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«Le Jour d'Algérie» fête son 1 000e numéro
Que de chemin
parcouru depuis le numéro 1 !
Etre là, à la
naissance d’un journal est une expérience qu’il a été permis de
vivre à quelques journalistes. J’ai eu cet immense privilège pour au
moins quatre quotidiens et un hebdomadaire national. La dernière
expérience que j’ai eu à vivre a été couronnée par la publication le
26 août 2003 du numéro 1 du quotidien dans lequel je travaille
encore aujourd’hui. Travailler ? Le mot n’est peut-être pas le plus
approprié, bien que c’est au quotidien que l’on confectionne une
édition. Et si le stress est quasiment le même, il reste que les
autres aspects inhérents à la réalisation du numéro suivant, que
peut-être vous allez lire différemment à chaque fois.
Dévouement
permanent
En fait c’est une
expérience renouvelée au quotidien. «Le jour d’Algérie» fête
aujourd’hui son 1 000e numéro.
Un exploit,
suis-je en droit de penser. Et sans l’abnégation de ses fondateurs,
je pense ici particulièrement à deux personnes, le directeur de la
publication Abderahmane Mahmoudi, à son assistante qui n’est autre
que son épouse Naïma, qui, a elle seule a vaincu l’administration en
fournissant les documents demandés, le «Jour» n’aurait pas vu le
jour. La contribution du premier directeur de la rédaction ne peut
être occultée. Nadjib Stambouli peut-être compté parmi les
fondateurs. Car il faut se rappeler les conditions dans lesquelles
il a été lancé. Le pari, tenu aujourd’hui, d’en faire un journal
crédible qui se distingue des autres – «le journal qui vous remonte
le moral» avait été le slogan de lancement – n’était pas si évident
au départ. Sur un marché déjà saturé et fermé presque par un cartel
de quelques quotidiens qui ne voient toujours pas à ce jour d’un bon
œil l’arrivée de toute nouvelle publication, le risque a quand même
été pris de paraître. Pour ce faire, la direction du journal avait
deux possibilités : recruter des journalistes professionnels ou
investir dans la formation de jeunes universitaires, dont la plupart
avaient postulé pour leur premier job. Le choix a été vite fait car
peut-être, dans l’esprit du directeur de la publication, il ne s’est
jamais posé.
Une expérience
enrichissante
Faisant partie de
l’équipe des «Débats», j’ai donc rejoint le premier noyau auquel il
a été fait appel pour matérialiser le projet. A mon premier contact
avec Nadjib Stambouli, qui avait la charge de constituer l’équipe
rédactionnelle, il m’a été demandé de travailler de manière à
constituer un frigo, ce qui est dans notre jargon une réserve
d’articles que l’on met dans le tiroir en prévision de leur
publication. Et pendant que je vaquais à cette mission, d’autres,
à l’image de
Madjid, parti entre temps chez un confrère, étaient là à travailler
sous la houlette du directeur de rédaction. Mais un jour, tout
s’accéléra. Alors qu’en général il est mis plusieurs mois pour
confectionner le numéro zéro, ce test grandeur nature, «Le Jour
d’Algérie» s’en passa presque. La fièvre est montée d’un cran et la
pression a été mise sur les épaules de celui qui aura été l’une des
chevilles ouvrières. Racim Dehimi. Chargé de superviser le côté
technique, ce jeune a réussi à relever le défi et assumer la
responsabilité, dont il a été investi, en dépit de son inexpérience
dans la confection d’un quotidien. Il aura été, faut-il lui
reconnaître aujourd’hui, pour beaucoup dans la naissance du «Jour».
