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Commentaire Par Fouzia Mahmoudi 22/09/2019

Immigration

 Si Valérie Pécresse a quitté Les Républicains il y a quelques mois car estimant que le parti de droite virait vers une politique trop droitière, elle garde certains principes de base de sa famille politique, notamment concernant le dossier de l’immigration. «Nous avons besoin d’un choc d’autorité». C’est le constat fait cette semaine par Valérie Pécresse, qui a fondé il y a deux ans le mouvement Soyons Libres (SL), dans «Le Journal du Dimanche», elle estime que c’est «le décalage entre (le) discours et (les) actes qui fait monter le populisme». La présidente de la région Île-de-France dit ne voir «aucune rupture» entre la politique du président Emmanuel Macron et celle de son prédécesseur François Hollande, et propose que l’obtention de la nationalité française «ne (soit) plus automatique». Considérant que «ce qui attire en France les clandestins, ce n’est pas le plein-emploi, mais la générosité de (la) politique sociale», l’ex-membre du parti Les Républicains se dit favorable à «la restriction de l’AME (aide médicale d’État) au seul panier de soins nécessaires» et suggère de ne pas accorder de titre de séjour aux personnes «qui viennent en France se faire soigner». Valérie Pécresse souhaite aussi «négocier (le) retour dans leurs pays d’origine» des mineurs isolés et des prisonniers étrangers, en conditionnant ces retours à l’aide au développement. Elle suggère également d’expulser ceux qui ne respectent pas «la loi de la République». «L’immigration ne doit pas se faire contre l’identité nationale. La loi de la République s’impose, pas celle du pays d’origine ni de la religion. Et quand on l’enfreint, on rentre dans son pays». Valérie Pécresse veut aussi limiter le regroupement familial en «(relevant) les plafonds de ressources actuels». Favorable à des «quotas» d’immigration par métier, elle propose que les demandes d’asile en provenance de pays considérés comme sûrs se fassent dans les ambassades françaises de ces pays. Au niveau européen, elle suggère que «seuls les États qui arrivent à faire respecter leurs frontières» restent dans l’espace Schengen et veut une «taxe européenne sur les visas pour les ressortissants extracommunautaires» qui financerait l’agence Frontex, chargée de la sécurité des frontières extérieures à l’UE. En vue du débat sur l’immigration fin septembre, Emmanuel Macron a demandé cette semaine à sa majorité de «dépasser les clivages et les tabous», pour notamment s’attaquer aux abus du droit d’asile, ou au panier de soins de l’AME dont bénéficient des étrangers en situation irrégulière. Des thèmes que Pécresse avait laissés par le passé de côté, se présentant plutôt comme une centriste de droite, mais ces sujets aujourd’hui avec la popularité du Rassemblement National sont devenus incontournables. Pécresse y voit là certainement une opportunité pour se faire remarquer par l’électorat de droite, alors que Macron lui-même semble décidé à attaquer le dossier de l’immigration de front quitte à froisser ses alliés les plus coulants sur ces questions.
 

 

 

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