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LA QUESTION DU JOUR Par  Mohamed Habili 18/11/2019


Commémoration


 Le nombre des Gilets jaunes sortis samedi dernier célébrer le premier anniversaire de leur mouvement a été estimé à moins de 30 000 sur l’ensemble de la France, ce qui ne semble pas une foule particulièrement nombreuse. A Paris, ils n’auraient été qu’un peu plus de
4 000. Toutefois, si l’on en juge par la mobilisation des forces de l’ordre et tout autant par celle des officiels, dont le président Macron, qui a tenu à ce que les Français sachent qu’il était à son poste à l’Elysée et qu’il suivait les événements de très près, on serait porté à croire qu’en fait ils étaient beaucoup plus nombreux. La réalité, c’est que dès le début, ce mouvement, bien plus de contestation que de revendication d’ailleurs, a toujours impressionné ses adversaires bien plus par sa nature que par le nombre qu’il drainait à chacune de ses journées. Passé ses premières semaines, où tout de même le risque avait été sérieux qu’il fasse boule de neige, il n’a pu faire descendre dans les rues, et regrouper dans les ronds-points, que quelques milliers de personnes sur tout le territoire français. Hors de France, on pouvait même croire à partir d’un certain moment qu’il était mort de sa belle mort, tellement il avait cessé de faire parler de lui. Qu’il soit donc parvenu à faire sortir autant de monde samedi dernier, à l’occasion de son premier anniversaire, est en soi une sorte d’exploit. Ce 16 novembre, on dirait que même les forces de l’ordre ont tenu à marquer à leur manière le coup, en faisant en sorte qu’il n’y ait du côté des manifestants aucune de ces blessures de guerre qu’elles avaient souvent infligées par le passé.

Aucun des Gilets jaunes, qui d’ailleurs pour l’occasion n’étaient pas en jaune mais plutôt en noir, n’a perdu un bras ou un œil, comme il était à craindre. A un certain moment, on apprend que la marche devant partir de la Place d’Italie est annulée sur ordre du préfet de police, au motif que les casseurs y sont déjà en action. Là-dessus, c’est le préfet de police en personne qui se fend d’une déclaration comme quoi, c’était là quelque chose de programmé et de voulu, que cela entrait dans un plan conçu pour « nasser » les casseurs à cet endroit et pas à un autre. Quelque chose que tout le monde a remarqué alors, c’est l’absence à ses côtés du ministre de l’Intérieur, ce qui était de nature non pas à effrayer mais au contraire à rassurer les partisans de l’ordre. Si Christophe Castaner n’est pas aux premières lignes cette fois-ci, c’est que la situation est bel et bien sous contrôle. C’aurait été lui qui aurait pris la parole à ce moment, alors là oui, le pire aurait été à craindre. Bloqués sur la Place d’Italie, les manifestants en ont profité pour vandaliser le monument dédié à la mémoire du maréchal Juin. Il faut croire qu’ils ne professent pas un respect débordant pour un militaire qui ne s’est rallié que sur le tard au combat contre l’occupant nazi. Il a été ensuite contre l’indépendance du Maroc, puis contre celle de l’Algérie. Dans les dernières années de sa vie, il n’était plus toléré dans les cérémonies et célébrations relatives à la Seconde Guerre mondiale. On a dédié un monument commémorant quelqu’un qui de son vivant ne pouvait pas assister aux commémorations. Une contradiction que les Gilets jaunes ont voulu résoudre, histoire de faire quelque chose de leurs mains et de leurs bras, enfermés qu’ils étaient sur la Place d’Italie.
 


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