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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 30/03/2017


Optimisme de commande


 Ainsi que l’a répété à la veille du dernier sommet de la Ligue arabe en Jordanie le ministre égyptien des Affaires étrangères, un accord existe bel et bien entre la communauté internationale, incarnée en l’occurrence par l’ONU, et les pays voisins, et cela tant sur ce qu’il faut faire que sur ce qu’il ne faut pas faire pour sortir la Libye de sa crise actuelle. A bien l’entendre, comme tout le monde est en train de pousser dans le même sens, l’issue ne devrait pas tarder à prendre forme. Il n’est pas allé jusqu’à dire que ce n’était plus désormais qu’une question de jours, mais c’est bien là le message qui se dégageait de ses propos. La partie du communiqué final du sommet consacrée à la Libye n’est pas faite pour le contredire. En fait, on trouverait difficilement un cas où l’entente est aussi parfaite entre les Etats arabes, si l’on met à part la Palestine. Ce consensus arabe repose sur trois points essentiels : l’appui à l’accord de Sekhirat, et à ce qui en a découlé en droit fil, le gouvernement dit d’union nationale dirigé par Fayaz El Serraj, le rejet de toute solution militaire, et par suite le dialogue entre les protagonistes libyens comme seule voie de sortie de la crise. Or la communauté internationale, qu’on entende cette appellation au sens étroit ou au sens large, ne l’entend pas différemment. Reste donc les premiers concernés, les Libyens eux-mêmes, à convaincre de s’inscrire dans la même optique salutaire, à se reconnaître mutuellement d’abord, puis à se parler en vue de surmonter leurs différends.

Les amener à de meilleurs sentiments les uns envers les autres devrait d’ailleurs pouvoir se faire sans grande difficulté avec autant de bonnes volontés penchées sur leur cas. Certes ce résultat n’a pu être obtenu jusque-là, en dépit des efforts déployés pour ce faire aussi bien par l’émissaire onusien que par les pays voisins, mais c’est que souvent le bon sens, l’intérêt immédiat lui-même, ne finissent par prévaloir qu’en dernier lieu. Les parties libyennes seraient aujourd’hui, à en croire du moins le chef de la diplomatie égyptienne, ce qu’il faut se garder de faire bien sûr, plus disposées à dialoguer entre elles, car elles auraient en quelque sorte épuisé toutes les autres voies de violence. En vérité, les paroles du ministre égyptien sont de circonstance. A la veille d’un sommet de la Ligue arabe, il est bon pour l’Egypte, qui tient la boutique, de se montrer de force à trouver une solution au moins à l’une des crises arabes actuelles. Elle ne peut rien faire en Syrie, où sont déjà fort impliqués Russes et Américains, rien non plus en Irak, qui échappe à son contrôle, ni même au Yémen, parce que cela reviendrait à marcher sur les plates-bandes de l’Arabie Saoudite, à vouloir s’immiscer autant dire dans l’une de ses affaires intérieures, le pays en question étant sa chasse gardée. Or il ne faut rien faire et même rien dire qui puisse la mécontenter. Eviter en particulier la moindre allusion quant à sa responsabilité dans la famine qui a fait son apparition au Yémen et menace de s’étendre. Alors ne reste apparemment que la Libye où la Ligue pourrait peut-être accomplir une action d’éclat en y ramenant par ses seuls efforts la paix et l’unité. Cette tâche est d’autant plus indiquée que c’est en en partie de sa faute si la situation dans ce pays est ce qu’elle est aujourd’hui.


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