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POINT chauds Par Fouzia Mahmoudi 17/08/2017

Acharnement

 Si ces derniers mois une forte tension, entretenue par Recep Tayyip Erdogan, oppose la Turquie à l’Allemagne, un autre pays européen pourrait bientôt se retrouver dans la ligne de mire d’Ankara. En effet, trois semaines après l’arrestation de Loup Bureau par les autorités turques, le président Emmanuel Macron a fait part, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue turc, de sa «préoccupation» au sujet de la détention du journaliste français, a fait savoir l’Elysée dans un communiqué. Le jeune président a «exprimé sa préoccupation sur la situation de Loup Bureau, étudiant en journalisme détenu en Turquie et son souhait que notre compatriote puisse être de retour en France le plus vite possible», écrit la présidence, qui ajoute que les deux dirigeants ont «convenu» d’aborder une nouvelle fois le sujet «la semaine prochaine». Le reporter français, âgé de 27 ans, et étudiant à l’Institut des hautes études des communications sociales (IHECS) de Bruxelles, a été interpellé le 26 juillet dans la région de Silopi, dans la province de Sirnak, frontalière de l’Irak et de la Syrie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG, un mouvement considéré comme une organisation terroriste par le régime turc, eurent été trouvées en sa possession.

Il a notamment collaboré avec les chaînes TV5 Monde et Arte, et le site Slate. Les avocats du journaliste, Martin Pradel et Rusen Aytac, ont par ailleurs annoncé dans un communiqué transmis la semaine dernière qu’il avait été mis en examen par un juge qui l’a considéré comme suspect d’appartenir à «une organisation terroriste armée», et ce, malgré ses dénégations. Le père du journaliste français avait dénoncé le 11 août l’«acharnement» des autorités turques et regretté le «silence général» de la classe politique française depuis l’interpellation de son fils. Lundi, une trentaine d’intellectuels tels qu’Elie Barnavi, André Comte-Sponville et Caroline Fourest ont demandé sa libération dans une tribune publiée dans Le Monde. «L’accusation dont il fait l’objet (…) nous paraît totalement infondée, injustifiée, sinon absurde, tant sur le plan politique qu’idéologique, outre son aspect inhumain, absolument contraire au respect, en matière juridique, du droit international», dénoncent-ils. Un comité de soutien a également été créé par des proches de Loup Bureau. Mais ce sont bien les efforts de l’Élysée qui pourraient faire la différence, même si l’on se doute que pour le moment l’utilisation d’un style très retenu a aura été choisi pour ne pas heurter l’égo fragile d’Erdogan. Pourtant, ce simple coup de fil pourrait être interprété par ce dernier comme une attaque contre sa présidence. Reste à savoir si le dirigeant turc réussira à accepter la requête de Macron avec calme ou si elle déclenchera le début d’une série d’attaques, comme c’est le cas pour l’Allemagne, qui ne fait que nuire à l’image de la Turquie.
 

 

 

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