Au fil des jours, il deviendra l’homme à tout faire. Celui qui a mis
en place le réseau, celui qui assuré sa maintenance, sans omettre
toutes les autres tâches. Racim aura été pour toute l’équipe, dont
la plupart se sont initiés à l’outil informatique en venant à la
rédaction du «Jour», le sauveur. Combien de papiers a-t-il récupéré
après ayant cru les avoir perdu à jamais suite à une mauvaise
manipulation du micro ? Ils ne se comptent pas. Et combien de fois
est-il venu à mon secours et à celui de tout journaliste qui
l’appelait pour débloquer un micro qui s’était arrêté ? Racim, à
jamais je n’oublierais ta disponibilité et ton dévouement à mon
égard. Il quittera le navire en 2005. Il ne sera pas le seul à être
parti. C’est le tribut d’un journal qui vit et qui avance. Pour
preuve, alors qu’au début la majorité de nos interlocuteurs avaient
du mal à retenir le nom du quotidien, aujourd’hui avons nous la
preuve, «Le jour d’Algérie» est lu. C’est notre fierté à tous.
Fini
l’apprentissage !
Cette nouvelle
phase qualitative à laquelle aspire la direction et que la rédaction
partage, tout un chacun parmi nous veut y parvenir. Le changement au
niveau du staff rédactionnel, la venue d’un vrai secrétaire général
de rédaction en la personne de Farouk Magraoui qui aura réussi à
donner de la «gueule» au journal en lui construisant son identité
propre, sont autant de signes qui tendent à confirmer la
professionnalisation du fonctionnement. Aujourd’hui, sans
cloisonnement, les tâches sont définies. Et l’apport d’un SGR est
ressenti. Je le constate particulièrement lorsque je suis appelée,
pour une raison ou une autre, à boucler l’édition. Sa maîtrise de la
confection d’un journal, son sens de «la pertinence d’un papier»
font de lui un précieux allié. Son sens de la communication n’est
pas étranger à sa rapide adaptation dans une rédaction et un service
technique qui comptent surtout des jeunes. Etant l’une des rares
journalistes à avoir été là au lancement, je pense être bien placée
pour évaluer les pas accomplis. Des lacunes persistent. Mais la
volonté de les dépasser est bien réelle. On la perçoit lors des
réunions d’évaluation et d’orientation qui sont tenues avec le
directeur de la publication. Ces briefings qui ne sont pas tenus
ailleurs,
offrent aux jeunes
journalistes, outre la possibilité de poser tous les problèmes, leur
permettent de se faire une idée sur l’évolution de la situation
nationale. Des éléments d’appréciation pour tel évènement ou tel
autre sont donnés aux journalistes afin de leur permettre de
développer leu sens de l’analyse. Cette méthode de travail obéit,
est-il indiqué, par le souci de contribuer à la formation du
journaliste du fait que c’est aussi un acteur à part entière. Une
chance que d’aucuns ont saisie au vol. Aujourd’hui, nous fêtons le
1000e numéro. Rendez-vous est donné pour le 2000e.
Nadia Kerraz
A cœur ouvert
Mes trois ans
au «Jour»
Le directeur de la
rédaction m’a demandé de faire un écrit personnel et libre à
l’occasion de la célébration du millionième numéro du journal Le
Jour d’Algérie comme étant membre du collectif fondateur de cette
publication. Franchement, au début je ne sentais pas ce papier. Je
ne sais pas pour quelle raison.
Mes impressions.
Orientée, en 2003, à faire carrière dans le journalisme, pour moi
qui ignorais le domaine, je ne savais pas ce qui m’attendait, à vrai
dire. Certes, la quête d’un boulot fut lassante, mais je m’estime,
quand même quelques fois chanceuse !
Le temps forge
et l’expérience corrige.
Je n’oublie pas
les bonnes choses que j’ai apprises durant ces trois années,
mouvementées certes. Mais il faut dire que mon «périple» était
passionnant avant même d’atterrir à la rédaction du «Jour
d’Algérie».
