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lundi 17 juin 2024

Incursions

Nombreux étaient ceux, de tous bords politiques, à fustiger aux États-Unis la politique agressive et presque hargneuse de Donald Trump vis-à-vis de la Chine. L’Empire du milieu avait en effet bénéficié, dès le 5 décembre 2016, d’un premier tweet assassin du président élu de l’époque et avait continué à être l’une des cibles favorites du républicain. Une attitude qui avait agacé beaucoup de politiques aguerris qui voyaient en ces attaques une démonstration de l’inexpérience et de l’amateurisme qui allaient caractériser, selon eux, le mandat du milliardaire. Pourtant aujourd’hui, l’administration Biden n’hésite pas aussi à fâcher les Chinois, même si cela est fait avec plus de diplomatie. En effet, la Chine a vivement condamné hier une visite à Taïwan de parlementaires américains, arrivés à bord d’un avion militaire dans l’île revendiquée par Pékin. Seuls une quinzaine de pays reconnaissent ce régime démocratique aux dépens de la République populaire de Chine au pouvoir à Pékin. Au moment où les tensions entre les deux rives du détroit de Taïwan sont au plus haut depuis des décennies, le ministère taïwanais des Affaires étrangères a confirmé une visite de parlementaires organisée par l’Institut américain à Taïwan, qui fait office d’ambassade de Washington. Pékin a dénoncé un geste «risqué et provocateur», voué selon lui à l’échec. «Pactiser avec les forces indépendantistes taïwanaises est un jeu dangereux. Ceux qui jouent avec le feu finiront par s’y brûler», a averti devant la presse un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin. Washington a fourni peu de détails sur la visite. Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a confirmé mardi la visite des parlementaires, tout en précisant que leur déplacement assuré par l’armée de l’air était normal pour ce type de voyage. Pékin a accru son activité militaire ces derniers mois, multipliant les incursions dans la zone d’identification de défense aérienne taïwanaise. L’armée chinoise a annoncé mardi avoir effectué dans le détroit une «patrouille de préparation au combat». Si la plupart des gouvernements étrangers se gardent d’envoyer des délégations officielles à Taïwan, des représentations parlementaires ont fait récemment le déplacement sur l’île. La semaine dernière, une première délégation d’eurodéputés, conduite par le français Raphaël Glucksmann, a été reçue à Taipei par la présidente taïwanaise. Début octobre, le sénateur français Alain Richard, ancien ministre de la Défense, avait lui aussi été reçu par Tsai Ing-wen. Il avait particulièrement irrité Pékin en qualifiant à deux reprises l’île de «pays». Les relations avec la Chine semblent ainsi se tendre de tous côtés et le temps où les Occidentaux marchaient sur des œufs pour ne pas froisser les Chinois semble bel et bien révolu. Reste à savoir comment évoluera la situation autour de Taiwan et si les Américains risqueront une guerre avec la Chine pour défendre la souveraineté de l’Ile.

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