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mardi 25 juin 2024

Pandémie : état des lieux à la veille d’une nouvelle vague

Avec moins d’une dizaine de nouveaux cas dernièrement dans une de leurs villes, Lanzhou, qui compte quatre millions d’habitants, les autorités chinoises n’ont pas hésité à la placer, mardi dernier, sous une quarantaine aussi stricte que celles mises en œuvre début de la pandémie. A croire que la pandémie, partie de Chine il y a pratiquement deux ans, et ayant fait un tour complet du monde, est revenue à son point de départ, même si la Chine est vaste et que Lanzhou est loin de Wuhan. Est-elle revenue plus forte ou plus faible ? Ni l’un ni l’autre, parce qu’elle est revenue sous une forme différente de celle sous laquelle elle était partie. Il a été enregistré dans toute la Chine depuis la mi-octobre près de 200 nouveaux cas, dont 39 dans la seule ville de Lanzhou. Voilà qui à première vue ne semble pas une raison suffisante pour sortir cette arme lourde par excellence qu’est le confinement sans rémission. C’est pourtant à cela que se sont résolus les Chinois, toujours partisans de la stratégie de «Zéro Covid». Ce qui a amené certains de leurs censeurs à évoquer la proximité des Jeux d’hiver de Pékin, dont la tenue est prévue pour février 2022, comme si rien n’avait pour eux autant de prix que leur réussite.

L’argument serait peut-être recevable si la Chine n’était pas depuis le début de la pandémie la championne toutes catégories des quarantaines aussi géantes que rigoureuses. La réalité, c’est que les Chinois ne sous-estiment pas le variant Delta, qui vient de débarquer chez eux, dont ils craignent qu’il ne se répande comme une traînée de feu. Confiner, ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à s’y rabattre de nouveau, même si aucun pays ne le fait à leur manière particulièrement stricte, et encore moins à leur échelle. Ils auraient pu miser sur leur taux de vaccination, après tout l’un des plus élevés au monde, pour endiguer la vague qui s’annonce, à l’exemple des pays de l’Europe de l’Ouest. En somme, faire le dos rond, et attendre que cela passe. Ce n’est pas le choix qu’ils ont fait. Il faut reconnaître que ce qu’ils voient en Europe de l’Est, et qui commence maintenant à déteindre à l’ouest, n’est pas pour les rassurer. La cinquième vague est déjà à l’œuvre dans nombre de pays européens, de l’est comme de l’ouest, même si c’est dans les premiers qu’elle est pour l’heure la plus haute. Il n’en est pas encore question en Amérique, où pourtant les nouveaux cas se comptent par dizaines de milliers, et les décès par centaines tous les jours. En Afrique même, le continent le plus épargné, ce que d’ailleurs on ne s’explique toujours pas, les décès se sont accrus, mais sans faire craindre une explosion, sachant que la couverture vaccinale y est ridiculement basse, étant de 4 % seulement. En termes de contaminations enregistrées depuis le début de la pandémie, son bilan est du même ordre que celui d’un seul des pays européens pris parmi les plus touchés, la Grande-Bretagne par exemple. On ne peut plus en dire autant du total des décès, qui désormais sont quasiment le double de celui de la Grande-Bretagne, chose probablement due au variant Delta. L’Afrique n’en reste pas moins un cas à part. Avec une population totale de plus de 1,2 milliard, le nombre des décès est moins de 220 mille. Ce même nombre a dépassé le million et demi en Europe, plus le million en Amérique du Nord, à peu près autant en Amérique du Sud, et plus 1,3 million en Asie.

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