Des périodes de
stage, ici et là, au sein de deux journaux de la presse écrite
indépendante, l’un francophone et l’autre arabophone. Je ne pensais
pas vraiment trouver, au fond, un travail au sein de la corporation
aussi facilement. Grâce à Nadjib Stambouli, en sa qualité de
rédacteur en chef du «Jour d’Algérie», qui était à l’époque,
rédacteur en chef du journal «La Dépêche de Kabylie». Cette plume de
la presse algérienne m’a invitée à rejoindre l’équipe
rédactionnelle, réduite à 3 journalistes seulement. Je n’ai pas
hésité un seul instant. Je me suis présentée, quelques jours, après
au siège du journal, à l’époque sis à la maison de la presse Tahar
Djaout. La première personne que j’ai eu l’honneur de rencontrer
était notre adorable secrétaire Amina. Une secrétaire unique en son
genre, digne de vénération.
Au départ, ça
m’était très difficile de pouvoir rédiger un papier du style
journalistique pour une licenciée en traduction et interprétariat,
ce qui ne ma pas empêchée, à mesure que j’avançais, d’apprendre,
chaque jour que Dieu fait, une phrase correcte, un angle d’attaque
et un style perfectionné, quelque fois pleine d’embûches. Il ne se
passait pas un jour au «Jour d’Algérie» sans que le métier ne
cessait d’incruster mon âme et mon esprit. J’aimais le métier
davantage. Des petites lacunes, d’ordre rédactionnel ou autres,
paraissaient, mais l’entourage dans lequel je travaillais, soit au
sein du journal ou encore de la part des autres collègues et
consœurs, m’encourageait souvent à aller de l’avant sans résister
aux lacunes. «Le jour d’Algérie» m’a aidé dans mon travail. Merci
mille fois. Merci de m’avoir appris le métier que je ne pensais
jamais exercer, un métier d’avenir. Merci de m’avoir formée sans se
lasser de mes insuffisances temporaires, plus souvent énervantes,
qui me forgeaient tout de même.
J’ai fait ce que
j’ai pu, j’ai servi le «Jour d’Algérie», j’ai veillé au petit grain
afin de rester fidèle, car le métier de journaliste, c’est de rester
inlassablement fidèle et loyal. Ceci dit, il faut reconnaître que
j’ai gaffé une première et dernière fois. En tout cas, j’ai failli y
passer et être virée, mais la générosité infinie l’a emporté, si
j’ose dire cela dans le domaine professionnel… Mes peines, mes
plaisirs et mes joies au «Jour d’Algérie» n’ont cessé de se
renouveler par le fait que j’étais entourée d’une équipe
réactionnelle très jeune, dynamique, modeste et opiniâtre,
quelquefois. Et c’est ce qui fait la force du journal. Une force qui
caractérise son positionnement parmi les autres grands tirages. Des
problèmes existent et subsistent, ce n’est pas le paradis sur terre
en tout cas. La prestesse et le professionnalisme du personnel
prennent le dessus à chaque fois. Plût à Dieu que chaque jour qui se
lève fasse du «Jour d’Algérie» un guide pour éclairer notre lectorat
afin de permettre la longévité de notre journal ainsi que celle de
tous ceux qui veillent à sa parution de jour en jour.
Kahina
Benarab
Une journée avec l’équipe du journal
Comment ce
journal parvient entre vos mains
Il advient, un
jour, qu’un lecteur se demande comment un journal se fait, quels
chemins empruntent les journalistes pour remplir une édition et,
partant, faire paraître un numéro. Dans le souci d’expliquer les
chemins – nombreux – qui mènent vers la publication d’une édition,
de répondre à cette question, nous avons pris pour parangon notre
publication. Suivez les différentes étapes qui marquent la
publication du «Jour d’Algérie».
Huit heures. Après
avoir jeté un coup d’œil sur la place Audin, qui grouille déjà de
monde, je mets les pieds au journal. Djamila, la standardiste, est
déjà là, à son poste. Elle est matinale, la dame. Dans ses allures
d’épouse fraîchement mariée, elle me reçoit. Débonnaire, elle me
sourit. On s’échange quelques amabilités. Je la laisse travailler.
