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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 24/03/2019


Fin de Daech dans une Syrie toujours occupée


 En Irak, après la reprise de Mossoul en juillet 2017, il a fallu attendre décembre de la même année pour que le Premier ministre de l’époque, Haider El-abadi, proclame la fin de la guerre contre Daech. Une chose est de proclamer la fin d’une guerre, une autre d’annoncer la victoire. Cela est encore plus vrai s’agissant d’une organisation terroriste qui ayant vu le jour des années avant qu’elle ne se taille en 2014 un vaste Etat à cheval entre la Syrie et l’Irak peut survivre à sa chute, peut-être pour des années encore. Comme Protée, Daech ne finit dans un avatar que pour réapparaître dans un autre. Le gouvernement irakien de l’époque était d’autant moins fondé à proclamer la victoire sur lui qu’il ne pouvait même pas se flatter d’avoir éliminé son chef, Aboubakr Al-baghdadi, qui courait encore. Qui court toujours du reste, alors même que Daech vient de perdre son dernier réduit en Syrie, ainsi que viennent de le faire savoir les Forces démocratiques syriennes, mais toutefois plusieurs heures après que le président américain, Donald Trump, eut fait la même annonce. Contrairement donc à ce qui s’était passé en Irak, à la fin de 2017, on ne verrait probablement pas un représentant du gouvernement syrien annoncer ni la victoire sur Daech, ni même seulement la fin de la guerre contre lui, et ce, ni prochainement ni plus tard.
 

C’est qu’en Syrie, la fin de Daech ne signifie pas la fin de l’occupation d’une partie du pays par des forces autres que celles relevant de l’Etat syrien. Dans ce pays, les forces d’occupation sont en effet nombreuses et diverses. Pour que les Syriens puissent annoncer la fin de la guerre, il faut que toutes ces forces occupantes soient parties. Ce n’est encore le cas d’aucune, qu’elles soient ennemies ou amies d’ailleurs. A l’est de l’Euphrate, en plus des unités à dominante kurde, il y a au premier chef les quelque 2000 soldats américains, qui devaient être partis si le président américain n’était pas revenu sur sa première décision de les rappeler à la fin de l’année écoulée. Au nord-ouest se trouvent les forces turques, qui loin de se préparer à repasser la frontière, ne demandent au contraire qu’à mieux s’y implanter. En fait, si cela ne tenait qu’aux Turcs, c’est une bonne partie du nord de la Syrie qui passerait sous leur contrôle pour une durée indéterminée. Et ce n’est pas tout, il faut aussi faire mention des centaines de miliaires français et britanniques, qui pour ce qui les concerne non plus n’abandonneraient leurs positions qu’en dernier recours. Enfin, il y a Idleb, qui est toujours aux mains de Hayat Tahrir Echam, l’ex-Front Nosra, une organisation unanimement considérée comme terroriste, y compris par les Turcs, qui pourtant s’opposent à toute offensive visant à la déloger de ce dernier bastion. Ainsi donc, si Daech a dû lâcher prise à Baglouz, ce n’est en revanche pas encore le cas de la section locale d’Al-Qaïda, ce qu’elle doit non pas à ses capacités de résistance mais aux visées turques en Syrie. Pour la Turquie l’ennemi ce n’est pas tant les djihadistes que les Kurdes syriens, qui entendent édifier leur propre entité étatique. Pour cette raison principalement, de même qu’à la fin de l’année dernière, s’il y a quelque chose qui puisse se produire qui aurait pour effet de rendre plus proche le moment où la Syrie pourrait à son tour faire une annonce comme celle faite par l’Irak dès la fin de 2017, ce serait que Donad Trump revienne à sa première idée de faire rentrer les troupes, maintenant qu’il vient de proclamer la victoire totale sur Daech.


 


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