veut y parvenir. Le changement au niveau du staff rédactionnel, la venue d’un vrai secrétaire général de rédaction en la personne de Farouk Magraoui qui aura réussi à donner de la «gueule» au journal en lui construisant son identité propre, sont autant de signes qui tendent à confirmer la professionnalisation du fonctionnement. Aujourd’hui, sans cloisonnement, les tâches sont définies. Et l’apport d’un SGR est ressenti. Je le constate particulièrement lorsque je suis appelée, pour une raison ou une autre, à boucler l’édition. Sa maîtrise de la confection d’un journal, son sens de «la pertinence d’un papier» font de lui un précieux allié. Son sens de la communication n’est pas étranger à sa rapide adaptation dans une rédaction et un service technique qui comptent surtout des jeunes. Etant l’une des rares journalistes à avoir été là au lancement, je pense être bien placée pour évaluer les pas accomplis. Des lacunes persistent. Mais la volonté de les dépasser est bien réelle. On la perçoit lors des réunions d’évaluation et d’orientation qui sont tenues avec le directeur de la publication. Ces briefings qui ne sont pas tenus ailleurs,

offrent aux jeunes journalistes, outre la possibilité de poser tous les problèmes, leur permettent de se faire une idée sur l’évolution de la situation nationale. Des éléments d’appréciation pour tel évènement ou tel autre sont donnés aux journalistes afin de leur permettre de développer leu sens de l’analyse. Cette méthode de travail obéit, est-il indiqué, par le souci de contribuer à la formation du journaliste du fait que c’est aussi un acteur à part entière. Une chance que d’aucuns ont saisie au vol. Aujourd’hui, nous fêtons le 1000e numéro. Rendez-vous est donné pour le 2000e.          

Nadia Kerraz

 

A cœur ouvert

Mes trois ans au «Jour»

Le directeur de la rédaction m’a demandé de faire un écrit personnel et libre à l’occasion de la célébration du millionième numéro du journal Le Jour d’Algérie comme étant membre du collectif fondateur de cette publication. Franchement, au début je ne sentais pas ce papier. Je ne sais pas pour quelle raison.

Mes impressions. Orientée, en 2003, à faire carrière dans le journalisme, pour moi qui ignorais le domaine, je ne savais pas ce qui m’attendait, à vrai dire. Certes, la quête d’un boulot fut lassante, mais je m’estime, quand même quelques fois chanceuse !

Le temps forge et l’expérience corrige.

Je n’oublie pas les bonnes choses que j’ai apprises durant ces trois années, mouvementées certes. Mais il faut dire que mon «périple» était passionnant avant même d’atterrir à la rédaction du «Jour d’Algérie».

Des périodes de stage, ici et là, au sein de deux journaux de la presse écrite indépendante, l’un francophone et l’autre arabophone. Je ne pensais pas vraiment trouver, au fond, un travail au sein de la corporation aussi facilement. Grâce à Nadjib Stambouli, en sa qualité de rédacteur en chef du «Jour d’Algérie», qui était à l’époque, rédacteur en chef du journal «La Dépêche de Kabylie». Cette plume de la presse algérienne m’a invitée à rejoindre l’équipe rédactionnelle, réduite à 3 journalistes seulement. Je n’ai pas hésité un seul instant. Je me suis présentée, quelques jours, après au siège du journal, à l’époque sis à la maison de la presse Tahar Djaout. La première personne que j’ai eu l’honneur de rencontrer était notre adorable secrétaire Amina. Une secrétaire unique en son genre, digne de vénération.

Au départ, ça m’était très difficile de pouvoir rédiger un papier du style journalistique pour une licenciée en traduction et interprétariat, ce qui ne ma pas empêchée, à mesure que j’avançais, d’apprendre, chaque jour que Dieu fait, une phrase correcte, un angle d’attaque et un style perfectionné, quelque fois pleine d’embûches. Il ne se passait pas un jour au «Jour d’Algérie» sans que le métier ne cessait d’incruster mon âme et mon esprit. J’aimais le métier davantage. Des petites lacunes, d’ordre rédactionnel ou  autres, paraissaient, mais l’entourage dans lequel je travaillais, soit au sein du journal ou encore de la part des autres collègues et consœurs, m’encourageait souvent à aller de l’avant sans résister aux lacunes. «Le jour d’Algérie» m’a aidé dans mon travail. Merci mille fois. Merci de m’avoir appris le métier que je ne pensais jamais exercer, un métier d’avenir. Merci de m’avoir formée sans se lasser de mes insuffisances temporaires, plus souvent énervantes, qui me forgeaient tout de même.