Vigilante, elle surveille, contrôle et reçoit tout le monde : les
appels téléphoniques, l’accueil du public, les chauffeurs, tout doit
passer par elle. Absolument tout. Je descends les cinq marches et
rejoint la salle de rédaction. Vide, propre, celle-ci a
un-je-ne-sais quoi de modeste et de noble à la fois. Les femmes de
ménage sont aux petits soins. Hommage à vous mesdames. J’y suis
seul. Je contemple, dans un silence de cathédrale, un tableau
accroché au mur. De quoi l’homme et la femme de cette œuvre
parlent-ils ? Me disais-je. J’avoue que je l’ignore. 9h30. L’un
après l’autre, les premiers journalistes arrivent. Rires et
salutations mutuelles. Les bourdonnements commencent à animer la
rédaction. 10h15. L’équipe rédactionnelle est au complet. Place au
travail. Les choses sérieuses prennent le dessus avec la revue de
presse. Une fois celle-ci faite, histoire de se faire une idée sur
se qui a été écrit et dit sur les plans national et international,
le directeur de rédaction, Nabil Benali, dans un souci de mener à
bon port l’édition du jour, réunit le staff rédactionnel. Pas tout à
fait réveillé, ou n’ayant pas encore avalé son café, celui-ci engage
la discussion, qui s’allume par fois. Devant la tension qui monte
d’un cran, je suis, admiratif, attentivement le briefing. La parole
est donnée à tout le monde. Chacun donne son avis sur tel ou tel
thème. Les journalistes proposent des sujets qui font l’actualité.
Mahieddine, prolixe, parle, parle... abondamment. Il défend son
idée. J’estime, je l’avoue, cet ancien de l’APS, qui a bien roulé sa
bosse. Il a tellement de choses à dire, le bonhomme. A l’égard des
journalistes auxquels il reproche leur silence, il lance un mot, une
phrase. Ceux-ci s’esclaffent. Et au comandant de bord, entendre le
directeur de la rédaction, de rétablir la sérénité qui oriente,
oblige des fois les journalistes à accomplir tel ou tel travail. Le
menu, une fois l’édition du jour établie, est donné au secrétaire
général de rédaction. J’écoute, placide, tous les avis, avant que
les journalistes prennent congé en partant bosser. Ainsi, l’on se
sépare. Comme de véritables soldats, les journalistes, chacun vers
où le boulot l’appelle, entament le travail proprement dit. C’est le
branle-bas général. Au risque d’alourdir mon papier avec mes
digressions, je dois dire que les chauffeurs jouent un rôle
primordial puisque, tout simplement, ce sont eux qui permettent aux
journalistes de faire leur travail à temps. J’ai vu avec quelle
prestesse ceux-ci travaillent. Ils sont sur tous les fronts. Ils ne
lésinent sur aucun moyen pour participer à la parution du «Jour».
Une fois tout ce beau monde sorti, la salle de rédaction, jusque là
animée – et de quelle manière – se vide de ses animateurs et
retrouve son calme qu’elle perd derechef, une fois les faiseurs de
papiers revenus. Une fois les journalistes sortis et que je me suis
retrouvé seul, je suis monté à l’administration. L’équipe, trois
jolies demoiselles et Mme Mahmoudi, m’accueillent. Toutes
souriantes, elles me disent qu’elles assument l’une des plus dures
tâches. Ce qui est vrai. La publicité, les salaires à préparer, les
impôts à régler sont autant de tracas qui accompagnent le travail
quotidien qu’assument ces quatre femmes. Des fois, vu la surcharge,
me dit Amina, je travaille même chez moi le soir.
Rédiger vite et
bien ?
