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dimanche 23 juin 2024

L’entrée dans Bakhmout pour cadeau d’anniversaire

On ignore encore comment la Russie a l’intention de marquer le première anniversaire de l’Opération militaire spéciale en Ukraine, comme elle continue d’appeler la guerre qu’elle y mène depuis le 24 février 2022, mais on risque peu de se tromper en supposant que le jour «j» des minutes de silence seront observées, des hommages rendus, des décorations distribuées, dont certaines probablement par Vladimir Poutine lui-même. Mais on peut tout aussi bien penser que le véritable anniversaire interviendra plus tôt, qu’il ne prendra pas la forme de cérémonies mais celle de la prise de contrôle de Bakhmout, à l’issue d’une bataille acharnée qui se sera étendue sur plusieurs mois. Bakhmout, une ville de Donetsk qu’il faudra prendre l’habitude d’appeler du nom que les Russes lui donnent : Artyomovsk. Selon toute vraisemblance, elle changera de nom dans les médias en changeant de mains sur le terrain. Cela ne semble faire aucun doute, maintenant que les Ukrainiens en interdisent l’accès aux civils et aux volontaires dans tous domaines, signe annonciateur de leur retrait imminent, de son abandon à l’ennemi. Un contretemps probablement que cette défaite ukrainienne pour le président américain, qui de son côté a programmé un voyage en Pologne, pour apporter la preuve que lui et les Etats-Unis conservent inentamé leur engagement aux côtés de l’Ukraine et de leurs alliés dans la région.

On ne sait pas si les présidents russe et américain se tiendront le même jour de part et d’autre de l’Ukraine dans leur habit de chefs de guerre, ou si Joe Biden sera en Pologne avant le 24 février, l’hypothèse d’ailleurs la plus plausible. Ce qu’auraient voulu les Américains et leurs alliés de première ligne comme ceux de l’arrière, c’est que la présence de Biden en Pologne coïncide avec une certaine victoire à Bakhmout, se traduisant sinon par un assèchement des «vagues humaines» russes, du moins par leur raréfaction. Au terme d’une année de guerre, chaque camp veut remporter une bataille, préfiguration de sa victoire finale, quand ce succès ne serait pas en soi un tournant dans la guerre. Il est possible que les Russes aient calculé leur coup tout à la fois pour se rapprocher d’une gloire comparable à celle obtenue lors de la Grande Guerre patriotique, comme eux-mêmes appellent la Deuxième Guerre mondiale, et pour désespérer l’ennemi. Compte tenu de la tournure que sont en train de prendre les combats, dans Bakhmout plus particulièrement, le voyage de Biden en Pologne à des fins de commémoration mais aussi de réarmement moral pourrait être annulé. Ce qui le cas échéant ne serait pas du meilleur effet, d’autant que la possibilité qu’il entre en Ukraine pour galvaniser de sa présence la résistance à l’envahisseur a été évoquée. Au vu de tout cela, on se dit que les Ukrainiens auraient dû perdre Bakhmout suffisamment à temps pour éviter que cela ne coïncide avec le premier anniversaire de la guerre. Ils auraient dû faire le calcul inverse de celui des Russes, qui voulaient s’offrir une victoire pour le 24 février. Ce qui semble le plus inquiéter les Occidentaux, ce n’est pas la puissance soutenue du feu russe, qui se maintient alors que les Ukrainiens sont souvent à court de munitions, mais la rage de vaincre des soldats russes, qui vague après vague déferlent sur les positions ennemies, au mépris de la mort, comme si c’était la Grande Guerre elle-même qui était revenue.

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