J’ai fait ce que j’ai pu, j’ai servi le «Jour d’Algérie», j’ai veillé au petit grain afin de rester fidèle, car le métier de journaliste, c’est de rester inlassablement fidèle et loyal. Ceci dit, il faut reconnaître que j’ai gaffé une première et dernière fois. En tout cas, j’ai failli y passer et être virée, mais la générosité infinie l’a emporté, si j’ose dire cela dans le domaine professionnel… Mes peines, mes plaisirs et mes joies au «Jour d’Algérie» n’ont cessé de se renouveler par le fait que j’étais entourée d’une équipe réactionnelle très jeune, dynamique, modeste et opiniâtre, quelquefois. Et c’est ce qui fait la force du journal. Une force qui caractérise son positionnement parmi les autres grands tirages. Des problèmes existent et subsistent, ce n’est pas le paradis sur terre en tout cas. La prestesse et le professionnalisme du personnel prennent le dessus à chaque fois. Plût à Dieu que chaque jour qui se lève fasse du «Jour d’Algérie» un guide pour éclairer notre lectorat afin de permettre la longévité de notre journal ainsi que celle de tous ceux qui veillent à sa parution de jour en jour.

 Kahina Benarab

 

Une journée avec l’équipe du journal

Comment ce journal parvient entre vos mains

Il advient, un jour, qu’un lecteur se demande comment un journal se fait, quels chemins empruntent les journalistes pour remplir une édition et, partant, faire paraître un numéro. Dans le souci d’expliquer les chemins – nombreux – qui mènent vers la publication d’une édition, de répondre à cette question, nous avons pris pour parangon notre publication. Suivez les différentes étapes qui marquent la publication du «Jour d’Algérie».

Huit heures. Après avoir jeté un coup d’œil sur la place Audin, qui grouille déjà de monde, je mets les pieds au journal. Djamila, la standardiste, est déjà là, à son poste. Elle est matinale, la dame. Dans ses allures d’épouse fraîchement mariée, elle me reçoit. Débonnaire, elle me sourit. On s’échange quelques amabilités. Je la laisse travailler. Vigilante, elle surveille, contrôle et reçoit tout le monde : les appels téléphoniques, l’accueil du public, les chauffeurs, tout doit passer par elle. Absolument tout. Je descends les cinq marches et rejoint la salle de rédaction. Vide, propre, celle-ci a un-je-ne-sais quoi de modeste et de noble à la fois. Les femmes de ménage sont aux petits soins. Hommage à vous mesdames. J’y suis seul. Je contemple, dans un silence de cathédrale, un tableau accroché au mur. De quoi l’homme et la femme de cette œuvre parlent-ils ? Me disais-je. J’avoue que je l’ignore. 9h30. L’un après l’autre, les premiers journalistes arrivent. Rires et salutations mutuelles. Les bourdonnements commencent à animer la rédaction. 10h15. L’équipe rédactionnelle est au complet. Place au travail. Les choses sérieuses prennent le dessus avec la revue de presse. Une fois celle-ci faite, histoire de se faire une idée sur se qui a été écrit et dit sur les plans national et international, le directeur de rédaction, Nabil Benali, dans un souci de mener à bon port l’édition du jour, réunit le staff rédactionnel. Pas tout à fait réveillé, ou n’ayant pas encore avalé son café, celui-ci engage la discussion, qui s’allume par fois. Devant la tension qui monte d’un cran, je suis, admiratif, attentivement le briefing. La parole est donnée à tout le monde. Chacun donne son avis sur tel ou tel thème. Les journalistes proposent des sujets qui font l’actualité. Mahieddine, prolixe, parle, parle... abondamment. Il défend son idée. J’estime, je l’avoue, cet ancien de l’APS, qui a bien roulé sa bosse. Il a tellement de choses à dire, le bonhomme. A l’égard des journalistes auxquels il reproche leur silence, il lance un mot, une phrase. Ceux-ci s’esclaffent. Et au comandant de bord, entendre le directeur de la rédaction, de rétablir la sérénité qui oriente, oblige des fois les journalistes à accomplir tel ou tel travail. Le menu, une fois l’édition du jour établie, est donné au secrétaire général de rédaction. J’écoute, placide, tous les avis, avant que les journalistes prennent congé en partant bosser. Ainsi, l’on se sépare. Comme de véritables soldats, les journalistes, chacun vers où le boulot l’appelle, entament le travail proprement dit. C’est le branle-bas général. Au risque d’alourdir mon papier avec mes digressions, je dois dire que les chauffeurs jouent un rôle primordial puisque, tout simplement, ce sont eux qui permettent aux journalistes de faire leur travail à temps. J’ai vu avec quelle prestesse ceux-ci travaillent. Ils sont sur tous les fronts. Ils ne lésinent sur aucun moyen pour participer à la parution du «Jour». Une fois tout ce beau monde sorti, la salle de rédaction, jusque là animée – et de quelle manière – se vide de ses animateurs et retrouve son calme qu’elle perd derechef, une fois les faiseurs de papiers revenus. Une fois les journalistes sortis et que je me suis retrouvé seul, je suis monté à l’administration. L’équipe, trois jolies demoiselles et Mme Mahmoudi, m’accueillent. Toutes souriantes, elles me disent qu’elles assument l’une des plus dures tâches. Ce qui est vrai. La publicité, les salaires à préparer, les impôts à régler sont autant de tracas qui accompagnent le travail quotidien qu’assument ces quatre femmes. Des fois, vu la surcharge, me dit Amina, je travaille même chez moi le soir.

