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24/03/2019
 
 

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Constitutionaliste et économiste débattent de la période de transition
«Agir vite mais rester patient et pacifique» 

  «Nous vivons une période historique, on disait il y a quelque temps que les Algériens étaient dans le coma, mais depuis le début des manifestations le 22 février, le peuple a prouvé qu'il était conscient et prêt à prendre son destin en mains. Les revendications sont légitimes, en cette période, il faut agir vite tout en respectant la constitution», assurent la constitutionaliste Benabbou et l'économiste Lalmas.

Par Thinhinene Khouchi

Invité hier au forum
d’«El Moudjahid», Fatiha Benabbou, spécialiste en droit constitutionnel et Smail Lalmas, économiste, ont débattu la gestion de la période de transition et les alternatives proposées pour éviter le blocage des institutions de l’Etat. A ce propos, Benabbou a indiqué qu’il été primordial de préserver la stabilité du pays et ses institutions constitutionnellement établies. Une préservation qui devrait permettre d’éviter une situation de vide constitutionnel et juridique susceptible d’affaiblir ces institutions et nuire à la réputation et aux intérêts de l’Algérie. En effet, en dépit des appréhensions exprimées par certaines voix qui s’élèvent ici et là sur l’éventualité de se retrouver face à un vide constitutionnel et, par voie de conséquence, le passage inévitable par une période de transition, semblable à celle vécue par le pays dans les années 1990, cette experte en droit constitutionnel a affirmé que toutes les institutions de l’Etat fonctionnent normalement et conformément à la Constitution. Elle estime également que les issues juridiques et constitutionnelles existent, «ce qui constitue une garantie du processus démocratique». C’est dans ce sillage que la juriste et spécialiste en droit constitutionnel Fatiha Benabbou, considère que «plusieurs articles de la loi fondamentale sont en mesure de contenir la situation actuelle», et qui permettent de «préparer la prochaine étape en toute légitimité, et organiser des élections présidentielles de manière ordinaire». Selon ses propos, «la préservation du processus démocratique adopté par l’Algérie depuis plusieurs années, sera assurée en s’appuyant sur un nombre d’articles de la Constitution qui détaille dans son article 102, nombre d’éventualités auxquelles il est possible de se référer en cas de nécessité». Benabbou considère que «les élections présidentielles peuvent être organisées à court terme», mettant en relief le fait inaliénable que «le peuple est source de tous les pouvoirs».  Au sujet du report des élections, Benabbou a affirmé que là aussi «les cas de report sont clairement énoncés dans la loi fondamentale». Evoquant l’éventualité d’une période de transition durant laquelle un dialogue national inclusif sera engagé avant l’organisation des élections présidentielles, la constitutionnaliste a souligné que les périodes de transition ne sont pas prévues dans le texte fondamental, car «c’est le suffrage universel qui confère la légitimité». Elle relève, en revanche, le fait que le passage par la transition ne constitue pas pour autant une mauvaise idée, «même si le pouvoir qui en découlera ne jouira pas de toute la légitimité souhaitée, et demeure vulnérable face aux pressions de la classe politique et celles émanant de l’étranger». Benabbou a ensuite indiqué que la quatrième mandature de Abdelaziz Bouteflika prend fin le 28 avril. Si après cette date, il reste en poste, il continuerait donc à assurer les affaires courantes de l’État, il deviendrait alors «un président anticonstitutionnel», assure-t-elle. De son côté, l’économiste Smail Lalmas a assuré que «la situation de l’économie du pays est très grave, on n’a pas le temps pour aller vers des réunions, nous devons agir vite car je connais la situation économique du pays et il faut vraiment agir vite si on ne veut pas se re- trouver avec des caisses vides». En ce qui concerne le manque de dialogue entre le gouvernement et les manifestants, Lalmas a indiqué : «On demande au peuple d’avancer leurs représentants mais qui sont les représentants du gouvernement ?» ajoutant : «Le seul représentant du peuple est le peuple lui-même. Les sorties du vendredi sont des réponses au gouvernement et personne ne peut prétendre représenter ce mouvement». Comme solution à la gestion de cette période de transition, l’économiste propose : «Le président du Conseil de la nation actuel peut démissionner et être remplacé par une personne choisie par le peuple, et après la fin de la quatrième mandature de Abdelaziz Bouteflika le 28 avril, l’élu du peuple remplacera le président, il sera alors un simple intérimaire et préparera les élections présidentielles dans un délai qui ne dépasserait pas deux mois». Enfin, l’économiste ainsi que la constitutionaliste ont appelé le peuple à être patient et pacifique jusqu’à obtention de leurs exigences.


T. K.

 

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