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mardi 18 juin 2024

Deux guerres et jusque-là deux défaites

A la veille d’une élection présidentielle cruciale, les Etats-Unis se retrouvent engagés dans deux conflits de forte intensité qui à première vue n’ont rien de commun, mais qui pourraient être liés bien plus qu’il n’y paraît, à une situation qui pour eux vient très mal à propos. La première est la guerre en Ukraine, en train de mal tourner pour les Ukrainiens, qui la mènent à leur place aussi bien que dans leur propre intérêt. Les forces russes avancent désormais chaque jour un peu plus dans la direction de Kharkiv, ou Kharkov comme disent les Russes, la deuxième grande ville d’Ukraine, sans rien révéler ce faisant du sort qu’elles comptent lui réserver. Est-ce la prendre, dans l’intention de l’annexer à son tour, elle et ses dépendances ? Ou est-ce seulement l’enserrer de près, de façon à faire avorter loin de ses frontières, et d’abord de Belgorod, les attaques ukrainiennes la prenant pour point de départ ? La Russie étant toujours pour une solution négociée, il ne serait pas étonnant que son avancée actuelle n’ait d’autre objectif que de renforcer sa position dans l’attente d’un processus de paix effectif. Mais pour l’heure on ne peut exclure que ce soit en définitive pour y attirer un maximum de forces ukrainiennes, à prélever le cas échéant quelque part le long de la ligne de démarcation, ce qui créerait alors une fragilité, dont ils voudraient tirer on ne sait encore quel avantage.

Cette guerre que les Américaines mènent par Ukrainiens interposés est en fait une guerre déjà perdue. Il ne manque pour que la défaite soit une évidence pour tous qu’une grande prise par les Russes. Il va de soi en effet que si l’armée russe entre dans Kharkiv, où s’en approche d’assez près pour être en mesure de s’en emparer à tout moment, la guerre sera terminée. Il n’y aura pas besoin d’une autre grande bataille, celle de Kiev par exemple, ou d’Odessa, pour qu’il y ait en l’occurrence un vainqueur et un vaincu. L’autre guerre dans laquelle les Etats-Unis sont impliquées mais sans que leurs troupes y prennent directement part, c’est la guerre d’Israël contre Ghaza, entrée dans son huitième mois. Elle est perdue jusque-là, si la précédente est perdue sans recours possible, et n’attend que d’être reconnue comme telle. On peut mesurer la défaite d’Israël, la première de son histoire, au nombre de mois déjà écoulés sans qu’il celui-ci ait pu écraser la résistance palestinienne. Cette défaite ira s’affirmant à mesure que le conflit tire en longueur. Du moment présent on peut déjà porter facilement le regard jusqu’à l’horizon d’une année complète, c’est-à-dire jusqu’au 7 octobre prochain, et voir la guerre en train de se poursuivre, eu égard à son intensité actuelle. Elle a repris au nord avec une force renouvelée, alors que peu auparavant il semblait qu’elle s’achevait à l’autre bout de Ghaza, dans le camp surpeuplé de Rafah. La résistance étant enfermée, c’est sur elle que le temps devrait peser le plus. Ce n’est pas à cette conclusion qu’on aboutirait en la voyant tenir tête à une force sans commune mesure avec la sienne, et néanmoins lui faire subir des pertes quotidiennes supérieures à celles qu’elle lui infligeait pendant les premiers mois de la guerre. Ce n’est pas contre elle que le temps est en train de jouer, mais contre Israël, avili à ses propres yeux d’être tenu en échec par beaucoup plus faible que lui.

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