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19/05/2019
 
 

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Prix littéraires
Kamel Daoud lauréat du prix Del Duca 2019 

  Doté de 200 000 euros, ce prix distingue l'écrivain et journaliste algérien pour l'ensemble de son œuvre.
Le prix mondial Cino Del Duca 2019 sera remis le 5 juin à l'écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud lors de la cérémonie de remise des Grands prix des Fondations de l'Institut de France. Avec une récompense de 200 000 euros, il est le prix le mieux doté au monde après le Nobel de littérature. Cette distinction est décernée chaque année par la Fondation Simone et Cino Del Duca à un auteur français ou étranger dont l'œuvre constitue, sous forme scientifique ou littéraire, un message d'humanisme moderne. Kamel Daoud succède au poète et traducteur suisse Philippe Jaccottet.
Né en 1970 à Mesra dans la wilaya de Mostaganem, Kamel Daoud est issu d'une famille de la classe moyenne algérienne. Aîné d'une fratrie de six enfants, il est le seul d'entre eux à entrer à l'université, où il étudie la littérature et les mathématiques. Il entre en 1994 au «Quotidien d'Oran», puis en devient le rédacteur en chef durant huit ans, avant de contribuer en tant que chroniqueur et éditorialiste à différents médias, dont «Le Point», le «New York Times» et «Le Monde des religions».

Trois Goncourt, sinon rien !
On dit «le» Goncourt, mais c'est mal connaître la curiosité de la célèbre Académie pour l'ensemble de la création littéraire ! Car si, en 1896, le testament d'Edmond Huot de Goncourt stipulait la fondation d'un prix unique, dont la mise en œuvre était confiée à son exécuteur Alphonse Daudet, les jurés qui se sont succédé par compagnies de dix membres depuis 1903 ont finalement choisi, à la fin des années 1970, de se montrer dignes de la générosité intellectuelle et financière des frères Goncourt en créant cinq nouveaux prix, afin de mieux récompenser la diversité croissante de la production littéraire contemporaine. C'est ainsi que sont apparues deux récompenses attribuées en automne, le Goncourt de la biographie en 1980 et le Goncourt des lycéens en 1988, et trois autres décernées au printemps suivant, à la nouvelle (1977), la poésie (1985) et, depuis 1991, au premier roman. C'est donc une «famille» riche de membres éminents qu'ont rejoint au palmarès les lauréats proclamés le 8 mai
2019 !
Le Goncourt du premier roman a été sensible à la tendresse de l'écrivain annécienne Marie Gauthier pour Gil et Félix, les très jeunes personnages de «Court vêtue». Légère de corps et de moralité, Gilberte, la fille du cantonnier chez qui Félix est en stage d'été, trouble vivement
l'adolescent, à la fois ébloui et médusé par la liberté que s'est arrogée cette fille gaie et insouciante. Un premier amour de «vacances» malgré le travail, dans une bourgade écrasée de soleil, dans une maison sans mère où le garçon – désirant sa simple présence autant que son corps juvénile – semble seul à se faire du souci pour Gil. Au dernier jour, c'est l'écriture qui prendra le relais du souvenir, afin que l'histoire ne meure pas…
Caroline Lamarche, distinguée par le prix de la nouvelle pour «Nous sommes à la lisière», est en revanche une auteure prodigue, dont nombres d'ouvrages sont accompagnés d'illustrations. Et l'on est presque surpris qu'il n'en aille pas de même pour ce recueil, assemblage de fables brèves et intenses au formidable pouvoir évocateur, qui placent les forces de la nature au centre de tout, bien que rares soient les personnages à en avoir encore conscience.
Confiés aux quatre éléments, à la faune et à la flore plutôt qu'aux inconséquents humains, les fils invisibles de ces nouvelles à la fois familières et légèrement surréalistes rappellent subtilement que, davantage que l'écologie, c'est la sauvagerie qui exprime la nature, et ce qui la relie à l'Homme. Dans la richesse narrative comme dans l'acuité du regard, Maupassant a trouvé son héritière !
Le prix de la poésie enfin – prix qui valut en 2004 à Jacques Chessex d'être (et rester) le seul écrivain à figurer «légalement» deux fois au palmarès du Goncourt – salue l'œuvre entière du poète armoricain Yvon Le Men. Plus connu peut-être du grand public pour l'un de ses deux seuls romans, au titre intriguant (Si tu me quittes je m'en vais !), ce Breton n'a rien d'un «poète maudit» : auteur largement publié, il sert également la poésie par des chroniques dans les journaux, des ateliers dans les écoles, des spectacles de récitation ou des animations au festival malouin des Étonnants Voyageurs, salué, par la voix de Tahar Ben Jelloun, comme un véritable «passeur de mots», «éclaireur» et fin connaisseur des «chemins de traverse» de la poésie, Yvon Le Men trouve là une consécration méritée.
Il ne vous reste plus qu'à découvrir ou relire ces trois lauréats de grande qualité !


Joëlle Brack

 

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