Midi passé de
quelques minutes. Les premiers journalistes, calepins pleins de
notes, arrivent. Ils foncent droit sur les postes de travail. Il
faut finir les papiers. Le temps presse. Urge. Assis en face des
micros, ces véritables chevilles ouvrières, comme perdus dans un
songe sans fin, rédigent, effacent puis rédigent à nouveau, histoire
de peaufiner leurs articles. Je suis enchanté par ce spectacle
jusqu’au moindre de leur geste. Personnellement, j’aime. En ces
moments de concentration quasi-totale, un calme de cimetière règne
dans la salle. Hormis quelques soupirs et bruits produits par les
touches des claviers, j’aurais entendu une mouche voler. Admirant ce
spectacle, je me rends compte qu’un monde se fait et se défait
autour de mes collègues. Perdu moi aussi dans mes rêves, Kahina me
réveille. Elle lance un mot, raconte une blague au détour d’une
phrase. Ouf ! L’atmosphère et le calme plat se détendent, laissant
place au sourire qui fuse tel un éclair. Mais, cet instant passé,
l’on se rappelle vite à l’ordre. Oui, il faut d’abord terminer son
travail, plaisanter ensuite. C’est ainsi que le calme succède au
rire. Lequel calme reflète, réellement, l’agitation et l’angoisse
qui taraudent de l’intérieur l’esprit des journalistes, soucieux de
donner le meilleur d’eux-mêmes. Ici le stress commence. Y a-t-il des
remises ? Ne cesse-t-on de lancer aux journalistes. Allez faites
vite ! Passé 16h30, les papiers ne passeront pas ! Quelle pression,
pensais-je ! M’enfin, me disais-je, la pression, somme toute
compréhensible, exercée sur les journalistes obéit, avant tout, à
des impératifs d’ordre professionnel. Le journaliste, lui, pense
qu’il est contraint d’écrire sous une pression insupportable. Ce qui
fait qu’il commet des papiers en dessous de ses capacités. Pour les
anciens, ayant l’habitude de ce rythme de travail acquis après des
années d’expérience, travailler sous pression ne pose pas
automatiquement de problèmes. Cela, disent-t-ils, leur a appris à
travailler rapidement. Oui, pourrais-je affirmer. Mais l’on ne naît
jamais expérimenté. C’est une lapalissade. Cependant, cet avis n’est
pas partagé par l’ensemble des journalistes. Les nouveaux, de leur
part, pensent que cette pression ne les encourage pas à travailler
sereinement. Si cette pression indispose certains, il n’en demeure
pas moins qu’elle les stimule à apprendre à écrire rapidement et
correctement aussi. La rédaction des papiers menée à terme, je me
renseigne – étant de nature très curieux – comment se fait leur
lecture.
Les mailles du
filet
Nadia Kerraz,
rédactrice en chef, qui veille au grain, procède à la lecture de
tous les articles qu’elle passe à la loupe dans son petit bureau
dans lequel j’ai passé un bref instant. Ce travail, qui, ma foi,
demande énormément d’efforts intellectuels, mais aussi et surtout,
de concentration, permet à la red’chef d’avoir une première vue
d’ensemble sur l’édition du jour. Mais bon sang, comment peut-on
lire toute une édition ? me suis-je posé la question. N’ayant point
eu de réponse, j’ai fait appel à la red’chef. Courtoisement, elle me
répond : «Ce travail, outre qu’il nous fait gagner du temps, nous
aide à mieux connaître le contenu des papiers». Cette étape est
consacrée aux papiers qui font l’actualité autre que politique.
Néanmoins, quand il s’agit de papiers qui engagent d’une façon
directe ou indirecte la ligne éditoriale du journal, une deuxième
lecture est nécessaire. Cette dernière, c’en est vraiment une, est
confiée à Nabil Benali, le perfectionniste. Dans cette phase, il
arrive que certains papiers, «maladroitement rédigés» fassent
l’objet de retouches ou de correction. Pratiquement, tous les
papiers sont relus par la red’chef et le directeur de la rédaction
puisque cela engage leur responsabilité. Toutefois, il leur arrive
rarement de retoucher les papiers des journalistes.
