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mardi 18 juin 2024

Pour préserver l’héritage ancestral à Batna: Un musée national archéologique, «urgent et essentiel»

La profusion et la richesse des sites archéologiques remontant à plusieurs époques historiques, éparpillés sur le territoire de la wilaya de Batna, et qui dépassent à l’heure actuelle le nombre de 750, nécessitent la création d’un musée public national, estiment des archéologues et des spécialistes du domaine.

Par Abla Selles
Le caractère «urgent et essentiel» d’une telle structure réside dans le fait que les objets antiques et les artefacts découverts au fil des années, et dont le nombre est important et de plus en plus croissant, nécessitent d’être protégés, conservés et mis en valeur dans une structure muséale digne de ce nom, considèrent-ils. Pour le Dr Djamel Mesrahi, chercheur et spécialiste du département d’histoire de l’université de Batna 1, la nécessité de la présence d’un musée à Batna est «dictée par la grande diversité d’objets relevant du patrimoine matériel, remontant à différentes époques depuis l’ère préhistorique, dont des inscriptions, des statues et des pièces de monnaie ancienne, ainsi que des œuvres d’art rares et des mosaïques».
Le Dr Yazid Bouhnaf, spécialiste et chercheur en histoire dans la même université, a estimé que les nombreux objets archéologiques découverts ou récupérés par les services de sécurité «ne peuvent être conservés, préservés et mis en valeur que dans un musée».
Le responsable chargé de la gestion de la direction de la culture et des arts, Abderrazak Bensalem, a assuré que la structure qu’il dirige s’efforce de faire inscrire un projet de réalisation d’un musée public national archéologique, car, selon lui, le musée réalisé en 2006 au cœur du quartier populaire de Kechida «n’a pas été construit conformément aux normes en vigueur» ce qui a conduit à sa transformation en galerie d’expositions.
Il reste, selon le même responsable, que la wilaya de Batna a un besoin urgent d’un musée en raison des importantes découvertes effectuées ces dernières années, notamment les gravures d’art rupestre du mont Boughioul, dans la commune de Taxlent (découvertes en 2019 et remontant à 4 000 et 7 000 ans avant JC), de Segroul (Bouzina), de Miloulagh (Boumgueur) et de Taghit-Bouzid (N’gaous). Le même interlocuteur a également fait mention de mosaïques «rares et uniques» comme les ont qualifiées les chercheurs qui les ont découvertes, entre 2006 et 2010, sur le site de l’antique Lambaesis (Tazoult). Un site, a souligné M. Bensalem, qui «n’a sans doute pas livré tous ses secrets».
Les nombreux artefacts découverts par des archéologues, remis à titre de dons par les citoyens qui les ont découverts, ou encore récupérés par les services de sécurité, ont tous été acheminés vers des musées publics nationaux situés en dehors de la wilaya de Batna, a regretté le même responsable. Un musée public national serait un véritable «plus» pour la wilaya des Aurès, et permettrait à ses visiteurs de plonger dans le patrimoine archéologique chargé d’histoire d’une région qui a accueilli, au fil des millénaires, de nombreuses civilisations, a conclu Abderrazak Bensalem.

A. S.

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