Rédiger vite et bien ?

Midi passé de quelques minutes. Les premiers journalistes, calepins pleins de notes, arrivent. Ils foncent droit sur les postes de travail. Il faut finir les papiers. Le temps presse. Urge. Assis en face des micros, ces véritables chevilles ouvrières, comme perdus dans un songe sans fin, rédigent, effacent puis rédigent à nouveau, histoire de peaufiner leurs articles. Je suis enchanté par ce spectacle jusqu’au moindre de leur geste. Personnellement, j’aime. En ces moments de concentration quasi-totale, un calme de cimetière règne dans la salle. Hormis quelques soupirs et bruits produits par les touches des claviers, j’aurais entendu une mouche voler. Admirant ce spectacle, je me rends compte qu’un monde se fait et se défait autour de mes collègues. Perdu moi aussi dans mes rêves, Kahina me réveille. Elle lance un mot, raconte une blague au détour d’une phrase. Ouf ! L’atmosphère et le calme plat se détendent, laissant place au sourire qui fuse tel un éclair. Mais, cet instant passé, l’on se rappelle vite à l’ordre. Oui, il faut d’abord terminer son travail, plaisanter ensuite. C’est ainsi que le calme succède au rire. Lequel calme reflète, réellement, l’agitation et l’angoisse qui taraudent de l’intérieur l’esprit des journalistes, soucieux de donner le meilleur d’eux-mêmes. Ici le stress commence. Y a-t-il des remises ? Ne cesse-t-on de lancer aux journalistes. Allez faites vite ! Passé 16h30, les papiers ne passeront pas ! Quelle pression, pensais-je ! M’enfin, me disais-je, la pression, somme toute compréhensible, exercée sur les journalistes obéit, avant tout, à des impératifs d’ordre professionnel. Le journaliste, lui, pense qu’il est contraint d’écrire sous une pression insupportable. Ce qui fait qu’il commet des papiers en dessous de ses capacités. Pour les anciens, ayant l’habitude de ce rythme de travail acquis après des années d’expérience, travailler sous pression ne pose pas automatiquement de problèmes. Cela, disent-t-ils, leur a appris à travailler rapidement. Oui, pourrais-je affirmer. Mais l’on ne naît jamais expérimenté. C’est une lapalissade. Cependant, cet avis n’est pas partagé par l’ensemble des journalistes. Les nouveaux, de leur part, pensent que cette pression ne les encourage pas à travailler sereinement. Si cette pression indispose certains, il n’en demeure pas moins qu’elle les stimule à apprendre à écrire rapidement et correctement aussi. La rédaction des papiers menée à terme, je me renseigne – étant de nature très curieux – comment se fait leur lecture.

