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mardi 25 juin 2024

Confédération des syndicats algériens: Vers le réveil du front social

Les syndicats autonomes issus de plusieurs secteurs, regroupés sous l’égide
de la Confédération des syndicats algériens, multiplient les réunions pour décider
de l’organisation d’une grève nationale, afin de dénoncer la dégradation du pourvoir
d’achat des travailleurs algériens.

Par Thinhinene Khouchi

Le front social est en ébullition. Et pour cause, le travailleur algérien
étouffe et ne voit plus le bout du tunnel, vu la dégradation continuelle du pouvoir d’achat. Afin d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs par une revalorisation salariale, la révision complète du système d’indemnisation, le rétablissement du droit à la retraite sans condition d’âge, la titularisation des travailleurs, ainsi que d’autres revendications, les réunions se multiplient entre les 16 syndicats issus de plusieurs secteurs, à savoir l’Education, la Santé, le Transport…, regroupés sous l’égide de la Confédération des syndicats algériens, afin de fixer une date pour l’organisation d’un boycott national. En effet, si le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) a décidé de maintenir son appel d’observer une grève à partir du 2 novembre prochain, les autres syndicats attendent d’organiser une grève nationale dans le cadre de la Confédération des syndicats algériens (CSA). Selon Sadek Dziri, président de l’Unpef, contacté hier par téléphone, «une réunion des 16 syndicats issus de plusieurs secteurs a eu lieu jeudi dernier, mais à l’issue de laquelle nous n’avons pas encore fixé la date de notre action de protestation». Dziri a indiqué que «le CSA se réunira encore la fin de cette semaine pour décider». Contrairement au Cnapeste, «l’Unpef ne fera pas grève à part. On appellera à une grève générale dans le cadre du CSA», nous confie Dziri. Idem pour Boualem Amoura, président du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), qui a d’abord dénoncé la situation des travailleurs algériens, notamment ceux de l’Education. Il a indiqué que «le constat est amer. Il y a une érosion vertigineuse du pouvoir d’achat. Les prix de tous les produits ont connu une flambée de façon inacceptable, alors que les salaires n’ont pas augmenté depuis 2012. C’est une situation que nous avions prévue depuis 2016, mais personne ne nous a écoutés». «Nous sommes pour une protestation collective entre les différents syndicats issus des secteurs de l’Education, de la Santé, des Transports, de l’Enseignement supérieur… car le problème du pouvoir d’achat touche aujourd’hui tous les travailleurs algériens», nous a-t-il confié. Notre interlocuteur nous a affirmé que «le CSA est pour une protestation nationale qui poussera le gouvernement à prendre les décisions adéquates et urgentes afin d’améliorer le pouvoir dans un contexte marqué par l’augmentation des prix des produits de large consommation». Il précisera : «On attendra cette semaine pour décider et fixer la date de la grève ainsi que sa durée». Commentant la position du Cnapeste, Amoura a indiqué que «même si le Cnapeste est affilié au CSA, il a décidé de faire cavalier seul. Cela le regarde». En outre, il est à noter que plusieurs syndicats ont appelé à la protestation. Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste, a indiqué qu’«il n’y a aucune stratégie claire permettant de régler les problèmes dans le secteur» et «la grève sera renouvelée chaque semaine». Même ras-le-bol du côté de la Santé où l’Intersyndicale de la santé, qui représente les chercheurs hospitalo-universitaires, les médecins généralistes de santé publique et les paramédicaux, a annoncé, jeudi, dans un communiqué, l’organisation d’une journée nationale de protestation le 3 novembre prochain, «comme première action». Les syndicats Snechu-Snpsp-SAP ont exprimé «leur déception quant à la non-concrétisation sur le terrain des différentes directives du président de la République concernant l’amélioration des conditions de travail ainsi que la situation socio-économique de ces corps», précisent les signataires du communiqué. Selon eux, «il est regrettable de revenir encore une fois à la protestation comme seul moyen de communication».
T. K.

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