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31/03/2020
 
 

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L'avenir est dans nos entreprises
Un plan d'urgence pour l'économie s'impose

  Par Mourad Hadjersi

Chute vertigineuse des prix du baril du pétrole, pandémie, économie à l’arrêt, population confinée, et des lendemains incertains. Tel est le tableau qui s’affiche devant nous, à l’image d’ailleurs de presque les deux tiers des pays de notre monde.
Il est évident que le cas de l’Algérie diffère de loin des autres pays, même comparativement à nos proches voisins. Cette crise que nous vivons intervient après une vingtaine d’années de gabegie à tous les niveaux de l’Etat et une gestion mafieuse des affaires publiques, suivies d’une année d’instabilité politique due à la déchéance de l’ancien président et un passage à vide institutionnel. Il y a juste un peu plus de trois mois, l’Algérie a élu son président, qui se retrouve face à une crise inextricable selon les paramètres actuels. Pour l’heure, le plus urgent réside dans la prise en charge des malades victimes de la pandémie et surtout tenter de juguler l’expansion du virus parmi la population, avec les moyens du bord ou à défaut, si la situation se dégrade, une éventuelle intervention des moyens sanitaires de l’Armée nationale. Nous ne sommes pas encore là. En attendant, l’Exécutif se retrouve aussi devant l’obligation d’assurer la logistique et surtout la disponibilité des denrées alimentaires pratiquement pour les citoyens.
Sauf que devant des structures et organismes publics défaillants, héritage de l’ancien système, à l’image du Croissant-Rouge et même du ministère de la Solidarité que chapeaute un de ses ministres, le chef de l’exécutif, Abdelaziz Djerad, s’est vu contraint, avant-hier, d’imposer un mécanisme de soutien à la population, notamment sa frange déshéritée, en ordonnant aux walis et élus locaux de s’impliquer directement dans l’organisation des aides en engageant plus précisément des citoyens et des représentants de quartiers. Toutefois, ces volets sanitaire et social ne doivent, en aucun cas, voiler un autre, d’une grande importance, et dont on a tendance à évacuer pour l’heure dans cette ambiance de peur, l’économie du pays dans tout son ensemble.
Sauvegarder l’ossature existante, pour le moment
Ne dit-on pas que «gérer c’est prévoir», c’est savoir anticiper, et actuellement nos décideurs semblent plus confinés dans l’urgence de la situation sans pour autant tenter de voir au-delà de l’horizon. Déjà moribonde, notre machine économique est quasiment à l’arrêt, depuis le début de cette pandémie du Covid-19. Exception faite pour quelques secteurs vitaux, hydrocarbures par exemple, le reste de nos entreprises est sans activité. Pour éviter l’effondrement total qui risque de se produire dès la fin du confinement de la population et dont d’ailleurs personne ne peut prévoir la durée, les autorités doivent réfléchir à des mécanismes pour sauver ce qui peut être sauvé de notre tissu économique. Nos opérateurs ne cessent de tirer la sonnette d’alarme depuis deux semaines, en appelant à l’instauration d’un cadre de concertation avec les pouvoirs publics pour amortir le choc et sauver des dizaines, voire des centaines de milliers d’emplois. Pour commencer, et dans ce contexte de pandémie, tout un pan de l’activité industrielle nationale peut être réactivé et soutenu, à l’image des secteurs de la pharmacie, chimie, agroalimentaire, textile, équipement et dispositifs médicaux et autres. Le patronat avance toute une batterie de mesures que le gouvernement pourrait mettre en place afin de soulager l’outil de production national. Il cite, entre autres, un rééchelonnent des échéances fiscales et parafiscales, accélération des procédures d’accès aux crédits d’exploitation au profit des entreprises, au cas par cas, avec un taux d’intérêt «0» pour celles affectées des circonstances de la pandémie, mais surtout sécuriser l’approvisionnement des entreprises et des marchés sur l’ensemble du territoire national. D’autres mesures doivent être envisagées, en complément, pour permettre une fluidité dans les activités, à l’image d’un haut débit Internet pour encourager le travail à distance et réduire les déplacements du personnel, une tacite reconduction de toutes les autorisations et une instruction aux collectivités locales pour faciliter les démarches administratives au profit des entreprises. En somme, c’est toute une politique économique d’urgence qui doit être élaborée si on veut sauvegarder nos entreprises (publiques et privées) et éviter un effondrement de notre outil de production susceptible d’engendrer une crise de l’emploi, dans un avenir très proche.


M. H.

 

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