Les mailles du filet

Nadia Kerraz, rédactrice en chef, qui veille au grain, procède à la lecture de tous les articles qu’elle passe à la loupe dans son petit bureau dans lequel j’ai passé un bref instant. Ce travail, qui, ma foi, demande énormément d’efforts intellectuels, mais aussi et surtout, de concentration, permet à la red’chef d’avoir une première vue d’ensemble sur l’édition du jour. Mais bon sang, comment peut-on lire toute une édition ? me suis-je posé la question. N’ayant point eu de réponse, j’ai fait appel à la red’chef. Courtoisement, elle me répond : «Ce travail, outre qu’il nous fait gagner du temps, nous aide à mieux connaître le contenu des papiers». Cette étape est consacrée aux papiers qui font l’actualité autre que politique. Néanmoins, quand il s’agit de papiers qui engagent d’une façon directe ou indirecte la ligne éditoriale du journal, une deuxième lecture est nécessaire. Cette dernière, c’en est vraiment une, est confiée à Nabil Benali, le perfectionniste. Dans cette phase, il arrive que certains papiers, «maladroitement rédigés» fassent l’objet de retouches ou de correction. Pratiquement, tous les papiers sont relus par la red’chef et le directeur de la rédaction puisque cela engage leur responsabilité. Toutefois, il leur arrive rarement de retoucher les papiers des journalistes.

Quant aux pressions exercées sur l’équipe rédactionnelle, on me précisera que «celles-ci sont dues essentiellement au problème du timing du bouclage. On se bouscule mais c’est ainsi. Il faut travailler vite et remettre les papiers.»

Les trois vigilants

Non moins importante que les autres taches, la correction des papiers engage une grande responsabilité. Oui, certainement. Pour ce faire, trois correcteurs assument cette rude tache. A trois, ils corrigent toutes les pages du journal. Dans une salle exigu, j’ai vu comment ils corrigent les articles. Je suis resté enthousiasmé par une telle besogne. Que c’est difficile de revoir, corriger un journal. J’avoue qu’il n’est pas correcteur qui veut. Souffrez que je vous dise que le trio bosse. Péniblement. Ils avouent que, des fois, ils ressentent l’effet de la fatigue qui s’empare d’eux, une fois rentrés chez eux. Non pas parce que les papiers sont mal écrits mais, simplement passer sous ses yeux une partie du journal n’est pas une mince affaire. Une simple lecture d’une seule page vous donne un tournis. Et quand il s’agit de la lecture de plus d’une page, l’on peut aisément comprendre cette sensation de fatigue. Les correcteurs affirment que les efforts intellectuels qu’ils fournissent sont à l’origine d’une fatigue mentale. Dans la pièce affectée aux correcteurs, point de discussion. Chacun se concentre sur son travail. Comme des fourmis, ils accomplissent une tache énorme. Les quelques instants passés avec les correcteurs m’ont vraiment renseigné sur ce que correcteur de presse veut dire. Travailler en tant que correcteur dans une publication n’est pas une sinécure même si cette profession est des plus nobles.

Un chef d’orchestre

Voici le maître mot qui revient à chaque fois dans la bouche de Farouk Maghraoui, secrétaire général de rédaction au Jour d’Algérie. A lui seul, M. Maghraoui constitue la passerelle entre les journalistes, le directeur de rédaction et le service technique. Assis au milieu d’une pile compacte de papiers, il m’a fait savoir du boulot qui lui échoit au sein de la publication. Une tache énorme en fait. Jugeons-en : la pagination, c’est lui. Le choix des papiers, c’est également lui. Il intervient même des choix des papiers. Il travail en étroite collaboration avec les directeur de rédaction. En synergie, les deux collègues mettent en avant un plan de travail efficace. Avec son expérience, vieille de trente ans, il représente un maillon fort au sein du journal. J’ai vu, durant la journée passée en compagnie de l’équipe du jour, avec quelle minutie, Farouk Maghraoui coordonne le travail. J’ose avouer, sans risque de me tromper, qu’un excellent travail d’équipe se fait quotidiennement au Jour d’Algérie. Oui, faire un journal demande un travail de collaboration, car, comme une chaîne, une publication a, convient-il de souligner, besoin de tous ses maillons.

