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19/05/2019
 
 

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Appel de Taleb Ibrahimi, Ali Yahia et Benyelles
Report des élections et dialogue à initier par l’armée 

  Trois anciens ministres, mais à des époques différentes, Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdennour et Rachid Benyelles, personnalités en retrait de la scène politique mais s'exprimant «quand il le faut», ont rendu public hier un communiqué contenant des propositions de sortie de crise, appel fortement imprégné d'un souci de dialogue et de consensus.

Par Nadjib Stambouli

Le texte, dont les auteurs avaient déjà donné l’alerte en octobre 2017 sur le maintien au pouvoir de Bouteflika, commence par saluer les millions d’Algériens qui depuis le 22 février sont sortis dans les rues de l’ensemble des grandes villes du pays. Le communiqué évoque ces marches en termes élogieux : «Par leur caractère massif et strictement pacifique, les manifestations grandioses de ces treize dernières semaines ont forcé l’admiration du monde entier et nous ont rendu notre dignité trop longtemps bafouée, comme elles nous ont permis de recouvrer notre fierté d’appartenir à une grande nation». Le communiqué, intitulé «Appel pour une solution consensuelle», même si l’on peut regretter des formules telles que «vie végétative» ou «moribond» pour décrire l’état de santé du Président déchu, est empreint de sérénité, ce qui n’est pas synonyme de complaisance envers un pouvoir qui a «longtemps bafoué notre dignité». Revenant sur les manifestations qui ont «contribué à renforcer l’unité nationale et la volonté du vivre ensemble, quelles que soient nos différences politiques, et nos sensibilités culturelles ou doctrinaires», les signataires appellent à une transition courte. Pour ce faire, ils puisent dans un registre rassembleur en déclarant : «Les manifestants dont le nombre a atteint des sommets historiques, exigent maintenant l’instauration d’un Etat de droit et d’une véritable démocratie, en passant préalablement par une période de transition de courte durée, conduite par des hommes et des femmes n’ayant jamais appartenu au système profondément corrompu des vingt dernières années». Ensuite, ils esquissent les contours de la transition en y injectant une charge politique : «Cette période est nécessaire pour mettre en place les mécanismes et dispositions permettant au peuple souverain d’exprimer librement et démocratiquement son choix à travers les urnes – un processus qui va dans le sens de l’histoire, et que rien ni personne ne saurait arrêter», avant d’ajouter, concernant la date du scrutin présidentiel : «Porteuse de graves dangers dans une situation régionale tendue, la situation de blocage à laquelle nous assistons par le maintien de la date du 4 juillet ne pourra que retarder l’avènement inéluctable d’une nouvelle République». Encore une fois, l’argument est un retour sur les revendications citoyennes : «Car comment peut-on imaginer des élections libres et honnêtes alors qu’elles sont d’ores et déjà rejetées par l’immense majorité de la population parce qu’organisées par des institutions encore aux mains de forces disqualifiées, opposées à tout changement salutaire ?» Sur la base du constat sur la situation de crise, Taleb, Ali Yahia et le général à la retraite Benyelles concluent par l’appel au dialogue à nouer par l’armée, qu’ils avaient décrite comme «l’institution la moins dépréciée du pays» dans leur communiqué de 2017, qu’ils citent comme référence en fidélité à leur précédent engagement. Le texte se termine sur cet appel: «Nous, signataires de la déclaration du 7 octobre 2017 ainsi que du présent appel, demandons instamment au commandement de l’ANP de nouer un dialogue franc et honnête avec des figures représentatives du mouvement citoyen ( hirak ), des partis et des forces politiques et sociales qui le soutiennent, afin de trouver au plus vite une solution politique consensuelle en mesure de répondre aux aspirations populaires légitimes qui s’expriment quotidiennement depuis bientôt trois mois». Ce document, qui a au moins «le mérite d’exister» selon la formule consacrée, répond en tout ou partie à une demande de plus en plus pressante des citoyens, dont la grande majorité regrette que son engagement protestataire exprimé chaque vendredi ne trouve pas assez d’écho auprès de la classe politique, dans sa frange crédible et qui ne soit pas inscrite dans le mot d’ordre «yetnahaw ga3». Le fait que ces trois personnalités, par-delà les critiques éventuelles qui pourraient être adressées à chacune d’elles prise isolément, prennent leurs responsabilités pour la deuxième fois en deux ans, d’une part, et de l’autre, vu qu’elles ne demandent rien en termes de carrière politique ou de privilèges de pouvoir, les rend plus audibles auprès de l’opinion publique. Ce crédit accordé aux signataires, qui augure d’une suite favorable à l’initiative, tient aussi au fait que les manifestants, autant dire l’ensemble du peuple algérien, ne peuvent être indifférents en voyant dans cet appel que leurs propres revendications ont été prises en considération pour le report des élections et pour un dialogue d’où émaneront ceux qui animeront la transition.


N. S.

 

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