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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 24/07/2018


Naissance d'un nouvel ordre mondial


 Sergueï Lavrov a-t-il réussi à convaincre le gouvernement israélien d’accepter l’élargissement de la zone tampon avec la Syrie à 100 kilomètres de la frontière, qui soit vide de toute présence iranienne, lors de sa visite surprise à Jérusalem accompagné du chef d’état-major Valéry Grasimov ? Au moment où ces lignes sont écrites, les informations sont contradictoires à ce sujet. Des sources prétendent que si, d’autres que non. Toujours est-il qu’on voit mal ce que les Russes peuvent proposer de plus aux Israéliens, pour les amener à s’inscrire dans le plan de paix en Syrie, selon toute apparence convenu entre les eux présidents russe et américain lors de leur sommet à Helsinki. Les Russes ne peuvent pas demander aux Iraniens, qui ont dépensé sans compter, aussi bien en matériel, en argent qu’en vies humaines, pour sauver le régime syrien, de satisfaire à la condition posée par Israël de se retirer entièrement de Syrie, sans que la paix qui se profile à l’horizon ne soit aussitôt remise en cause. En Syrie, les Iraniens ont été leurs meilleurs alliés. Ne serait-ce qu’à ce titre, ils ont des égards pour eux. La situation en Syrie est à un moment charnière : ou bien c’est la paix qui se rétablit dans un délai rapproché, ou bien c’est la guerre qui repart de plus belle, quoique sous une forme différente. Aujourd’hui, c’est la présence iranienne qui est le nœud du problème, en raison de son rejet tant par Israël que par l’Arabie saoudite. De sa résolution dépend la suite des événements.

L’idée que la Syrie peut renouer avec la paix, mais au prix d’une nouvelle guerre opposant l’Iran à certaines des puissances régionales, s’avère de plus en plus improbable. En fait, la paix en Syrie ne peut advenir que si cette deuxième guerre est mise en échec. A l’évidence, c’est à démêler cette difficulté que se consacre pour l’heure la diplomatie russe. Elle est la seule à pouvoir le faire. Les Américains peuvent prolonger la guerre, ils sont en mesure également de la transformer, de l’étendre dans la région, ils ne sont pas en capacité d’y mettre un terme par leurs seuls moyens, par leur seule puissance d’influence et de conviction, par leur toute-puissance autrement dit. Pour la première fois, les Russes leur sont nécessaires pour restaurer la paix au Moyen-Orient, jusque-là leur chasse gardée. Il est difficile de le voir avec la précision voulue pour le moment, mais tout porte à penser que le retour de la paix en Syrie sera le début d’un nouvel ordre mondial. La page ouverte par la chute du mur de Berlin est en train sous nos yeux de se tourner, à supposer que ce ne soit pas déjà fait. Cela n’aurait pas été possible sans la conjonction de deux choses, ou peut-être de trois, à l’origine sans lien entre elles: le retour en force de la Russie sur la scène internationale, sous la présidence de Vladimir Poutine, l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, et la montée en puissance continue de la Chine, l’autre grand facteur de stabilisation. Le temps où les Etats-Unis décidaient de tout et tout seuls, pour le meilleur comme pour le pire, hélas le plus souvent pour le pire, prend fin sous nos yeux. Le sommet d’Helsinki pourrait bien ne pas être le premier et le dernier du genre.


 


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