Quant aux
pressions exercées sur l’équipe rédactionnelle, on me précisera que
«celles-ci sont dues essentiellement au problème du timing du
bouclage. On se bouscule mais c’est ainsi. Il faut travailler vite
et remettre les papiers.»
Les trois
vigilants
Non moins
importante que les autres taches, la correction des papiers engage
une grande responsabilité. Oui, certainement. Pour ce faire, trois
correcteurs assument cette rude tache. A trois, ils corrigent toutes
les pages du journal. Dans une salle exigu, j’ai vu comment ils
corrigent les articles. Je suis resté enthousiasmé par une telle
besogne. Que c’est difficile de revoir, corriger un journal. J’avoue
qu’il n’est pas correcteur qui veut. Souffrez que je vous dise que
le trio bosse. Péniblement. Ils avouent que, des fois, ils
ressentent l’effet de la fatigue qui s’empare d’eux, une fois
rentrés chez eux. Non pas parce que les papiers sont mal écrits
mais, simplement passer sous ses yeux une partie du journal n’est
pas une mince affaire. Une simple lecture d’une seule page vous
donne un tournis. Et quand il s’agit de la lecture de plus d’une
page, l’on peut aisément comprendre cette sensation de fatigue. Les
correcteurs affirment que les efforts intellectuels qu’ils
fournissent sont à l’origine d’une fatigue mentale. Dans la pièce
affectée aux correcteurs, point de discussion. Chacun se concentre
sur son travail. Comme des fourmis, ils accomplissent une tache
énorme. Les quelques instants passés avec les correcteurs m’ont
vraiment renseigné sur ce que correcteur de presse veut dire.
Travailler en tant que correcteur dans une publication n’est pas une
sinécure même si cette profession est des plus nobles.
Un chef
d’orchestre
Voici le maître
mot qui revient à chaque fois dans la bouche de Farouk Maghraoui,
secrétaire général de rédaction au Jour d’Algérie. A lui seul, M.
Maghraoui constitue la passerelle entre les journalistes, le
directeur de rédaction et le service technique. Assis au milieu
d’une pile compacte de papiers, il m’a fait savoir du boulot qui lui
échoit au sein de la publication. Une tache énorme en fait.
Jugeons-en : la pagination, c’est lui. Le choix des papiers, c’est
également lui. Il intervient même des choix des papiers. Il travail
en étroite collaboration avec les directeur de rédaction. En
synergie, les deux collègues mettent en avant un plan de travail
efficace. Avec son expérience, vieille de trente ans, il représente
un maillon fort au sein du journal. J’ai vu, durant la journée
passée en compagnie de l’équipe du jour, avec quelle minutie, Farouk
Maghraoui coordonne le travail. J’ose avouer, sans risque de me
tromper, qu’un excellent travail d’équipe se fait quotidiennement au
Jour d’Algérie. Oui, faire un journal demande un travail de
collaboration, car, comme une chaîne, une publication a, convient-il
de souligner, besoin de tous ses maillons.
La maquette,
c’est sacré
Comment monte-t-on
une édition? Cette question, dussé-je être journaliste, a longtemps
hanté mon esprit parce que je suis néophyte en la matière. Que de
fois n’ai-je pas pensé à poser la question à l’équipe du montage!
