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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 21/11/15


Arguties occidentales

Les Etats-Unis ont détruit l’Irak, après l’avoir envahi en 2003, un pays qui à ce moment ne les menaçait en rien. Et les Occidentaux ont fait la même chose en 2011 en s’attaquant au régime libyen qui n’était en guerre contre eux d’aucune façon. Deux agressions du même genre, ressortant à la même pulsion impérialiste, à quelques années d’intervalle l’une de l’autre, et qui servent aujourd’hui de contre-exemple aux puissances occidentales pour ne pas envoyer des troupes faire la guerre au sol contre l’Etat islamique. La responsabilité des Etats-Unis est entière dans la situation actuelle de l’Irak, et celle de la France et de la Grande-Bretagne l’est tout autant dans l’espèce de non-Etat qu’est devenue la Libye, ce qui d’ailleurs ne veut pas dire que les Etats-Unis n’y sont pour rien. Sans les moyens qu’ils avaient mis à la disposition de l’aviation des membres de l’Otan, ceux-ci auraient été dans l’incapacité matérielle de renverser Kaddafi, le but recherché dès le départ sinon déclaré. Au moment où commençait la destruction de l’Etat libyen, il n’y avait quasiment personne pour croire que la destruction de l’Etat irakien, survenue huit ans plus tôt, était quelque chose dont les Américains étaient en droit de se féliciter. Mais dès lors que les circonstances permettaient de détruire un autre Etat arabe, l’atavisme impérialiste propre aux Occidentaux, sous l’avatar du droit d’ingérence humanitaire, a vite pris le dessus sur toute autre considération.
Une occasion se présentait d’en finir avec la souveraineté d’un pays arabe, qui pourrait ne pas se représenter, l’erreur ce serait précisément de s’interdire d’intervenir dans ses affaires intérieures, de la laisser passer sans l’avoir poussée à ses ultimes conséquences. Aussi graves et indésirables que puissent être ces dernières, on pourrait toujours faire valoir que du moins la Libye était débarrassée d’une affreuse dictature, et que ce grand œuvre ne pouvait tout de même pas s’obtenir sans quelques sacrifices à consentir par les Libyens. Mais on ne les voit guère aujourd’hui faire montre d’une hâte comparable à assumer les conséquences de leurs actes. Au contraire, ils soutiennent que du moment que c’était une erreur d’intervenir tant en Irak qu’en Libye, c’en serait une autre, plus désastreuse encore, d’entrer dans une véritable guerre contre l’Etat islamique. De tous les leaders occidentaux, c’est Barack Obama, c’est-à-dire le plus influent d’entre eux, qui s’en tient le plus fermement à cette position. Sa mission dans l’histoire récente des Etats-Unis, c’est de faire rentrer les boys au bercail, c’est en partie sur ce programme qu’il a été par deux fois élu, ce n’est pas de les renvoyer se battre là d’où il s’est engagé à les retirer. S’il était déjà en 2003 contre l’intervention en Irak, n’est-ce pas qu’il serait tout à fait incohérent avec lui-même s’il faisait à son tour la même chose à présent ? Il ne se dit pas que l’occupation d’une partie de l’Irak, et de la Syrie, par Daech étant la plus importante des conséquences de l’agression gratuite de 2003, son devoir de président américain est de réparer pour l’essentiel la faute commise par son prédécesseur, et ce, en envoyant des troupes libérer l’Irak. Barack Obama serait tout à fait dans son droit de ne pas vouloir que son armée foule le sol irakien pour en chasser Daech si son pays n’était en rien responsable de l’apparition de celui-ci. Certes, les Etats-Unis sont loin de se laver les mains de ce qui se passe tant en Irak qu’en Syrie, ils mènent des opérations aériennes contre Daech dans les deux pays. Ils ont mis sur pied une coalition formée de dizaines de pays. On ne peut pas nier qu’ils soient en guerre contre Daech. Mais ils se gardent bien de faire en cela preuve du même empressement qu’en 2003 et 2011, quand il s’était agi d’abattre deux dictatures arabes.
M. H.
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