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POINT chauds Par Fouzia Mahmoudi 19/09/15


Positions

Il semblerait que l’une des premières vraies batailles idéologiques entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ait commencé ces derniers jours à la faveur de la crise des migrants, qui déstabilise actuellement l’ensemble de l’Union européenne. Après Nathalie Kosciusko-Morizet, Alain Juppé a répondu publiquement jeudi aux questions posées par Nicolas Sarkozy aux adhérents du parti Les Républicains sur l'immigration et marqué son désaccord avec plusieurs des propositions de l'ancien chef de l'État. Sur l'idée d'un «Schengen II», promue de longue date par l’ancien chef de l’État, Juppé reconnaît que le système actuel «ne fonctionne pas correctement» et rappelle qu'il «préconise depuis longtemps un renforcement très significatif des moyens budgétaires et humains consacrés» au contrôle. Et ajoute-t-il : «Quel serait le contenu d'un Schengen II ? Cela mérite d'être précisé, d'autant que 28 pays sont concernés et que la France ne peut décider seule». Autre sujet sur lequel l'ancien ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy se démarque et montre son scepticisme, celui des centres de rétention à l'extérieur de l'Europe. «(...) L'Europe ou la France ne peuvent naturellement pas créer de leur propre initiative des centres de rétention dans des pays souverains comme la Turquie, et encore moins dans des États faillis comme la Libye». «À court terme, il me semble à la fois plus réaliste et plus utile de privilégier le développement de centres (les hotspots) au sein de l'Union européenne, dans lesquels seront distingués réfugiés politiques et migrants économiques», a-t-il dit, et ce, avec participation de «tous les États membres». Il est favorable au rétablissement des contrôles temporaires aux frontières pour les non-Européens «dans certaines situations exceptionnelles», et telles que déjà prévues par le traité. À la question d'une «harmonisation des prestations sociales versées aux étrangers», Juppé estime que «ce n'est pas cela qui attire aujourd'hui le flux des nouveaux arrivants». «Pour les réfugiés demandeurs d'asile, c'est d'abord le souhait de survivre et d'émigrer dans un pays à l'abri de conflits meurtriers. Pour les migrants économiques, c'est le développement économique de l'Allemagne qui les attire et la perspective de trouver un emploi», poursuit-il. Des positions qui se démarquent ainsi significativement de celles adoptées par l’ancien président et qui délimitent clairement les différences idéologiques et politiques entre les deux hommes. Les militants ont ainsi à leur disposition de nouveaux éléments sur lesquels seront basés leurs votes à la primaire de la droite et du centre de novembre 2016 pour désigner celui qui sera le plus à même de remporter la prochaine présidentielle. Et si Sarkozy rapproche de plus en plus son discours de celui de Marine Le Pen, Juppé, lui, semble au contraire soucieux de rester mesuré et de continuer à représenter ce que l’on appelme la droite humaniste, en opposition à la droite dure qui cherche surtout à séduire les électeurs les plus frileux du Front National. F. M.

 
 
 

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