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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 19/10/2017


L’épreuve de réalité


 Tout ce que le monde compte de séparatistes attendant leur heure a dû suivre avec le plus grand intérêt les proclamations d’indépendance des Kurdes d’Irak et des Catalans et les suites qu’elles ont connues. En Ecosse, par exemple, où cette revendication reste forte bien qu’elle ait été déjà repoussée par une majorité d’électeurs, les indépendantistes catalans, eux plus précisément, n’ont évidemment manqué ni de sympathie ni d’encouragements les engageant à rester fermes sur leur position. En effet, une victoire de séparatistes en Espagne aurait bien auguré de la leur, d’autant plus que pour ce qui les concerne, l’Union européenne ne devrait pas leur compliquer la tâche, comme elle le fait avec les Catalans, en leur faisant savoir par avance qu’elle ne constituerait pas pour eux une patrie de rechange. Les Ecossais ayant voté contre le Brexit ne devraient pas avoir beaucoup de difficultés à se faire admettre dans l’Union s’ils pouvaient organiser un autre référendum d’indépendance et suivre cette fois-ci l’exemple donné aussi bien par les Catalans que par les Kurdes. En Algérie même, où pourtant il n’existe pas, du moins pas encore, de mouvement du même genre et qui soit suffisamment ample pour être pris au sérieux, bien des gros titres de journaux ont salué les victoires du oui au Kurdistan irakien et en Catalogne. Seulement, les séparatistes du monde entier ont dû vite déchanter à voir la tournure des événements en Irak et en Espagne au lendemain des référendums d’indépendance.

Autant ces référendums avaient donné lieu à une écrasante majorité de oui, comblant les attentes des séparatistes, autant les jours d’après ont révélé leur faiblesse politique insigne. Non seulement les pouvoirs centraux ne se sont pas laissé impressionner par des scores frisant l’unanimité, ce qui du moins n’a pas été le cas en Ecosse, mais ils ont été prompts à reprendre les choses en mains, au nom de l’ordre constitutionnel. C’est ainsi que l’armée irakienne n’a rencontré aucune résistance de la part des peshmergas, ce qui d’ailleurs était prévisible, quand elle s’est répandue dans Kirkouk et autour de ses champs pétroliers. Et Madrid n’a demandé qu’une seule chose aux séparatistes catalans : qu’ils disent de façon à ne laisser aucun doute si oui ou non ils ont proclamé l’indépendance, de lever l’ambiguïté de leur déclaration post-référendum. Dans le cas du oui, ils perdraient jusqu’à l’autonomie, eux qui ne voulaient rien moins que l’indépendance. Comme nulle clarification n’est venue des séparatistes, Madrid a préféré plutôt que d’attendre en pure perte de mettre aux arrêts deux de leurs têtes d’affiche pour cause de sédition, histoire à la fois de s’accorder un délai supplémentaire d’observation et de montrer qu’il ne plaisante pas, qu’il pourrait exprimer son autorité de façon plus claire encore. Même son de cloche du côté de Baghdad, pour qui le référendum appartient désormais au passé. Jusqu’à ces derniers développements, l’éclatement de l’Irak et de l’Espagne à plus ou moins brève échéance était une possibilité qu’on ne pouvait pas exclure. Il a fallu que cette perspective connaisse un début de réalisation pour qu’elle apparaisse bien plus compliquée qu’il n’y paraissait. Les deux séparatismes sont en tout cas sortis de l’épreuve plus faibles qu’ils n’y étaient entrés.


 


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