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22/09/2019
 
 

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Déplorant l'instabilité de la législation sur les hydrocarbures
Mourad Preure : «Les pétroliers n’aiment pas les changements de règles» 

  «La puissance pétrolière de l'Algérie ne doit pas être perçue dans le niveau de ses réserves ou de sa production, mais dans la puissance de Sonatrach». C'est ce qu'a estimé hier Mourad Preure, expert pétrolier, sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale.

Par Lynda Naili

A ce titre, avec une loi sur les hydrocarbures qui depuis des mois tarde à voir le jour, et une décision de maintien de la règle des 51/49 pour les projets stratégiques dans la future loi de finances 2020, abordant la question du marché énergétique national, l’invité de la rédaction de la Chaîne 3, Mourad Preure, a déploré une fois de plus l’instabilité de la législation économique, notamment dans son volet concernant les hydrocarbures qui, estimera-t-il, non seulement fait fuir les majors pétrolières mondiales mais aussi pénalise le développement et la croissance de la Sonatrach. «Comme dans un match de foot, les pétroliers n’aiment pas les changements de règles», a-t-il ironisé. De ce fait, plaidant en faveur d’une législation stable, ouvrant la voie à une association de cette compagnie avec des partenaires leaders, il considérera que «la puissance pétrolière de l’Algérie ne doit pas être perçue dans le niveau de ses réserves ou de sa production, mais dans la puissance de Sonatrach». Et d’appeler ainsi «au renforcement de la compagnie nationale pétrogazière pour qu’elle puisse monter des partenariats stratégiques avec des leaders qui partagent avec elle les risques».
En outre, évoquant les réserves nationales en hydrocarbures pour lesquelles beaucoup crient leur amenuisement, l’expert pétrolier, lui, se montre plus tôt optimiste. «Nous avons 12 milliards de barils de réserves. Celles de Hassi Messaoud, à sa découverte, étaient de 50 milliards de barils. On a soutiré 15% des réserves de Hassi Messaoud avec un taux de récupération de 26 à 27%», a-t-il argumenté. Et d’ajouter que «si on augmente le taux de récupération à Hassi Messaoud, on a plusieurs décennies de pétrole». Ce qui est sûr, appuiera-t-il, c’est que «l’avenir de l’Algérie est dans le taux d’augmentation de récupération des gisements». «Notre domaine minier est sous- exploré», a-t-il indiqué, faisant qu’il n’exclura pas «de bonnes surprises». Le problème, dira-t-il, «est qu’il faut reconsidérer complètement notre doctrine en la matière». Trouvant ainsi «anormal que pendant quinze ans, on a ralenti l’investissement dans l’exploration/production, on a sollicité à l’extrême des gisements comme celui de Hassi R’mel pour soutenir les exportations». «De 1986 à 2005, on a brouillé l’image de l’Algérie. Pendant vingt ans, la législation (sur les hydrocarbures) n’a pas été touchée».

Attaques des installations saoudiennes : «Les effets de ce choc n’ont pas révélé toute leur ampleur»
Par ailleurs, ayant entamé le début de l’émission sur l’impact des attaques du 14 septembre dernier sur des installations pétrolières du géant saoudien Aramco, Mourad Preure estimera que «les effets de ce choc n’ont pas révélé toute leur ampleur». Il s’agit là, dira-t-il, d’«un événement exceptionnel» qui permet aux faibles de frapper le fort et de bloquer son système». «Nous sommes dans une figure de guerres asymétriques qui ont franchi un bond technologique qualitatif déterminant où les faibles ne cherchent pas à conquérir le territoire du fort. Ce qu’il cherche, c’est de transplanter le théâtre d’opérations réel vers un autre virtuel», a-t-il poursuivi.Relevant que les marchés de l’or noir «ont intégré cet événement exceptionnel», ces derniers, dira-t-il, procèderont toutefois «à la réévaluation des risques géopolitiques». Et pour cause, affirmant que l’Arabie saoudite qui a réduit 50% sa production, soit 5% de la production mondiale bloquée, «est capable de supporter ce choc dans l’immédiat», l’expert estimera qu’en plus de la déclaration de Trump annonçant le déstockage de réserves américaines de brut, «il n’y aura pas de manière mécanique une baisse de l’offre parce que d’abord l’Arabie saoudite, en plus d’avoir des stocks qui lui permettent de tenir 35 jours, a des capacités inutilisées de 2 millions de barils/jour». A cela s’ajoutent des exportations de l’ordre de 7 millions de barils/jours pour une production actuelle de 9,9 millions b/j. Néanmoins, soulignera Mourad Preure, l’ampleur des dégâts portés sur les équipements saoudiens touchés par les attaques de drones houtis, qui d’après lui «sont plus importants que ce qui est dit», posera des difficultés aussi bien financières que temporelles à l’Arabie saoudite de remettre en marche ses installations. Ce qui déduira-t-il, pèsera fortement sur les marchés pétroliers dans la mesure où «la perte de production va se traduire par une hausse des prix», lesquels devraient à coup sûr «stimuler le gaz de schiste américain».

L. N.

 

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