Retenu par je ne sais quoi, je n’ai pu oser. Mais voila que je lâche
le morceau. Sincèrement. Hicham et salim, membres de l’équipe de
montage m’a expliqué en me faisant connaître les mille et un chemins
qui permet à l’édition d’être montée, que, d’emblée, le travail
consiste à se conformer à la maquette propre au journal. Suivant
celle-ci, on procède au montage des photos qui doivent être
légendées. Pour la Une, un chapeau s’impose avec une photo qui
illustre le papier. Lors d’un montage auquel j’ai pris part, il m’a
été permis de constater le travail qu’accomplit l’équipe, conduite
par Hicham. Il est, en effet, très compliqué ce travail qui demande
beaucoup de maîtrise. Lorsqu’il s’agit de monter une page, il faut
respecter scrupuleusement les caractères avec lesquels l’on rédige
les papiers. Un caractère de plus ou de moins suffit pour tout
chambouler. C’est pourquoi il arrive qu’on change à un article
plusieurs fois le corps de la police de caractères afin de respecter
les normes selon lesquelles la maquette est faite. C’est en obtenant
un diplôme en infographie qu’on devient monteur d’un journal ou
toute autre publication. Avec tous les éclaircissements que Salim et
Hicham m’a fournis, j’avoue, par honnêteté, que j’ai rien compris. A
chacun son métier. Il est près de 18 h. Le bouclage tire à sa fin.
Je sors du journal. Une journée pleine en somme.
Dans les
rotatives
Il est utile de
dire pour ceux qui ne savent pas que la publication d’un journal
passe par d’autres étapes une fois le bouclage fait. La première
consiste en l’acheminement du flash disque vers l’imprimerie où l’on
procède à son flashage. Cette phase terminée, on passe à
l’insolation, au plaquage, puis à la rotation. Intervient, en
dernier lieu, l’impression. Ainsi, l’on parle du journal proprement
dit. Autrement dit, le journal est mené à terme. Une fois ce dernier
imprimé, entrent en jeu les distributeurs, maillon fort de la
chaîne, qui achemineront, à leur tour, le journal à sa destination
finale : au buraliste, lieu de vente. « Une fois le journal fait, je
demande au niveau de l’imprimerie la quantité nécessaire puis je
sers ma clientèle » nous dit le distributeur du Jour d’Algérie. La
fabrication d’un journal, il est vrai, demande un travail soutenu et
ce, depuis l’écriture des papiers jusqu’à l’impression de l’édition.
3 ans déjà !
Il est des
journaux qui demandent de l’argent, beaucoup d’argent pour démarrer.
Fonctionner. Durer. Il en est d’autres, par contre, qui n’ont besoin
que d’une dose de courage, d’outrecuidance, d’intelligence surtout,
de la part du Directeur et de l’équipe rédactionnelle, épine dorsale
de tout journal, et du reste du personnel, pour qu’il puisse aller
de l’avant. Atteindre les sommités. Le Jour d’Algérie, qui fête ses
trois années d’existence, est, indiscutablement, de ceux-ci. Mis en
marche en août-septembre 2003, par M. Abderrahmane Mahmoudi et une
équipe relativement jeune, mais assez déterminée à faire de leur
journal une référence, le train Jour d’Algérie a fait, depuis, un
long chemin. Difficile par endroits. Semé d’embûches, ce chemin n’a
pas empêché pour autant le journal à faire face à la concurrence
imposée par d’autre titres ayant plusieurs années d’existence.
Mieux, après trois ans de vie, la publication s’est,
incontournablement, imposée dans le paysage médiatique algérien en
informant son lectorat sur ce qui meuble l’actualité nationale, mais
aussi, internationale. Comme tout journal naissant, le Jour
d’Algérie a fait face à des écueils d’ordre organisationnels. Au
tout début, l’équipe, qui a pris en main le destin ce cette
publication, était réduite à trois journalistes, tous nouveau dans
le domaine du journalisme. « Nous étions à trois journalistes. Nous
savions que la mission qui nous a été confié était des plus rudes.
Aussi, nous avions consentis d’énormes efforts au terme desquels
nous avions pu faire démarrer le navire Jour d’Algérie » témoigne
Kahina Benarab, journaliste et «membre fondateur» de la publication.
Avec son équipe jeune et perfectionniste, dont votre humble
serviteur fait partie, le Jour d’Algérie, qui devrait progresser
davantage et ce, en gagnant de l’ancienneté et de l’expérience, sert
loyalement son lectorat.
Djamel Oukali
Haut
Copyright 2003
Le Jour d'Algérie. Conception
M.Merkouche
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