La maquette, c’est sacré

Comment monte-t-on une édition? Cette question, dussé-je être journaliste, a longtemps hanté mon esprit parce que je suis néophyte en la matière. Que de fois n’ai-je pas pensé à poser la question à l’équipe du montage! Retenu par je ne sais quoi, je n’ai pu oser. Mais voila que je lâche le morceau. Sincèrement. Hicham et salim, membres de l’équipe de montage m’a expliqué en me faisant connaître les mille et un chemins qui permet à l’édition d’être montée, que, d’emblée, le travail consiste à se conformer à la maquette propre au journal. Suivant celle-ci, on procède au montage des photos qui doivent être légendées. Pour la Une, un chapeau s’impose avec une photo qui illustre le papier. Lors d’un montage auquel j’ai pris part, il m’a été permis de constater le travail qu’accomplit l’équipe, conduite par Hicham. Il est, en effet, très compliqué ce travail qui demande beaucoup de maîtrise. Lorsqu’il s’agit de monter une page, il faut respecter scrupuleusement les caractères avec lesquels l’on rédige les papiers. Un caractère de plus ou de moins suffit pour tout chambouler. C’est pourquoi il arrive qu’on change à un article plusieurs fois le corps de la police de caractères afin de respecter les normes selon lesquelles la maquette est faite. C’est en obtenant un diplôme en infographie qu’on devient monteur d’un journal ou toute autre publication. Avec tous les éclaircissements que Salim et Hicham m’a fournis, j’avoue, par honnêteté, que j’ai rien compris. A chacun son métier. Il est près de 18 h. Le bouclage tire à sa fin. Je sors du journal. Une journée pleine en somme.

Dans les rotatives

Il est utile de dire pour ceux qui ne savent pas que la publication d’un journal passe par d’autres étapes une fois le bouclage fait. La première consiste en l’acheminement du flash disque vers l’imprimerie où l’on procède à son flashage. Cette phase terminée, on passe à l’insolation, au plaquage, puis à la rotation. Intervient, en dernier lieu, l’impression. Ainsi, l’on parle du journal proprement dit. Autrement dit, le journal est mené à terme. Une fois ce dernier imprimé, entrent en jeu les distributeurs, maillon fort de la chaîne, qui achemineront, à leur tour, le journal à sa destination finale : au buraliste, lieu de vente. « Une fois le journal fait, je demande au niveau de l’imprimerie la quantité nécessaire puis je sers ma clientèle » nous dit le distributeur du Jour d’Algérie. La fabrication d’un journal, il est vrai, demande un travail soutenu et ce, depuis l’écriture des papiers jusqu’à l’impression de l’édition.

3 ans déjà !

Il est des journaux qui demandent de l’argent, beaucoup d’argent pour démarrer. Fonctionner. Durer. Il en est d’autres, par contre, qui n’ont besoin que d’une dose de courage, d’outrecuidance, d’intelligence surtout, de la part du Directeur et de l’équipe rédactionnelle, épine dorsale de tout journal, et du reste du personnel, pour qu’il puisse aller de l’avant. Atteindre les sommités. Le Jour d’Algérie, qui fête ses trois années d’existence, est, indiscutablement, de ceux-ci. Mis en marche en août-septembre 2003, par M. Abderrahmane Mahmoudi et une équipe relativement jeune, mais assez déterminée à faire de leur journal une référence, le train Jour d’Algérie a fait, depuis, un long chemin. Difficile par endroits. Semé d’embûches, ce chemin n’a pas empêché pour autant le journal à faire face à la concurrence imposée par d’autre titres ayant plusieurs années d’existence. Mieux, après trois ans de vie, la publication s’est, incontournablement, imposée dans le paysage médiatique algérien en informant son lectorat sur ce qui meuble l’actualité nationale, mais aussi, internationale. Comme tout journal naissant, le Jour d’Algérie a fait face à des écueils d’ordre organisationnels. Au tout début, l’équipe, qui a pris en main le destin ce cette publication, était réduite à trois journalistes, tous nouveau dans le domaine du journalisme. « Nous étions à trois journalistes. Nous savions que la mission qui nous a été confié était des plus rudes. Aussi, nous avions consentis d’énormes efforts au terme desquels nous avions pu faire démarrer le navire Jour d’Algérie » témoigne Kahina Benarab, journaliste et «membre fondateur» de la publication. Avec son équipe jeune et perfectionniste, dont votre humble serviteur fait partie, le Jour d’Algérie, qui devrait progresser davantage et ce, en gagnant de l’ancienneté et de l’expérience, sert loyalement son lectorat.           

Djamel Oukali

 

 

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